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Pêche artisanales au Sénégal : La co-gestion favorise le retour du poisson



La direction des pêches maritimes a abrité hier la 9ème réunion du comité de pilotage de la Cogestion des Pêcheries artisanales au Sénégal (Cogepas), un projet de coopération technique financé par la Coopération japonaise (Jica). La discussion a porté sur le rapport final qui présente les résultats obtenus grâce à la cogestion dans les sites de Cayar, Joal, Djifère et Lompoul.

Une enquête réalisée par le projet de cogestion des pêcheries artisanales au Sénégal (Cogepas) a révélé que 87% des pêcheurs au site de Lompoul, dans la région de Louga, ont affirmé qu’il y a eu une hausse notable des débarquements. Cela est confirmé également par les statistiques du service régional des pêches. Selon Ibrahima Diouf, chef de service régional des pêches et de la surveillance de Louga, entre 2010 et 2012, il y a eu une augmentation très significative des captures à Lompoul et de manière générale dans la région. Dans la seule localité de Lompoul, de 856 tonnes en 2010, les mises à terre ont atteint 1357 tonnes en 2011, pour s’élever à 1788 tonnes en 2012. Dans la seule région de Louga, de 1694 tonnes, les débarquements sont passés à 2153 tonnes en 2011 pour atteindre 2269 tonnes l’année dernière. Ces performances du secteur ont été obtenues avec l’expérimentation de la cogestion qui a vu une bonne appropriation ces 4 dernières années par les pêcheurs. Les différentes techniques de régénération et de protection des espèces introduites par le Cogepas, dont les activités ont démarré en 2009, seront bouclées à la fin de ce mois de mars. Hier, la dernière réunion d’évaluation du comité de pilotage a permis de mesurer les importants résultats obtenus par l’approche cogestion qui a été développée ces 4 dernières années dans les sites de Cayar, Joal, Djifère et Lompoul. Une expérimentation qui a montré que ce qui s’est, pendant longtemps, avéré impossible, est aujourd’hui une belle réalité. Grâce à la coopération japonaise (Jica) le projet de Cogestion des pêcheries artisanales au Sénégal (Cogepas) a révolutionné les mentalités chez les pêcheurs qui ont eux-mêmes reconnu leur entière satisfaction. « Le projet n’est pas venu pour faire des infrastructures, mais il a essayé de changer le comportement de l’homme qui utilise les engins non conformes et développe des pratiques irresponsables sur la ressource. Et c’est là où le projet est intervenu et a donné beaucoup de satisfactions.

Réduction des filets dormants
Ils sont parvenus à conscientiser, de manière très significative, les pêcheurs qui ont accepté eux-mêmes de réduire le nombre d’engins qu’ils utilisent en mer et d’augmenter les mailles des filets », a reconnu le régional des pêches de Louga. A la place des mailles non règlementaires de 32 mm alors que la règlementation prévoit un maillage de 50 mm, le projet a réussi à faire adopter progressivement le maillage règlementaire aux pêcheurs. Grâce à la sensibilisation, le Conseil local de pêche artisanale (Clpa), qui a été institué par un arrêté ministériel et qui été dynamisé dans le cadre du projet, intervient dans la gestion des ressources en contrôlant régulièrement les engins de pêche qui sont utilisés dans la localité. Ce qui a permis de booster considérablement les captures.



Le même constat est également valable pour les autres sites de Kayar, Djifère et Joal où les mesures innovantes de gestion, notamment la réduction des filets dormants, l’introduction de branches artificielles, la réalisation d’aires marines protégées, l’élargissement de la dimension des mailles, etc. ont entrainé une baisse notable de la pression sur les démersaux en état de surexploitation. Pour son collègue, Naohiko Watanuki, chef d’équipe du Cogepas, le Sénégal peut être fier aujourd’hui des résultats dans ce domaine et la diversification des espèces ciblées comme le thiof, le poulpe, le cymbium, la seiche, etc. Mais aussi de la régionalisation des activités de gestion dans le département de Mbour dans laquelle les trois comités locaux de gestion (Clpa) de Joal, Sindia et Mbour ont joué des rôles importants. Selon lui, pour sa continuation et sa pérennisation, le projet s’est basé sur des activités peut coûteuses, l’utilisation du matériel local, des techniques simple et à risque très faible. « Nous avons préparé les principes directeurs de cogestion des pêcheries qui contribuent à la vulgarisation des activités de cogestion et nous avons appris aux Clpa comment obtenir des aides financières et techniques de la part de l’administration, des institutions de recherche, des entreprises de pêche, des donateurs et des Ong », a affirmé M. chef d’équipe du Cogepas.
Il reste aussi que les activités génératrices de revenus (Agr) qui accompagnent les initiatives de cogestion des Clpa devront être bien soutenues et développées car sans elles, il n’y a pas de cogestion.

Adama MBODJ
Le Soleil

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Economie maritime-Pêches-aquaculture


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