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RAPPORT- Réussite des politiques et programmes de développement

La solution par l’intégration de la culture

Le rapport sur l’état de la population mondiale 2008 «Lieux de convergence : culture, genre et droits de la personne» affirme que des stratégies de développement sensibles aux valeurs culturelles peuvent réduire les pratiques nuisibles aux femmes et promouvoir les droits de la personne, y compris l’égalité des sexes et l’automatisation des femmes. Le rapport indique qu’il ne devrait pas y avoir d’opposition entre les droits de la personne et les valeurs culturelles, étant donné que les droits de la personne expriment des valeurs universelles qui se retrouvent dans toutes les cultures. Et cependant, dans toutes les cultures aussi, se retrouvent des pratiques qui portent atteinte aux droits de la personne.



Le rapport rendu public vendredi dernier par le Fonds des Nations Unies pour la population (Fnuap) et dont le thème est «Les lieux de convergence : culture, genre et droit de la personne» a mis l’accent sur les pratiques culturelles pour le respect des droits de la personne et des libertés fondamentales pour tous sans distinction de race, de langue, de sexe ou de religion. Ces propos tenus par Suzanne Maïga Konaté, représentante résidente du Fnuap au Sénégal, à l’occasion du lancement officiel du rapport sur l’état de la population, cache mal le sentiment le mieux partagé aujourd’hui en rapport avec les croyances culturelles et les traditions dans bien des pays africains.
Mme Maïga Konaté constate que ces croyances et traditions «sont généralement plus fortes que les Lois». Elle fonde son argumentaire sur le fait que les mariages précoces, les mutilations génitales féminines sont des pratiques néfastes reconnues et jugées illégales dans bon nombre de pays et pourtant elles persistent encore du fait que de leur «enracinement profond dans la culture». Alors que, assure Mme Maïga Konaté, «la compréhension des réalités culturelles» peut révéler des moyens plus efficaces de battre en brèche les pratiques nuisibles à l’effet de promouvoir des droits de la personne.
La représentante résidente du Fnuap au Sénégal a laissé entendre que la culture dont il est question dans ce rapport 2008, «influe en tout premier lieu sur la façon dont les individus gèrent leur vie, conduisent les actions sans pour autant produire des comportements uniformes». Ainsi, poursuit-elle, la culture est tout à la fois et son développement est ainsi assimilé à un droit au même titre que le développement économique ou social. Faisant toujours l’économie du document, Mme Maïga Konaté estime qu’il préconise «l’application d’approches sensibles à la culture dans le domaine du développement parce que la culture est aussi pourvoyeuse de solutions créatives qui peuvent être mises à profit et être utilisées pour promouvoir les droits de la personne en général et les droits de la femme en particulier». L’institution qu’elle représente a, aujourd’hui, la certitude que la culture est un «élément fondamental de la vie des gens (et) doit impérativement être intégrée dans les politiques et les programmes de développement». Car si on continue d’enregistrer des insuffisances par rapport au progrès social et processus de développement, fait remarquer Mme Maïga Konaté, c’est parce que justement, cette intégration de la culture dans les politiques et programmes de développement fait vraiment défaut. C’est à ce propos que l’institution qu’elle représente au Sénégal propose le port de «lunettes culturelles» en tant qu’instrument de programmation pour «permettre une meilleure connaissance de la culture et ses interrelations avec le processus de développement».

DES «LUNETTES
CULTURELLES» POUR
BRISER LES BARRIERES
Dans le rapport proprement dit, la situation du Sénégal a fait l’objet de discussions nourries entre les différents participants à la cérémonie de vendredi dernier. Et sur la question : «Le Sénégal est-il un pays propice à l’intégration de la sensibilité culturelle dans les programmes destinés aux populations ?», «les lunettes» proposées avec plusieurs composantes devraient être l’alternative, selon le représentant au Sénégal des systèmes des Nations Unies. Car notre pays n’échappe pas aux inquiétudes soulevées dans le rapport qui rappelle que «les inégalités entre sexes» sont une réalité en Afrique et des chiffres sont mêmes portés à la connaissance de l’assistance pour étayer leur ancrage dans nos sociétés. «60 % du milliard d’habitants les plus pauvres de notre planète sont des femmes et des filles, 66% des 960 millions d’adultes illettrés du monde sont des femmes et 70% des 130 millions d’enfants non scolarisés sont des filles», relève-t-on.
Que dire de plus ! Sinon que déplorer que certaines normes et traditions sociales et culturelles perpétuent la «violence sexspécifique» et les femmes comme les hommes peuvent être amenés à ignorer le problème. Le présentateur du document note que la culture «agit par des formes de coercition qui peuvent être visibles, occultées dans les structures gouvernementales et juridiques ou assimilées dans l’image identitaire que les gens se font d’eux-mêmes». Pape Madiop Diop, chargé de programme au Fnuap est même plus exhaustif en disant que ce sont les femmes elles mêmes qui perpétuent malheureusement à la recrudescence des violences dont elles font l’objet tout simplement parce qu’elles croient qu’elles protègent leurs progénitures.
Alioune Badiane, directeur-fondateur de l’Académie internationale des arts qui a représenté l’Etat du Sénégal s’est appesanti sur l’option de la «sensibilité culturelle» prise par notre pays depuis sa naissance et fondée sur l’histoire et la géographie du pays. Une option qui, selon lui, explique «la constance de la présence d’un ministère en charge de la culture». Pour lui, la politique culturelle mise en en œuvre sous nos cieux «a toujours favorisé la prise en charge des volets que sont la formation des acteurs et créateurs culturels, la diffusion des œuvres de l’esprit, la protection de la propriété intellectuelle, la construction des infrastructures et de leur équipement, ainsi que l’organisation d’évènements de promotion à caractère local, national et international».
Dans son raisonnement, il a refusé de se faire d’illusions, en ce sens, assure t-il, que «c’est la double acceptation de la culture, conformément à la définition de l’Unesco (…) qui répond véritablement à la préoccupation exprimée dans le rapport», c’est-à-dire la barrière entre les droits de la personne et les valeurs culturelles.

Le Quotidien

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Culture


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