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Meilleure gestion de l’eau, aménagements hydro agricoles, infrastructures de stockage … : La Jica aide les riziculteurs de la zone nord à améliorer les capacités de production



L’Agence japonaise de coopération internationale (Jica) a initié les 1er de 2 décembre derniers une tournée sur ses zones d’intervention.Ainsi, des visites ont été effectuées sur les zones cibles du projet d’amélioration de la productivité du riz dans la vallée du fleuve Sénégal (Papriz), dans le département de Podor et dans la communauté rurale Thiamène (département de Louga) où se développe le projet de développement rural durable (Pdrd).

(Correspondance) - Un déplacement fréquent des tuyaux et des machines de pompage durant de nombreuses périodes de l’année. Voilà la gymnastique permanente à laquelle se pliaient les producteurs du périmètre de Diatar 2. Ce, en vue de réussir l’irrigation d’une superficie de 19 hectares sur les 38 cultivables sur ce périmètre. Mais, seule la moitié était accessible aux producteurs de cette zone. Pour cause, ‘le canal ne pouvait irriguer les 38 hectares’, fait savoir Amadou Sy, président du Gie des producteurs de Diatar 2. La complainte était pareille chez les producteurs du village des réfugiés de Moundouwaye. L’exploitation du casier de 25 hectares s’effectue depuis 20 ans, soutient Oumar Amadou Sy, président du Gie des réfugiés de Moundouwaye. L’autosuffisance du matériel d’irrigation constituait, cependant, un frein à l’exploitation totale du périmètre. De telles contraintes semblent, toutefois, être rangées dans le registre des mauvais souvenirs. Maintenant, à Diatar 2, l’exploitation de tout le périmètre est réelle, d’après Amadou Sy. ‘Un chenal créé nous permet d’avoir de l’eau en permanence à chaque période de l’année’, souligne-t-il. Ces résultats sont obtenus grâce à une main nippone. L’implantation du Projet d’amélioration de la productivité du riz dans la vallée du fleuve Sénégal (Papriz) est passée par là. Du côté des réfugiés de Moundouwaye, l’accès à l’eau pour la culture n’est plus un souci. ‘Ce projet nous a facilité l’arrivée de l’eau dans les champs. On puise l’eau à partir du fleuve Sénégal qui est à environ 200 mètres’, ajoute Oumar Amadou Sy. Et pour ce faire, il a fallu procéder, sur ce périmètre, à un revêtement du canal de stockage. Ce, pour parer aux pertes d’eau qui étaient notées, explique Mamadou Lamine Gueye, chargé de la supervision des travaux. A Diama Alwaly, troisième site visité, la particularité reste la réhabilitation du pont. ‘La route était coupée durant les hivernages. D’où la nécessité de procéder à sa réfection. Ceci a constitué le plus grand travail effectué sur ce site’, fait savoir Aboubacry Sy, ingénieur de la Saed.
L’approche participative intégrée
Afin de créer un modèle amélioré de gestion des aménagements hydro agricoles, les conducteurs du projet ont adopté l’approche participative. ‘On a intégré une approche participative pour plus de maintien des terres par les producteurs’, justifie le chef du projet, Massakuyi Koyama. L’incitation à l’appropriation n’est pas l’unique visée de cette approche. Celle-ci vise, également, à réduire les coûts des financements injectés par l’Etat dans ce secteur, selon le chef du projet.
Pour l’ingénieur de la délégation de la Société nationale d’aménagement et d’exploitation des terres du Delta du fleuve Sénégal (Saed) de Podor, l’appréhension à propos de cette approche participative par les producteurs n’a pas été une sinécure. ‘Des discussions houleuses ont été menées avant d’aboutir à cet investissement humain, pour qu’ils s’approprient ce projet’, laisse entendre Alassane Ba. Une situation qui a bien son explication, d’après l’ingénieur de la Saed. ‘Généralement, les producteurs recevaient des aménagements clés en main’. ‘Les populations étaient, au départ, frileuses, mais en fin de compte, on est arrivé (Saed et Papriz) à les convaincre et à les pousser à participer à ce projet’, ajoute Ba. Pour qui, le bénéfice de la Saed sur ce projet a été un renforcement des capacités techniques et l’augmentation de la capacité de production des acteurs sur le terrain.
Selon Alassane Ba, pour assurer la préservation du patrimoine agricole, les producteurs ont subi un renforcement de capacités dans le cadre des aménagements. Des formations orientées vers une prise en charge des aménagements ont été, ainsi, dispensées. ‘Le fait de les avoir impliqués dès le départ en s’investissant humainement et physiquement a été pour les populations un outil extrêmement important en termes d’appropriation du projet et des techniques de maintenance du patrimoine agricole qui leur seront rétrocédés après le projet’, poursuit Ba. D’après lui, les techniques de maintenance et de gestion reçues auprès de la coopération japonaise leur permettront de faire de petites réfections à la fin du projet et à gérer de façon pérenne leurs aménagements.
Requêtes des producteurs
La situation a, certes, évolué dans les deux périmètres visités. Cependant, les présidents des Gie de Diatar 2 et des réfugiés de Moudouwaye n’ont pas manqué d’égrener un chapelet de requêtes. Des financements, à la commercialisation, en passant par l’acquisition des semences, la demande est multiple. ‘On désire avoir des financements et des semences’, formule Amadou Sy, président du Gie de Diatar 2. La commercialisation est également un casse-tête pour les producteurs du périmètre. Le choix ne leur est pas donné. L’obligation de se rabattre sur les revendeurs pèse sur eux. ‘Ici, on est obligé d’écouler nos productions via les revendeurs. Il est difficile de trouver quelqu’un qui achète de grandes quantités. En général, les gens achètent des quantités en valeur très limitée’, argue Amadou Sy.
Hormis leur vœu d’acquérir un magasin de stockage, les 113 producteurs que regroupe le Gie des réfugiés de Moundouwaye souhaitent une extension des terres. Un gap est également noté dans le financement. ‘Notre souci est lié à un remboursement immédiat des crédits pour pouvoir en disposer encore dans de brefs délais’, a souligné le président du Gie Oumar Amadou Sy.
Pour le chef du projet, Papriz touche toute la chaîne des valeurs, de la production à la commercialisation. Et dans ce sillage, une vingtaine de rizeries ont été sélectionnées pour la transformation du riz, soutient Masayuki Koyama. ‘Ces rizeries bénéficieront d’une fourniture de matériels très sophistiqués qui permettront de faire un tri assez net des différentes catégories de riz’, ajoute-t-il. Il promet, en outre, que des magasins de stockage seront également installés sur les sites concernés par ce projet.
Une hausse de la production du riz attendue dans cette zone
‘Avant la réfection de ces aménagements, on avait 5 à 6 tonnes l’hectare. Mais on compte cette année-ci atteindre 7 tonnes à l’hectare’. La réfection des aménagements permet d’espérer ainsi de bons résultats, si l’on en croit l’ingénieur délégué de la Saed à Podor. Et, dit-il, cela peut même aller au-delà des espérances de certains producteurs. ‘Il peut même y avoir des pics de 10 tonnes/hectares’, dit Alassane Ba. Qui précise que cela n’est valable que pour les producteurs qui respectent, scrupuleusement, les techniques culturales élaborées. Lesquels sont, cependant, rares.
Le projet Papriz vise généralement à améliorer la productivité du riz dans la vallée du Fleuve Sénégal. Il est développé par l’Agence japonaise de coopération internationale (Jica) dans les départements de Dagana et Podor, sur 1 252 hectares. Dans la zone de Podor, le projet a procédé à la réfection des aménagements sur 252 hectares. Six périmètres en sont les pilotes. Outre ceux de Diatar 2 et des réfugiés de Moundouwaye, Diatar IT2 (50 hectares), Donaye IT4 (50 hectares), le village de Ngane (45 hectares) et Diama Alwaly- Korkadie2 (44 hectares) portent le projet. Le volet irrigation a coûté 200 mille euros, soit 120 millions de francs Cfa, selon le chef du projet.
Six villages environnants, soit 10 mille habitants bénéficient de ce projet qui s’étale sur quatre ans (2010-2013). Il s’agit des villages de Diatar, Donaye, Diama Alwaly, Korkadié, Ngane et celui des réfugiés de Moundouwaye.
Ce projet, dont la mise en œuvre est à sa deuxième année cherche, selon son chef, à optimiser les ressources mises en œuvre dans le cadre des activités agricoles. La réduction des coûts est l’axe majeur sur lequel il entend se concentrer. Celle-ci passe nécessairement, d’après Masakuyi Koyoma, par une meilleure gestion de l’eau, des aménagements hydro agricoles et des infrastructures de stockage.
La durée de vie des infrastructures réalisées dans le cadre de ce projet est estimée à plus de 10 ans. L’an prochain, le Papriz va passer à six autres aménagements, a déclaré le chef du projet. Toutefois, la poursuite du projet dépendra de la réussite de cette première phase qui doit être bouclée en 2013.
Aïda Coumba DIOP
Wal Fadjri

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