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Planification familiale : Beaucoup d’engagements, des avancées timides sur le terrain



Il est souvent reproché aux décideurs africains de n’avoir pas donné suite aux engagements pris et de ne pas travailler à faire l’équilibre entre la croissance démographique et la croissance économique. Abuja, Caire, Maputo, les appels de Ouagadougou en 1997 et 2011…, sont autant de protocoles ratifiés, mais les avancées sur le terrain restent très timides.

(Envoyé spécial à Ouaga) - En matière de planification familiale et de politique de santé de la reproduction, beaucoup d’engagements sont pris en Afrique, mais rien de palpable sur le terrain. Du moins, les avancées sont maigres. Abuja, Caire, Maputo, les appels de Ouagadougou en 1997 et 2011, sont autant de protocoles signés par les décideurs africains, mais les avancées sont très timides sur le terrain. Surtout par rapport aux besoins et aspirations des jeunes.

A Ouagadougou où s’est tenue, du 8 au 10 février dernier, la conférence internationale sur ‘Population, développement et planification familiale en Afrique de l’Ouest francophone : l’urgence d’agir’, le président du Burkina Faso, Blaise Compaoré, avait fait preuve d’engagement, en présidant la cérémonie d’ouverture de cette rencontre tenue dans la capitale burkinabé. Mais souvent, il est reproché aux décideurs de n’avoir pas donné suite aux engagements pris et de ne pas travailler à faire l’équilibre entre la croissance démographique et la croissance économique. Or, soulignent les spécialistes en démographie, le repositionnement de la planification familiale est un élément central pour amorcer un développement économique.

Tout en reconnaissant des frémissements, le chercheur démographe à l’Institut de recherche et de développement (Ird), Jean Pierre Guingan, rencontré à Ouaga, estime que le problème se situe au niveau des besoins par rapport aux aspirations des jeunes. Dans ce domaine ayant trait au niveau de vie, à la cherté de la vie, à la scolarisation des enfants, les avancées sont maigres, reconnaît-il. Se pose-t-il une question de moyens ou d’organisation ? Jean Pierres Guingan qui a eu à préparer les documents par pays à l’occasion de cette conférence, pose la problématique plutôt sous un angle de la réflexion stratégique pour définir les priorités et donner autant de place à la prévention qu’à la prise en charge des urgences obstétricales. ‘Nous sommes dans une situation où tout est urgent. Urgent de soigner les femmes, d’empêcher la mortalité maternelle, de faire face à la pandémie du Sida, ainsi que des autres maladies infectieuses’, fait-il remarquer.

En Afrique subsaharienne, le risque pour une femme de perdre sa vie au cours d’une grossesse ou d’un accouchement demeure élevé avec un ratio de 1 pour 26. Environ 13 % des décès sont attribués à des interruptions de grossesse mal pratiquées et en l’absence d’un suivi sanitaire adéquat. Cette situation résulte de l’ampleur des besoins non couverts en matière de planification familiale et d’un accès insuffisant à des services et à une information de qualité. Dans la sous-région, entre 20 et 30 % des femmes qui souhaitent différer leurs grossesses ou arrêter d’avoir des enfants, n’ont pas accès à une méthode de contraception sûre et efficace. Pourtant, il est démontré que la planification familiale joue un rôle essentiel dans l’atteinte des Objectifs du millénaire pour le développement, tout en étant un puissant levier de croissance économique.

Issa NIANG

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