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Lois de règlement : Le Sénégal doit mettre fin à 18 années d’opacité dans ses comptes publics, selon le Forum civil



‘Les règles de l’Union économique et monétaire ouest africaine (Uemoa) nous imposent de présenter les comptes tous les ans. Au Sénégal nous sommes restés 18 ans sans présenter de comptes’, confie le député et président de l’African Parliamentarians’ network against corruption (Apnac), ou le Réseau des parlementaires africains contre la corruption, Doudou Wade. Il présidait, lundi dernier, le plaidoyer pour l’adoption de réformes pour la transparence. Selon ce député de la majorité présidentielle, le Sénégal avait un retard de 14 ans sur la présentation des comptes publics au niveau du Parlement avant l’alternance. Aujourd’hui, il ne reste plus que trois exercices puisque le ministre des Finance a présenté les lois de règlement des années 2006 et 2007 la semaine dernière à l’Assemblée nationale qui les a voté. Mais, d’après Wade, si ce cumul dans les lois de règlement a pu s’opérer, c’est parce que ‘le gouvernement n’en faisait pas un principe de bonne gouvernance’. Ainsi, pour le député sénégalais, il faut remédier à cette opacité et montrer comment l’argent public a été utilisé. Cet engagement pour plus de transparence dans les comptes publics s’inscrit, en effet, dans le cadre de l’atelier sur la bonne gouvernance minière que les parlementaires organisent en partenariat avec Transparency International. A travers une campagne de sensibilisation au plan mondial pour la promotion de la transparence dans les industries minières, Transparency International (Ti), dont le Forum civil représente la section Sénégalaise, mène une campagne de sensibilisation pour l’adoption de réformes pour la transparence et la participation. Et cet atelier de Dakar avait pour objectif de promouvoir l’adoption de l’initiative pour la transparence dans les industries extractives (Itie) dans les Etats comme le Sénégal qui ne s’y sont pas encore engagés.
Directrice de Transparency International en Afrique, Chantale Uwimana pense que la priorité stratégique doit être l’engagement citoyen. Et il doit s’exprimer par la participation du plus grand nombre de citoyens dans la lutte contre la corruption. Ceux-ci, insiste-t-elle, doivent néanmoins bénéficier d’une protection pour leur engagement. Car, regrette la directrice de Ti Afrique, ‘on sait qu’il y a beaucoup de citoyens dans le monde qui ont payé de leurs vies la lutte contre la corruption’. Ne désespérant pas de gagner cette bataille, elle pense que la collaboration devrait être essentiel pour rendre cette lutte efficace. ‘Il faut travailler ensemble pour démanteler des réseaux qui sont souvent transnationaux’, soutient-elle. Mais, Chantale Uwimana précise cependant que la société civile doit, à un moment, passer le relais aux parlementaires qui ont un rôle à jouer du point de vue des lois. Et l’enjeu est grand, rappelle-t-elle, car l’échéance de 2015, fixée par la communauté internationale pour l’atteinte des Objectifs du millénaire pour le développement (Omd) approche.
Anaïs TANKAM (Stagiaire)
Wal Fadjri

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Bonne gouvernance


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