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Sédhiou : Défis pour une gestion durable des forêts



Les projets d’aménagement des forêts de Sinthiou Ndiaya et de Samoudji Mansa commencent à prendre forme. D’un coût de 185 millions de nos francs, ces projets initiés par le Paderca et qui devront contribuer à une gestion durable des ressources forestières et à lutter contre la pauvreté en zone rurale vont rapporter à terme 291 millions. Le succès de ce projet dépend aussi, en grande partie, d’une maîtrise de l’exploitation de ces forêts dans les zones frontalières.

(Correspondance) - L’importance des forêts dans le cadre du développement socioéconomique et de la lutte contre la pauvreté est de plus en plus comprise par les populations de la région de Sédhiou, en particulier celles des zones rurales. En attestent les plans d’aménagement de deux forêts communautaires initiés dans le sud de la région par le projet d’appui au développement rural en Casamance (Paderca). Il s’agit de la forêt communautaire de Samoudji Mansa dans la communauté rurale de Banghère qui fait 400 hectares et de la forêt communautaire de Sinthiou Ndiaya qui fait 1 200 hectares dans la communauté rurale de Niagha. L’enquête socio-économique, les études de planification et l’inventaire qui permet de quantifier le potentiel ligneux qui existe dans la forêt, dans un souci de développement durable, ont déjà été effectués, a expliqué Ousmane Fall commandant des Eaux et forêts, inspecteur régional de la région de Sédhiou. L’atelier de restitution a eu lieu ce jeudi à Sédhiou et a permis à Ablaye Ndiaye, responsable du volet environnement et gestion des ressources naturelles au Paderca d’expliquer que le projet qui doit se dérouler sur une durée de 12 ans, va coûter 185 millions de nos francs. A terme, ce projet devra rapporter 291 millions de nos francs qui seront répartis entre les populations, les collectivités locales et le bailleur.
L’importance économique de ces plans d’aménagement de forêts a aussi été évoquée par le gouverneur de la région de Sédhiou, Cheikh Kane Niane, qui trouve que les gens pensent qu’on doit seulement vivre de son champ d’arachide, de mil, de riz et également de l’élevage. Il est d’avis qu’on peut aussi tirer des ressources de la forêt et améliorer ses conditions de vie.
A l’endroit de ceux qui auraient pu douter de l’accompagnement du Paderca durant la phase de mise en œuvre, Ablaye Ndiaye qui se réjouit de l’implication des populations depuis le début, rassure que son organisation sera bien là et se chargera de tout ce qui est formation, petits équipements et aménagements.
Yoro Mballo, le président de la communauté rurale de Niagha considère que la forêt aménagée de Sinthiou Ndiaya est une banque pour les populations de la localité qui peuvent en tirer beaucoup de profits. Il sera complété par le gouverneur en ces termes : ‘Quand on tire profit de la forêt, il faut aussi la protéger.’ Il invite ainsi les populations à une gestion rationnelle des ressources de leurs forêts.
Dimension transfrontalière de la gestion des forêts
Les problèmes ne manquent toutefois pas au niveau de la frontière. ‘Les Bissau-guinéens de Saré Sinthian Demba m’ont interpellé en me disant que je devais d’abord les consulter avant de délibérer sur les 1 200 hectares et qu’il fallait auparavant prendre langue avec la base armée du Mouvement des forces démocratiques de la Casamance (Mfdc) installée à Sinthian Bélel qui est capable de torpiller le projet’, a expliqué le président du conseil rural de Niagha. Le Pcr s’engage à rencontrer l’aile civile du Mfdc basée à Lamban dans la région d’Oyo en Guinée-Bissau pour les sensibiliser par rapport à l’importance de ce projet de développement frontalier qui devrait permettre de lutter contre la pauvreté des populations des deux côtés de la frontière. L’exploitation frauduleuse des forêts est aussi dénoncée par le chef de l’exécutif régional.
Pour Cheikh Kane Niane, il y a des forêts qui sont l’objet de convoitises de la part des populations étrangères au niveau des frontières et cela est souvent source de conflits entre ces dernières qui veulent exploiter indûment leurs forêts et les populations sénégalaises.C’est pourquoi, il pense qu’il faudrait mettre l’accent sur les aménagements au niveau des frontières et même envisager une possibilité de mutualisation de l’exploitation de ces forêts afin d’éviter les conflits.
L’urgence d’une rencontre entre les autorités des régions frontalières de la Gambie, de la Guinée-Bissau, de la République de Guinée et du Sénégal est de plus en plus agitée par les populations de Sédhiou qui ne supportent plus les agressions contre leurs forêts.
Robert DIANDY
Wal Fadjri

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Paderca


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