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L’Acte 3 de la décentralisation va bouleverser le système de gouvernance locale au Sénégal



Lancé officiellement le 19 mars dernier par le président Macky Sall, l’Acte 3 de la décentralisation a pour ambition affichée de bouleverser totalement la gouvernance locale au Sénégal qui a célébré vendredi le 54ème anniversaire de son indépendance.

En octobre 2013, à l’ouverture des concertations sur l’Acte 3, Macky Sall annonçait déjà la couleur en affirmant que dans sa première phase, l’Acte 3 de la décentralisation va se caractériser par « la généralisation des communes, la création de conseils départementaux et la modification de la répartition des compétences dans les collectivités locales ». L’objectif visé est de mettre en place une architecture administrative simplifiée, une planification cohérente des compétences entre les collectivités locales et l’Etat, la modernisation de l’administration territoriale avec notamment la réforme de fond en comble des finances locales.

Les Maires, les Présidents de communautés rurales et les présidents de Conseils régionaux ont toujours demandé que l’Etat leur affecte un personnel administratif de qualité. Cette préoccupation sera prise en compte par l’Acte 3 qui milite pour la promotion de ressources humaines de qualité.

Durant cette première phase, les limites territoriales actuelles des collectivités locales et des régions seront maintenues, de même que le transfert des neuf (9) domaines de compétence dévolus par l’Etat aux entités locales et le financement du développement local.

Dans son intervention didactique, Macky Sall parlait également du maintien des organisations consultatives de la décentralisation mais aussi de la mise en place d’un Code général des collectivités locales et territoriales.

Interprétant l’Acte 3 de la décentralisation à la lumière de l’actualité des élections locales du 29 juin prochain, le président Sall précisait : « Les élections locales de 2014 porteront sur les conseillers municipaux, les conseillers départementaux et les conseillers régionaux. La seule nouveauté consiste en l'élection de conseillers départementaux et la suppression de conseillers ruraux ».

« C'est là où nous pourrons parler de régions, comme le Sénégal oriental ou la Casamance qui peut regrouper trois régions, selon le choix et l'acceptation des populations et des collectivités locales. Elle se décline ainsi en une intégration volontaire des régions au niveau d'ensembles ou bassins territoriaux, nouveaux domaines de compétences transférés, création de nouveaux organes consultatifs entre collectivités locales, entre autres », expliquait Macky Sall devant un parterre d’acteurs à la base de la décentralisation réunis à l’hôtel King Fahd de Dakar.

La deuxième phase de l’Acte 3 de la décentralisation doit naturellement parachever la première et verra émerger de nouveaux pôles territoriaux intégrant des régions et des départements. Cela rappelle la configuration territoriale de l’immédiat après indépendance mise en œuvre sous Senghor.

La décentralisation opérée en 1960 tenait compte, tant bien que mal, des zones écologiques : C’est ainsi qu’on parlait à l’époque de la région du Fleuve (Saint-Louis, Dagana, Podor, Matam), du Sénégal Oriental (Tambacounda, Kédougou), de la Casamance (Kolda et Casamance), du Sine Saloum (Kaolack-Fatick), etc…

L’acte précurseur de libertés locales plus affirmées remonte à 1972 avec la création des communautés rurales. Une ouverture plus poussée a été ensuite initiée avec une autre politique de décentralisation en 1996, sous Abdou Diouf, « dans le souci d’accroître la proximité de l’Etat et la culture de la responsabilité des collectivités locales ».

Avec l’Acte 3 de la décentralisation, Macky Sall fait la fusion des plans de développement en pôles régionaux élaborés par Cheikh Anta Diop avec une perspective continentale et Senghor avec une application nationale.
Macky Sall veut en effet mettre en place six ou sept territoires de développement avec :
*La Casamance (Ziguinchor, Sédhiou et Kolda) pour l’économie rurale, industrielle et touristique, l’élevage, le tourisme balnéaire, l’écotourisme, la production et la transformation agricole
*Diourbel-Louga pour ses ressources agro-pastorales
*Fleuve (Saint-Louis et Matam) avec son potentiel hydrologique et hydro-électrique, pour la riziculture, le maraichage, l’industrie agro-alimentaire, l’écotourisme, la pêche artisanale, l’exploitation minière
*Sine Saloum (Kaolack, Fatick, Kaffrine) pour ses potentialités agricoles (bassin arachidier), touristiques et halieutiques
*Sénégal Oriental pour une agriculture diversifiée et le développement du tourisme paysager (Parc de Niokolo Koba), ses potentialités minières (or, uranium)
*Dakar-Thiès avec la plateforme technique et industrielle de Diamniadio, ses potentiels industriels (industries chimiques, industries artisanales du cuir, du textile), les entreprises de services, le maraîchage dans les Niayes, la pêche industrielle et artisanale, le tourisme d’affaires.

L’Acte 3 de la décentralisation tient donc fondamentalement compte des ressources propres à chaque région naturelle du Sénégal.

Senewebnews

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