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Un milliard pour le fonds de promotion du cinéma en 2014



Le président de la république Macky Sall a reçu mardi 12 mars 2013 dans la matinée, les lauréats du Festival Panafricain de Cinéma et de Télévision de Ouagadougou (Fespaco) avec à leur tête Alain Gomis Etalon d'or de Yennenga 2013. Un prime d'encouragement de 20 millions leur a été offert par le président Macky Sall en plus du fonds de un milliard pour soutenir le cinéma.

C’est dans une aile du palais de la république à l’ambiance feutrée que s’est déroulée la cérémonie de présentation des trophées et autres récompenses ramenés du Fespaco. Pas de pom pom girls, pas de flonflon et pas de you you, mais une grande sobriété dans l’accueil. Le cinéma sénégalais bien que talentueux de par le passé n’avait jamais décroché la plus haute distinction (Etalon d’or de Yennenga) à Ouagadougou. Cette année le cru fut exceptionnel. Pas moins de 11 récompenses dont l’or avec «Tey» de Alain Gomis, le bronze avec «La pirogue» de Moussa Touré et dans le documentaire Le bronze de «Président Dia» de Ousmane William Mbaye. Arrive, derrière les ainés, la jeune génération qui s’est distinguée dans les prix spéciaux: Moly Kane, prix de l’intégration africaine Uemoa du court métrage, Khadiatou Pouye ,prix tv vidéo de Uemoa.

Le ministre de la culture a ouvert les échanges en rappelant l’ambiance qui régnait à Ouagadougou et la bonne impression laissés par les cinéastes sénégalais qui ont eu le triomphe modeste et la sagesse de se donner la main. Il revenait à Alain Gomis, cinéaste qui a donné au Sénégal son premier Etalon d’or , de dire un mot: « L’exercice que j’entreprends est presque contre nature car mon métier me pousse à donner la parole et aujourd’hui c’est moi qui la prend» Il adresse une pensée émue à Ndiaye Doss comédien dont c’était la dernière apparition dans «Tey» et qui ironie du sort était toiletteur de morts dans le film. Alain Gomis poursuit : «Le cinéma ne se fait seul, il se fait avec l’amour des autres» Il cite les ainés que sont Djibril Diop Mambetty, Paulin Soumanou Vieyra et compagnie sans oublier les comédiens, les producteurs et le public.’

Comment souligne-t-il qu’un pays comme le Sénégal qui transpire la culture n’ait pas une caisse d’avance sur recette pour soutenir son cinéma ? Il affirme que l’image relève du droit constitutionnel, de la souveraineté de chaque pays. Il n’est pas question que l’état se substitue aux cinéastes mais son devoir est de soutenir une volonté en action. Parmi les doléances formulées par Alain Gomis qui parlait presque au nom de tous les cinéastes, figurent l’érection du Centre national de la cinématographie, la révision de la fiscalité pour une meilleure implication du privé dans le secteur du septième art mais aussi la mise en place d’un plan de développement en direction des salles de cinéma et enfin l’activation du fonds de soutien au cinéma.

Au tour de Moussa Touré de faire remarquer que c’est la première fois qu’au sommet de l’état, les cinéastes reçoivent une telle attention. Il a insisté sur l’urgent d’alimenter le fonds de soutien qui garantirait l’autonomisation de notre cinéma. William Mbaye qui avait à ses cotés sa productrice et complice, la sénégalaise Laurence Attali, a accès son intervention sur deux de constats et un vœu. Il a commencé par dire que notre cinéma relève la tête.

A preuves les distinctions récoltées depuis Carthage, en passant par Pessac et enfin Ouagadougou, Il a particulièrement apprécié les efforts financiers déployés par la direction de la Cinématographie à l’égard des cinéastes, journalistes et exposants présents au Fespaco. Il n’a pas manqué de formuler un souhait, celui de voir l’application des dispositions du nouveau code de l’industrie cinématographique et d’ajouter le terme numérique au futur centre national de cinématographie. Moly Kane protégé de Euzhan Palcy a lui évoqué la nécessité d’avoir une école de cinéma pour la formation des jeunes cinéastes.

Le dernier mot est revenu au président Macky Sall qui marque son engagement zen ces mots : «Je vous informe que je doterai le Fonds de promotion de l’industrie cinématographique et audiovisuelle d’un montant d’un milliard de francs à partir du budget 2014. Cette dotation permettra, par des mécanismes de mobilisation et d’utilisation pragmatiques, de contribuer à l’accroissement de la production cinématographique et audiovisuelle»

Le président a offert 20 millions de francs cfa aux lauréats. Il a aussi invité les collectivités locales et le secteur privé à s’engager dans le financement de la culture et du cinéma afin que chaque commune du Sénégal puisse disposer d’un complexe culturel polyvalent doté d’un espace de cinéma. Les cinéastes lauréats recevront le 4 avril des décorations dans les différents ordre de l’Etat.

Baba DIOP
Sud Quotidien

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Culture


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