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METIER DU TISSAGE TRADITIONNEL : 20 femmes de Tambacounda s’initient au faso dan fani



Dans le cadre de notre programme d’appui à la création d’activités génératrices de revenus et créatrices d’emplois, la Kora Programmes, Ressources, développement, Organisation non gouvernementale d’appui au développement, vient de cibler une vingtaine de femmes des groupements pour une formation technique en tissage traditionnel (bande large). Cette première dans le pays va permettre à la région de Tambacounda, zone cotonnière par excellence, d’ouvrir des perspectives heureuses pour les femmes.

La présidente de la Sierra Léone a fini de valoriser le pagne tissé en le portant toujours en écharpe sur ses épaules, à coté de Alphadi, le célèbre styliste, qui a donné au Bokholan ses lettres de noblesse. Les femmes de Tambacounda, soutenues par deux expertes du Kadiogo (Burkina Faso), Félicité Kaboré et Justine Kafando, vont s’initier, pendant 21 jours, au Faso danfani, la tenue officielle du Burkina Fasso. Pour Makhtar Anta Diop, le Directeur exécutif de la Kora Programmes, Ressources, développement, tout est parti du programme d’appui à la création d’activités génératrices de revenus et créatrices d’emplois. L’Ong a rencontré les femmes qui venaient individuellement ou collectivement pour parler globalement des mêmes idées de projets comme la couture, la teinture, la fabrication de savon, le petit commerce et la restauration. D’autres idées de projets ont, dés lors, été recherchées au Sénégal et dans la sous-région pour permettre aux femmes de Tambacounda de développer d’autres activités économiques que celles généralement connues. Tout est parti d’une rencontre d’échanges à Tambacounda, en 1998, où une centaine de femmes des autres régions du Sénégal, mais aussi du Mali, du Bénin, du Burkina, du Togo se sont retrouvées sur des thèmes comme l’accès au crédit, l’organisation et la gestion, mais surtout sur les activités et les différentes opportunités qui existaient dans tel ou tel pays. Ensuite un atelier, au niveau du Sénégal, a été organisé à Ndangane Sambou sur l’emballage et la commercialisation des produits dans le cadre des dynamiques féminines.

La Kora a réalisé le suivi de cet atelier avec la mise en place de mutuelles d’équipement des artisans bois et du fer, avec bientôt une mutuelle du textile. Il faut rappeler que la culture intensive du coton ne s’est pas installée par hasard à Tambacounda. La région jouit d’un rôle culturel et cultuel important notamment dans le Gadiaga (Bakel) où la femme soninké cultivait son coton et son indigo dans ses jardins et les transformait par un tisserand. C’est cela, selon Makhtar Anta Diop, qui expliquerait l’avènement de la Cfdt, puis de la Sodefitex. Cette activité traditionnelle avait tendance à disparaître. L’essentiel de l’activité portait sur le textile, la teinture, le tissage et la couture.

Soutenu par les partenaires financiers de Région Pays de la Loire, Mondes solidaires, La Flèche et la Kora solidarité emplois, le tissage est entamé et va terminer avec les stylistes et ouvrir de nombreuses perspectives dans le marché de l’Agoa.

Makhtar Anta Diop a souligné qu’en revalorisant le tissage, on remet à flot cette activité de culture du coton qui est en perte de vitesse. Le tissage reste un business qui à une forte valeur ajoutée. Pour le suivi du programme, la visite d’un expert de renommée internationale, en l’occurrence M. Riva, au mois de mai à Tambacounda, est prévue. Elle cible deux aspects : la formation des artisans sur la fabrication et l’application de ces métiers à tisser. En plus, les deux formatrices du Burkina Faso vont profiter de la foire internationale de Dakar, au mois de novembre ou décembre, pour consolider les acquis en attendant le séjour de cinq femmes au Burkina Faso qui doivent subir une formation d’un mois pour atteindre le statut de formatrice.

Les femmes imposent la bande large

Pour Mme Justine Kafando, présidente de la Société de cautionnement du métier des tisseuses de Kadiogo, province de la capitale du Burkina Fasso qui est accompagnée de Félicité Kafando, dans son pays, avant l’arrivée des colons, ce sont les hommes qui s’adonnaient à l’activité de tissage. Ils ont été évincés par les femmes qui font de beaux motifs de couleurs en plus de la largeur. Depuis 1998, Tambacounda, avec Kora, est dans cette dynamique pour ses métiers à tisser.

Madame Oumou Sakho Diamé, la directrice du Centre régional de l’enseignement technique féminin, a saisit cette opportunité pour affirmer que le premier mari de la femme, c’est son métier. Elle s’est félicitée de l’apport de Kora avec la formation destinée aux femmes sur les approches par compétence. Elle a, en outre, salué la politique du Gouvernement dans le cadre de la formation professionnelle qui est la deuxième priorité pour un Sénégal qui se développe. Au nom des artisans, Abdoulaye Sarr, le président de la Fédération, a salué l’apport inestimable de Kora pour organiser et promouvoir les corps de métiers. Mme Mama Bathily, au nom des récipiendaires, a remercié l’apport de chacun pour sortir les femmes de la pauvreté. La création artistique aidant, le pagne tissé a de beaux jours devant lui.

Le Soleil

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