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Vers la vulgarisation de l'agriculture de conservation dans le pays



Tambacounda, 27 fév (APS) - Le projet Wula Nafaa signera prochainement un protocole avec l’Agence nationale de conseil agricole et rural (ANCAR) en vue de vulgariser dans toutes les régions du pays la technique dite d’agriculture de conservation (Conservation Farming), déjà expérimentée dans les régions de Fatick, Kaolack Kédougou et Tambacounda, avec une nette amélioration des rendements.

‘’On est en train de finaliser un protocole avec la Direction générale de l’ANCAR et cette technique va être vulgarisée dans toutes les régions du Sénégal avec l’ANCAR’’, a indiqué Abdou Sène, directeur adjoint du Projet d’agriculture et de gestion des ressources naturelles, lancé en 2003 et qui prend fin en août prochain.

L’antenne régionale de l’ANCAR de Tambacounda sera chargée d’initier toutes les communautés rurales qui n’ont pas eu la chance d’être formées en technique d’agriculture de conservation, a annoncé M. Sène.

‘’Ce sera à compter de quelques semaines parce que nous avons prévu de former les techniciens de leur donner les moyens, le ripper (tracteur tricycle) et ils se chargeront de vulgariser la technique’’, a-t-il ajouté.

Des programmes et projets comme Hunger Project et USAID/Yaajende sont preneurs et qui sont en train de commencer à vulgariser la techniques dans d’autres régions, a noté M. Sène.

Le Conservation Farming (CF) est un système de production basé sur la conservation des sols et l’amélioration de leur potentiel productif naturel en vue d’obtenir des rendements optimaux et réguliers sur une parcelle, selon un document du projet.

Il s’appuie sur quatre leviers que sont l’apport localisé et l’optimisation des apports de nutriments dont la plante a besoin, la conservation et l’amélioration de la structure du sol et de sa vie biologique.

Le CF contribue à ‘’augmenter les rendements’’, mais aussi à ‘’sécuriser la production, notamment en contribuant à l’adaptation aux changements climatiques’’.

Cette technique consiste à creuser des sillons dans la parcelle à emblaver, pour y mettre la matière organique (fumier, compost ou engrais) avant de les refermer, de manière à ce que la plante semée y trouve tous les éléments dont elle a besoin pour se développer.

Elle comme autre avantage de permettre une conservation de l’eau sur la surface de la parcelle, a relevé Laurent Gomis, spécialiste en production agricole à USAID Wula Nafaa.

Le CF peut se faire de façon manuelle, avec traction animale ou encore avec un tracteur. Dans la région de Tambacounda, il a été mis en œuvre sur 4375 hectares dans neuf communautés rurales regroupant 155 villages pour 2989 producteurs.

Les rendements obtenus ont été mesurés par la Direction du développement rural (DRDR) de Tambacounda et ont donné la configuration qui suit : 1,18 tonne à l’hectare pour le mil en CF, contre 898 kilogrammes à l’hectare en pratique paysanne normale. Pour le sorgho, les rendements étaient de 1,2 tonne à l’hectare, contre 1,019 en pratique normale. Enfin, pour le maïs, ils étaient de 1,2 tonne contre 1,03 tonne auparavant.

Selon, M. Gomis, Tambacounda est la région où les rendements obtenus avec le CF sont les plus faibles. Ils peuvent être améliorés, même si les producteurs se satisfont déjà des résultats obtenus, a-t-il dit, expliquant cette situation par le fait que les producteurs partent du postulat selon lequel leurs terres sont déjà fertiles et ne nécessitent beaucoup de fertilisants.

L’agriculture de conservation a aussi été introduite à Fatick, Kaolack et Kédougou. A Fatick, le CF a permis d’obtenir, pour le mil, un rendement de 985 kilos à l’hectare, alors que la méthode culturale utilisée ne donne que 500 kilos à l’hectare. Pour le sorgho, 1,4 tonne à l’hectare a pu être atteinte avec cette technique, pour 800 kilos à l’hectare en pratique normale.



‘’Cette technique, nous l’avons tous appréciée, même si les gens disent que c’est difficile’’, a dit le directeur du développement rural, Pierre Diouf. Le CF pratiqué de façon manuelle considéré comme ‘’plus difficile’’, donne des ‘’rendements supérieurs’’. Il permet une meilleure localisation et de ce fait facilite la nutrition de la plante qui y trouve ‘’tout ce dont il a besoin pour se nourrir’’, a-t-il relevé.

‘’Maintenant, la balle est dans le camp des agriculteurs qui doivent en faire un métier’’, a-t-il lancé.

Pour parer à la difficulté du travail manuel, un tracteur tricycle, le ripper, a été introduit et des artisans de Koumpentoum, Koussanar et Koumpentoum formés à sa fabrication.

‘’En 45 minutes, on creuse un hectare’’ avec cet engin, a relevé Laurent Gomis, préconisant adoption du CF parc les producteurs. ‘’Ça augmente le rendement, et quand le rendement augmente, la production [suit] et le prix des céréales baisse’’, a-t-il noté.

ADI/SAB

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