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SEDHIOU : PREVENTION DU CONFLIT ENTRE ELEVEURS ET AGRICULTEURS L'impératif de la délimitation des zones de parcours

La cohabitation entre éleveurs et agriculteurs de la région de Sédhiou est très fréquemment troublée par la divagation des animaux dans les zones de culture. Ce phénomène à pour effet des conflits récurrents qui ont résisté à la tyrannie des âges malgré les nombreuses médiations. Pour prévenir ces types de divergences devenues traditionnelles à Sédhiou, l'Ong «Londoo Lolloo» basée dans la zone a lancé un processus de délimitation des zones de parcours du bétail dans les vallées de Samiron et de Badiandian. Les services techniques trouvent que la démarche participe de la cohabitation pacifique entre ces deux secteurs du monde rural.



Aussi vieux que le monde, le traditionnel conflit entre éleveurs et agriculteurs persiste toujours dans la région de Sédhiou. La divagation des animaux dans les zones de culture a souvent pour conséquences des conflits récurrents entre pasteurs et agricultures et ce malgré les nombreuses médiations. En réponse à cette problématique quasi quotidienne, l’Ong «Londoo Lolloo» basée dans la capitale du Pakao a enclenché un processus de délimitation des zones de parcours du bétail dans l’optique d’éviter des confrontations quelques fois sanglantes.

Abdoulaye Dandan Diédhiou, le responsable du suivi évaluation de Londoo Lolloo, par ailleurs chargé de programme paix et gouvernance note que «ce programme est appuyé par l’USAID dans le cadre de la prévention des conflits consécutifs à la divagation des animaux dans les zones de cultures de Samiron et de Sédhiou, Bakoum et Badiandiang. Le travail est un processus qui porte déjà ses fruits car nous avons réussi à créer une synergie communautaire autour de l’enjeu. Certes des efforts sont jusqu’ici déployés mais le défi reste actuel».

Dandan Diédhiou de poursuivre: «la cohabitation est indispensable car éleveurs et agriculteurs évoluent dans presque la même zone. Quelques fois un agriculteur est à la fois éleveur. C’est la raison pour laquelle nous y avons impliqué tous les services techniques déconcentrés concernés: les élus locaux, les cadres de concertation, les chefs de village, les mouvements de jeunesse et de femme. L’approche est de délimiter une zone de parcours du bétail, d’abreuvement et de pâturage autour de chaque vallée», explique-t-il.


Même symphonie de la part de Boubacar Manga, agent technique d’élevage et chef de poste vétérinaire de Marsassoum qui assure le suivi de cette activité de terrain. Il indique que «si chaque partie joue le jeu qui lui revient, la cohabitation pacifique ne souffrirait d’aucune entrave». Seulement et à l’inverse des vallées de Samirong, celles de Badiandiang n’ont plus les traces de parcours pour le bétail. Mais les acteurs sur le terrain promettent d’en faire une priorité à titre préventif des conflits qui en découlent depuis des temps anciens.


Un parcours du bétail pour mettre fin au parcours du combattant?

A la question de savoir: «Qui des nombreux agriculteurs de la région de Sédhiou ne s’est, une seule fois, plaint de la divagation des animaux dans son champ?» Rares sont ceux qui répondraient par la négative. Preuve que le phénomène est devenu un véritable parcours du combattant pour les producteurs que seuls les parcours du bétail pourraient soulager.

C’est dire que l’impact de ce programme est grand et redonne espoir à une bonne cohabitation entre ces deux secteurs du monde rural a déclaré Malang Biaye, le chef du service départemental du développement rural de Sédhiou. «C’est un processus de délimitation du parcours du bétail entamé par Londoo Lolloo qui commence déjà à porter ses fruits. Car depuis quelques temps, nous n’avons pas été saisi pour des cas de divagation assortis de dégâts dans les champs alors que dans le passé, il ne se passait pas une semaine sans qu’on ne soit interpellé. Tant mieux pour les éleveurs et les agriculteurs, même si le phénomène n’est pas éradiqué, ce qui est du reste une prétention, mais pourrait considérablement baisser d’intensité», témoigne-t-il.

Moussa DRAME
Sud Quotidien


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