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REFLEXION SUR LA « PARTIALITE » DES MEDIAS AU SENEGAL La presse accusée de faire la part belle à la politique

Des représentants de partis politiques, de la société civile et des médiats ont reproché à la presse sénégalaise de faire preuve de ’’partialité’’ dans son travail d’information et d’accorder la part de lion aux partis politiques, mardi lors de la table ronde sur les rapports entre la presse, la société civile et les partis politiques.



La rencontre était organisée par la Fondation Konrad Adenauer (FKA), le Centre d’étude des sciences et techniques de l’information (CESTI) et l’Agence de presse sénégalaise (APS).

Intervenant au cours des débats, Youssoupha Wade du Comité national du dialogue social (CNDS), a estimé que ‘’les médiats sont nécessairement partiaux’’. M. Wade explique que les organes de presse ‘’ne sont rien d’autres que des supports d’idées qu’on cherche à vendre’’.

Même conviction chez Babacar Kanté de l’Alliance des forces de progrès (AFP, opposition) pour qui les médias ‘’ne peuvent pas ne pas être partiaux’’. ‘’Je n’attends pas des journalistes qu’ils soient impartiaux’’, a pour sa part déclaré Moussa Sarr, représentant de la Ligue démocratique/Mouvement pour le parti du travail (LD/MPT, opposition).

Certains participants estiment que les journalistes sont ‘’parfois manipulés’’ au vu de certaines fausses informations publiées par les journaux. Mais le plus souvent, les intervenants trouvent que les médias accordent une ‘’trop grande place à la politique’’, au détriment de l’information économique, sociale et culturelle.

‘’On donne trop d’importance aux partis politiques’’, au détriment d’autres questions telles que les droits humains, a de son côté relevé Louis Mendy, enseignant.

‘’La presse est beaucoup plus intéressée par les organisations politiques que les questions soulevées par la société civile’’, a ainsi estimé Amsatou Sow Sidibé, professeur de Droit à l’Université Cheikh Anta Diop de Dakar.

Un point de vue que semble partager le journaliste Aïssatou Mbène Kane de la radio Sud FM, selon qui il y a ‘’une surmédiatisation de la politique’’.

Pour certains participants, les raisons de cette surmédiatisation ne font l’ombre d’aucun doute. Amsatou Sow Sidibé de l’UCAD estime ainsi que cette situation résulte de la ‘’démarche’’ des partis politiques qui accordent une importance extrême à leur ‘’visibilité’’ sur le champ politique.

En conséquence, ‘’ils n’hésitent pas à faire des coups d’éclat, donnant à la société civile le sentiment d’être envahie’’. ‘’On se sent parfois avalé, car les organes de presse se laissent piéger par ce goût de visibilité’’, a déclaré le professeur Sidibé, estimant que cet envahissement est une situation à laquelle ‘’la presse échappe difficilement’’.

Analysant la forte présence de la politique dans les médias, le député maire de Bignona, Youba Sambou, pense que ‘’les politiques sont toujours vigilants, ce qui fait qu’ils arrivent à s’en sortir’’.

Mais l’activisme dont font preuve les partis politiques ne constitue pas à lui seul le facteur responsable de la part belle qui leur est faite. Louis Mendy pense que ‘’la recherche du sensationnel’’ y est aussi pour quelque chose.

Pour Babacar Kanté de l’AFP, la partialité relève de l’évidence même, car les hommes et les femmes qui animent les médiats sont ‘’des citoyens concernés par les problématiques’’ qui traversent la société.

Quant à Doudou Wade, député libéral, il soutient que la récurrence du sujet montre ‘’qu’il y a réellement un problème’’. Le problème de la presse, c’est qu’elle est aujourd’hui ‘’entre les mains de gens qui ne sont pas tous des journalistes’’, a-t-il expliqué, estimant qu’il faut remettre la profession à des journalistes formés. Il a affirmé qu’‘’il est important que l’Etat joue son rôle de régulateur’’, relevant ‘’un problème de formation et de déontologie’’.

De nombreuses voix se sont élevées pour appeler à faire ‘’la part des choses entre partialité et prise de position’’. Et certains comme Moussa Tine, ancien député et militant du Jëf-Jël, a appelé à poser la question de savoir si l’impartialité est une ‘’obligation juridique’’ au Sénégal.

Aps

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Bonne gouvernance


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