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Yaya Thiongane, directeur de l’Isra «NOUS AMBITIONNONS D’ATTEINDRE LES 25 MILLIONS DE DOSES EN 2019”



Dans cet entretien accordé à Sud quotidien le docteur vétérinaire Yaya Thiongane, directeur de l’Institut sénégalais de recherches agricoles (Isra) production vaccins uipe faisant l’économie de la santé animale relève que le taux de couverture vaccinale pour le contrôle des maladies animales au plan national s’évalue entre 10 et 20% contre 80% fixé par l’Organisation mondiale de la santé (Oms). Et au plan sous régional, l’absence de coordination des actions annihile tous les efforts des Etats respectifs. Par ailleurs, le chef du laboratoire, a précisé qu’en 2017, l’Isra a vendu 52% de sa production de vaccins au Sénégal et a commercialisé dans 8 pays de l’Afrique de l’ouest et du Centre. Il a aussi indiqué que nos vaccins sont de bonne qualité parce que provenant de souches locales, donc mieux adaptées à notre élevage.

Peut-on dire que l’élevage africain en général et sous régional en particulier croule encore sous le poids des maladies animales?

La plupart des maladies animales ont été éradiquées en Amérique, en Europe. Mais l’Afrique semble encore rester le réservoir des maladies animales. Dans ce continent, nous avons quasiment les mêmes préoccupations. En clair, 80 à 90% des maladies reconnues comme prioritaires, sont les mêmes en Afrique de l’ouest. Donc, nous perdons énormément.

Quelle est l’approche de riposte et de stratégie des campagnes de vaccination avez-vous élaboré pour éradiquer ces maladies ? Y-a-t-il de dispositif combiné ?

J’avoue qu’il n’y a pas une approche globale et coordonnée ou alors comme vous le dites un dispositif combiné devant faciliter les actions de prévention et de riposte en Afrique de l’ouest, du centre, du sud, et du nord. Chaque pays liste ses maladies prioritaires et met en place son dispositif de prévention, de riposte. Le tout soutenu par une politique et des moyens pour faire face à ces maladies. Et dans cette lutte, le Sénégal reste un exemple dans la régularité des campagnes nationales annuelles de vaccination du bétail.

En quoi, le Sénégal est-il un exemple dans la production et la commercialisation?

Le Sénégal est un exemple parce que nous pensons être parmi les meilleurs en production de vaccins vétérinaires en Afrique. Et cela s’explique par la production et le niveau de nos ventes dans les huit (8) pays de l’Union économique et monétaire ouest africaine à des échelles différentes.

Justement, quel est le niveau de couverture de ces maladies au Sénégal?

Le taux de couverture vaccinale du cheptel sénégalais est estimé entre 10 et 20%.

Quel est l’objectif fixé à l’Isra pour la production de vaccins?

Notre objectif, c’est de contribuer à l’approvisionnement du monde rural en facteurs de production de qualité... En pratique, notre objectif est de produire 60 millions de doses de vaccins en 2020.

Mais 2020, c’est demain. Cet objectif est-il réalisable ?

C’est vrai que l’échéance est toute proche, mais nous allons dans les mois à venir rendre opérationnelle un équipement de grande capacité tout neuf. Cet équipement va nous permettre de multiplier notre production annuelle par quatre, voire cinq.

Présentement, quelle est la capacité de production de vaccins de l’Isra ?

Nous avons une capacité de production de 28 types de vaccins. Mais ces deux dernières années, nous en avons produit en moyenne 20 millions de doses par an pour plus d’une dizaine de types de vaccins (les 8 sont à Dakar et les 3 autres à Dahra).

Combien de vaccins vous avez produit en 2017 ?

En 2017, nous avons produit 72 lots de vaccins pour une production de 23 147 420 doses sur un objectif fixé à 20 000 000 de doses, soit 115%.

Peut-on dire que pour chaque espèce, il y a une maladie et un vaccin spécifique.

Oui, il y a des vaccins pour les herbivores (les bovins, les moutons, les chèvres et les chevaux), les carnivores (les chiens et les chats) et de la volaille. Toutefois, il existe des maladies qui touchent plusieurs espèces et d’autres maladies sont limitées à une seule espèce.

Quelle est la maladie la plus redoutable pour ces petits ruminants nécessitant plus d’efforts ou pour laquelle vous déployez plus d’efforts ?

C’est sans conteste, la peste des petits ruminants. C’est la maladie la plus redoutée pour les moutons et les chèvres. Le vaccin contre cette maladie est l’un des plus produits, avec un niveau production de plus de 4 millions de doses en 2017.
Par conséquent, le vaccin contre la peste appelé PPRH, provenant de la souche de virus de la peste des petits ruminants homologue est le plus produit.

Chaque année une campagne de vaccination est organisée. Mais quelles sont les maladies ciblées?

Chaque année, le Sénégal fait une campagne nationale de vaccination du bétail contre cinq (5) maladies animales. Il s’agit de la peste des petits ruminants, la peste équine, la péripneumonie contagieuse bovine, la dermatose nodulaire contagieuse bovine et la maladie de Newcastle appelée ‘’pseudopeste aviaire’’. Et pour toutes ces maladies nous produisons des vaccins efficaces.

A combien est estimée la valeur marchande de vaccins achetés (commande) du ministère de l’Elevage par an pour une campagne nationale de vaccination?

La valeur de vaccins que le Sénégal commande à l’ISRA est de 400 000 000 de francs CFA par an.

Quelle est la part de marché du Sénégal dans la commercialisation de vos produits ?

Le Sénégal est notre premier partenaire. Car, c’est le partenaire qui peut nous acheter 400 000 000 Francs CFA de vaccins pour une quantité de 10 000 000 de doses environ. Au 31 décembre 2017, sur les 23 millions de doses produites, nous avons vendu plus de 17 millions de doses dans 9 pays d’Afrique de l’Ouest et du Centre. Et dans cette opération, le Sénégal caracole en tête avec 9 millions de doses ; suivi de la Mauritanie, 5 millions de doses ; la Guinée, 2,5 millions de doses et le reste est vendu dans des pays tels que le Togo, le Burkina Faso, le Nigéria, le Tchad, le Cameroun et le Mali… Ces produits sont achetés aussi bien par les services étatiques en charge de l’élevage que les vétérinaires, les éleveurs et autres producteurs,…

Est-il arrivé au Sénégal de faire recourt à d’autres pays en vaccins vétérinaires pour assurer sa campagne nationale de vaccination animale?

Oui, il est arrivé que le Sénégal face recourt à d’autres pays ou autres fournisseurs pour assurant sa campagne de vaccination nationale parce que l’Isra déjà engagé dans d’autres commandes, n’est pas à mesure de répondre aux sollicitations du ministère de l’Elevage.

Mais est-ce que ces vaccins reçus des autres pays vous donnent satisfaction?

Oui, ces produits sont de bonne qualité. Le ministère de l’élevage dispose, en son sein, une équipe technique compétente de contrôle et de vérification de la qualité de ses vaccins acquis.

Quid de la ressource humaine de qualité pour répondre aux objectifs visés?

Nous disposons d’un bon effectif à même de répondre aux objectifs visés. Notre capital en ressources humaines tourne autour d’une cinquantaine de personnes. Avec ces nouvelles installations, des équipements en cours d’acquisition et des sessions de formation du personnel qui vont se poursuivre et s’intensifier, permettront de maintenir le cap et arriver à nos objectifs.

Avez-vous les moyens financiers de votre politique?

Là, rien à dire! Nous avons nos moyens avec un budget de fonctionnement correct et de bons partenaires étatiques qui nous accompagnent.

Est-ce que le laboratoire est certifié?

Pour le moment, non. Mais nous sommes déjà reconnus comme une bonne structure de production de vaccins au niveau national et africain. De plus, en 2018, une certification ISO 9001 version 2018 de notre unité est envisagée. Et également, des demandes d’autorisations de mise sur le marché (Amm) de l’Uemoa pour nos principaux vaccins sont en phase finale d’obtention pour cette année 2018. Enfin, une demande de reconnaissance est déposée au niveau du ministère de l’environnement et du développement pour un récépissé attestant le respect du code de l’environnement du Sénégal par l’unité de production de vaccins.

Quid des perspectives ?

Il nous est fixé un objectif d’atteindre 60 000 000 doses en 2020. En 2017, nous en sommes à 20 000 000 de doses, donc loin de la moitié. Mais en 2019, nous ambitionnons d’atteindre les 25 000 000 de doses. Parce qu’en fin 2018, nous allons réceptionner et mettre en œuvre un nouvel équipement appelé lyophilisateur… Avec cet équipement, nous pourrons multiplier par 4 à 5 notre capacité de production actuelle.

Quelle est la structuration de vos prix?

Actuellement, les prix varient entre 22 francs CFA et 1400 francs CFA. De 1980, à nos jours les sont restés inchangés. Et au même moment, les coûts de production sont en permanence, en hausse. Actuellement une étude de thèse en économie pour évaluer la rentabilité de la production aux fins de proposer de nouveaux prix est en cours. Mais, tout ceci va se faire d’un commun accord avec l’Etat et les partenaires pour avoir de nouveaux prix plus conformes à la réalité du marché actuel.

Les vaccins produits au Sénégal sont-ils de bonne qualité?

Je le confirme. Nos vaccins sont de qualité parce que préparés à partir de souches locales. Donc, ils assurent une protection meilleure contre les maladies locales que des vaccins étrangers. Mieux, nous faisons des vaccins avec des dosages réduits de 10 doses, 40 doses, et de 100 doses qui sont plus adaptées aux effectifs de nos élevages. Tout le contraire des vaccins étrangers de 1000 doses, 3000 doses et 4000 doses…

http://www.sudonline.sn/nous-ambitionnons-d-atteindre-les-25-millions-de-doses-en-2019%E2%80%9D_a_38700.html

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