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Lutte contre les abus sexuels et les pires formes de travail des enfants à Kolda : Les acteurs se mobilisent pour éradiquer le mal



C’est parce que le département de Kolda est identifié comme une localité pourvoyeur d’enfants mendiants que le ministère de la Famille tient à mettre en première ligne les acteurs sociaux du Fouladou pour une bonne appropriation du projet de lutte contre la traite et les pires formes de travail des enfants.

(Correspondance) - Les enfants du département de Kolda vivent un véritable calvaire. Ils sont quotidiennement victimes d’abus sexuels et d’exploitation en tout genre. Le phénomène de la mendicité des enfants Talibé y connaît un développement exponentiel. La Guinée Conakry, la Guinée-Bissau et la Gambie sont les pays limitrophes pourvoyeurs d’enfants mendiants dans cette partie sud du Sénégal. Ainsi, pour renverser la tendance et juguler le mal, le ministère de la Famille, de l’Entreprenariat féminin et de la Microfinance, à travers le projet de lutte contre la traite et les pires formes de travail des enfants, a décidé de lancer une croisade contre ces fléaux. Réunis, mardi dernier, en comité départemental de développement, les acteurs sociaux, les autorités, les partenaires et les responsables du projet ont fait un diagnostic sans complaisance de la situation de l’enfance dans la région de Kolda.

L’objectif de cette rencontre, selon le préfet de Kolda, c’est de partager avec les acteurs locaux les missions du ministère, les orientations du projet et enfin de mettre à la disposition de ceux-ci toute la documentation nécessaire dont ils ont besoin. ‘Nous avons voulu associer l’ensemble des acteurs dans cette croisade si l’on sait que le département de Kolda est identifié comme une localité pourvoyeur d’enfants mendiants avec des chiffres à l’appui ; Kolda est aussi une zone dépourvue de moyens. Les populations semblent démunies, ce qui accentue davantage le phénomène des enfants mendiants’, laisse entendre le préfet. ‘Pour contrecarrer les velléités d’expansion du phénomène, poursuit-il, nous avons jugé utile de mettre sur pied ce comité technique de lutte contre le phénomène, mais aussi de sensibiliser davantage les populations sur la question’. A l’en croire, le projet doit initier des activités génératrices de revenus pour que ‘les familles, qui mettent leurs fils à la merci des rigueurs du temps’, puissent prendre en charge leurs progénitures au niveau des familles respectives.

Pour le coordonnateur national du projet de lutte contre la traite et les pires formes de travail des enfants, Mamadou Kébé, ce projet entre dans sa phase d’extension. Selon lui, il est clairement dit que l’extension ne peut se faire que suivant des critères parmi lesquels la demande, exprimée par les localités, mais également par des statistiques ou des études. ‘Des études ont suffisamment démontré que le problème de la mendicité et les abus et exploitations sexuels sont récurrents dans cette partie du pays. C’est pourquoi, nous avons jugé nécessaire de regrouper les acteurs en vue de la mise en place d’un comité technique de suivi qui doit élaborer un plan d’action départemental’, explique-t-il.

Le directeur du Crosp de Kolda, Malang Mané, se félicite quant à lui des moyens colossaux que l’état met pour l’accès à l’éducation universelle. Cependant, il s’inquiète de la déperdition scolaire. ‘Nous savons que la plupart des enfants exploités sont exclus des bancs de l’école. Mieux encore, ils ne suivent pas un processus d’insertion régulière’, rapporte notre interlocuteur. Les religieux se sentant concernés par la question de l’heure ne manquent pas d’interpeller les autorités. C’est pourquoi, le président des maîtres coraniques, Oustaz Mouhamadou Diamanka, tient à faire des éclairages sur la mendicité. ‘La quête de l’aumône, dira-t-il, est interdite par le Prophète (Psl). Ce à quoi nous assistons dans notre pays, c’est ce qu’on appelle la solidarité sénégalaise’. Oustaz Diamanka révélera aussi que les maîtres coraniques s’activent à assainir leur secteur. ‘Nous sommes en train de distribuer des questionnaires aux maîtres coraniques pour avoir une idée sur le niveau d’instruction des maîtres coraniques, les types d’enseignement dispensé, le nombre de Talibé et de Daara’, informe-t-il. Cette démarche, conclura le président de l’association des maîtres coraniques de Kolda, ‘permettra de savoir comment le Serigne Daara tient-il son Daara’. Cependant, avoue notre interlocuteur, à cause du manque de moyens auxquels les maîtres coraniques font face, ‘ils ne peuvent vérifier tous ces critères de sélection et d’éligibilité sur le terrain’.

Wal Fadjri

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