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PARLEMENTAIRES - Approche genre dans la lecture du budget : Les femmes veulent en finir avec le folklore



Les députés femmes veulent renforcer leurs connaissances pour influer sur les décisions budgétaires.

Les trente-trois députés femmes de l’Assemblée nationale ont participé à un atelier sur l’approche genre dans la lecture du budget, organisé par la fondation Friedrich Ebert (Fes) de Dakar, et qui s’inscrit dans le cadre de son programme d’appui au Parlement. Un engagement pour faire de l’Assemblée nationale une assemblée d’élus, porteuse des aspirations du peuple.

Cet atelier est aussi une œuvre du Conseil sénégalais des femmes (Cosef) en partenariat avec le réseau des femmes parlementaires. Il vise à permettre aux différentes participantes d’acquérir les compétences nécessaires pour analyser les différentes composantes du budget national et assurer une meilleure prise en compte des préoccupations spécifiques des femmes et des hommes dans le processus global de développement. Il se tient, au moment où les parlementaires se préparent à l’ouverture de la session budgétaire. Malgré un impact certain sur les ressources destinées aux différents secteurs de la vie des Sénégalais, comme la santé, la défense, l’éducation, le budget est toujours mal perçu par les acteurs qui ont pourtant un rôle significatif à jouer.

Au nombre de trente-trois sur cent cinquante députés, les femmes sont encore minoritaires à l’Assemblée nationale. L’explication est toute trouvée pour la présidente du Conseil sénégalais des femmes, Mme Hawa Dia Thiam. Il s’agit pour elle, de la «non-application de la loi sur la parité». Même si elle croit que «majorité ne signifie pas excellence, sinon le terme élite ou crème n’aurait aucun sens». C’est pour cette raison qu’elle exhorte les femmes députés «à se positionner en élite. Il faut une bonne information sur le fonctionnement de l’Assemblée nationale ainsi que votre rôle de législatrice, cela semble nécessaire. Il est important pour nous, de vous donner les outils analytiques adéquats pour bien remplir vos missions».

Selon la chargée de programme de la fondation Ebert, Mme Nanténé Coulibaly Seck, «on remarque souvent que parce qu’elles ne tiennent pas compte de l’inégalité structurelle entre les genres, les décisions et politiques économiques présentent plus de risques d’avoir des conséquences négatives sur les femmes». Elle va plus loin en soutenant que cette «situation préjudiciable aux femmes mérite que l’on analyse le budget national selon une grille de lecture répondant aux besoins pratiques et stratégiques des deux sexes et que l’on mette l’accent sur la nécessité de disposer de données et statistiques désagrégées par sexe».

Pour sa part, le Conseil sénégalais des femmes, par le renforcement des capacités des femmes parlementaires, entend promouvoir le pouvoir décisionnel dans les instances du Parlement et contribuer ainsi à la bonne gouvernance, la transparence, l’obligation rédactionnelle, comme corollaire du développement économique et social. Et les travaux de cet atelier, selon Mme Thiam devaient servir «à faire une attribution correcte entre genre et budget et permettre de mieux maîtriser votre rôle de femme et prendre en conséquence les bonnes décisions pour les Sénégalaises que vous représentez».

Les députés présentes à cet atelier ont résumé leurs attentes en ces mots : maîtrise de l’exécution du budget, meilleure connaissance du budget, comment lire et influer sur le budget pour prendre en charge les préoccupations des populations. Et enfin, comment voter un budget. Toutes questions incluses dans les termes de référence de l’atelier.

Le Quotidien

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