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PROMOTION DES DROITS DE LA FEMME EN MILIEU RURAL : Une lueur d’espoir se lève sur Médina El Hadji



Beaucoup d’eau a coulé sous les ponts à Médina El Hadji d’où est parti le marabout fondateur de la cité religieuse de Médina Gounass. Dans cette communauté rurale, les femmes ont fait de la revendication de leurs droits une priorité ces dernières années. Les parlementaires catalans et la directrice de l’Unifem qui leur ont rendu visite, le 27 avril dernier, leur ont demandé de maintenir haut l’étendard.

Parti de Kolda, aux alentours de 15 heures, le convoi engage un goudron bien nivelé. Les voitures roulent à vive allure. Les plantations d’acacias bordant les deux côtés de la route et dont les branches semblent s’embrasser confèrent à cette route les allures d’un tunnel vert. Le convoi bifurque à gauche. Le trajet est rythmé par les secousses. Cette rigueur est atténuée par la colonie de palmiers qui s’étirent sur plusieurs kilomètres dans les rizières du village de Daré Salam. Au sortir de cette bourgade, les voitures abordent une piste latéritique avant d’emprunter une dénivellation. Au loin, les manguiers et les anacardiers forment un rideau à l’entrée de Médina El Hadji. Le village, fondé par Thierno Ali vers les années 1916, présente des routes bien tracées. Près de l’école, le vieux magasin est la relique des années fastes des bonnes récoltes. Les chaumières continuent de narguer l’avancée implacable des habitats modernes. Les maisons en dur poussent partout.

Médina El Hadj compte plusieurs émigrés. Au cours de cette après-midi du lundi 27 avril 2009, la localité ploie sous un soleil de plomb. L’essentiel du village est dans la cour arrière de l’école. Le statut de la femme a évolué. Les hommes ont commencé à changer de regard sur la femme. Beaucoup d’eau a coulé sous les ponts dans ce village. Ici, les femmes ont levé l’étendard pour réclamer leurs droits à la veille des dernières élections locales. Conséquence : pour la première fois, le nombre de conseillères est passé de 2 à 8. Et, aujourd’hui, les femmes nourrissent tous les espoirs. « Nous n’allons plus nous limiter à applaudir des hommes politiques. Nous voulons aussi accéder aux postes de responsabilité. Nous sommes capables d’occuper les postes qui sont jusqu’ici réservés aux hommes », a laissé entendre Ndèye Baldé, sous les vivats d’autres femmes. Comme elle, la deuxième adjointe au maire de Vélingara, au milieu de l’assemblée composée d’hommes, magnifie le travail de mise en confiance des femmes dans ces villages où la tradition est de rigueur. « Nous remercions, l’Ong Forum pour un développement durable endogène, pour les sessions de renforcement de capacité des femmes. Les choses commencent à bouger », déclare la deuxième adjointe au maire de Vélingara, Mama Baldé.

Un vent d’émancipation souffle sur le village et peut emporter tous les jougs. « Nous, femmes, occupons de plus en plus des places dans les instances de décision. J’ai espoir que nous aurons bientôt une femme présidente de communauté rurale dans cette zone », prédit le président de la communauté rurale de Médina El Hadji, Ahmadou Tidiane Sabaly. Les hôtes du jour, comme les parlementaires catalans Raphaël Luna, Anna Figueras, la directrice du Fonds de développement des Nations Unies pour la femme (Unifem, en anglais), Cécile Mukarubuga, leur ont demandé de continuer la lutte. Dans le cadre de son sixième programme de coopération avec le Sénégal, le Fonds des Nations Unies pour la population (Unfpa) compte dérouler des actions pour lutter contre les violences basées sur le genre. Parmi ces actions, il y a l’ouverture d’un numéro vert pour dénoncer les violences faites à cette couche vulnérable.

Idrissa SANE
Le Soleil

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