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TAMBACOUNDA : TRANSHUMANCE TRANSFRONTALIERE, FEUX DE BROUSSE ET VOL DE BETAIL Trois grands maux qui hantent le sommeil du Dirpel



Le Directoire des Femmes en Elevage (Dirfel) a soufflé ses dix bougies. Tout en affirmant avoir contribué de façon significative contribué à faire bouger le secteur de l’élevage en luttant contre la pauvreté, la présidente nationale du Dirfel craint que ses efforts ne soient complètement annihilés «si les épineux problèmes liés à la transhumance transfrontalière, aux feux de brousse et au vol de bétail ne trouvent pas de solution durable».

D’entrée de jeu Adja Deynaba Sidibé apprécie positivement les «gros efforts qui sont fournis par les pouvoirs publics sous le magistère de Madame Aminata Mbengue Ndiaye». Il en va ainsi de l’opération de sauvegarde du bétail, de l’aliment de bétail qui est subventionné et géré par un comité au sein duquel siègent les organisations d’éleveurs. Elle s’est félicitée du fait que cette année, le calendrier vaccinal est strictement respecté. Mais, expliquera la présidente nationale du Dirfel, du reste présidente régionale de Tambacounda, «il y a encore la récurrente et lancinante problématique de la transhumance surtout transfrontalière qui fait malheureusement chaque année des pertes en vies humaines. Des éleveurs ravagent les arbres, créent des problèmes avec les agriculteurs, exposent leurs enfants, qui auraient pu être à l’école, aux aléas de la nature ». Mme Sidibé se désole du fait que « des assises ont été tenues à cet effet, des recommandations fortes mises en relief, mais jusqu’ici pas une seule solution durable ne pointe à l’horizon».

Autres grosses difficultés qui plombent le secteur et réduit sensiblement les activités des femmes, «ce sont les feux de brousse et le vol de bétail. Le tapis herbacé est dans la plupart des cas réduit en cendres chaque fois qu’un feu se déclare, et cela a des répercussions négatives sur la santé de nos animaux. Des professionnels en vol de bétail rodent malheureusement toujours au tour de notre cheptel et, à la moindre occasion, subtilisent des animaux qu’ils vont revendre dans les nombreux marchés hebdomadaires ou franchissent l’une des quatre ou cinq frontières de la région». Adja Dieynaba Sidibé a par ailleurs invité la puissance publique à trouver davantage de partenaires techniques et financiers pour les femmes qui selon elle, «contribuent largement à lutter contre la pauvreté».

DIX ANS DE COMBAT POUR UN ELEVAGE MODERNE

Officiellement reconnue en 2002, le Dirfel a d’abord inscrit son action dans la sensibilisation, l’information et la communication pour amener les femmes jadis confinées dans le seul fait de traire la vache et de vendre le lait, à s’impliquer tout au long de la chaine des valeurs, en mettant en œuvre bon nombre d’activités génératrices de revenus. «Avec le concours de la Saed, du Promer, de l’Usaid/Wula Nafa et de la Sodefitex, nous avons réussi à mettre en place des unités de transformation du lait et formé plusieurs femmes dans le domaine de l’hygiène et la production du lait». Aujourd’hui, selon la présidente nationale du Dirfel, près de trente mille femmes sur toute l’étendue du territoire suent à grosses gouttes pour la réalisation de la grappe de la filière élevage, «la meilleure façon pour nous de lutter contre la pauvreté en milieu pastoral à travers le développement de l’élevage à cycle court, l’assainissement de la production de lait, la sensibilisation sur l’accès au foncier, notamment notre contribution dans la gestion du ranch de Dolli».

Dans la région de Tambacounda par exemple, dans le domaine des infrastructures, «grâce à la coopération décentralisée, deux foirails pour grands et petits ruminants sont construits, seize boucheries réhabilitées, quatre nouvelles construites, histoire de contribuer à une bonne gestion de la filière viande et bétail». Aussi bien pour la présidente Adja Dieynaba Sidibé que pour Amadou Diallo, les problèmes soulevés dans le secteur pourraient trouver leur solution dans une «bonne mise en œuvre du Projet de Développement de l’Elevage dans le Sénégal Oriental et en Haute Casamance, Pdsoc dont le comité de pilotage vient d’approuver un budget d’un peu plus de trois milliards pour l’année 2013».

Boubacar TAMBA
Sud Quotidien

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