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JOURNEE MONDIALE DE L’ENVIRONNEMENT En attendant les changements d’attitude sur les problèmes environnementaux



L’humanité célèbre ce jeudi 5 juin 2014, la Journée mondiale de l’environnement sur le thème : «Elevez votre voix, pas le niveau de la mer». Thématique à la fois pertinente et actuelle, si l’on sait que 2014 est déclarée année internationale des Petits Etats Insulaires en Développement (PEID). En plus de la mer en furie qui a «envahi» Gorée, Rufisque et Bargny, en fin de week-end dernier.

«Elevez votre voix, pas le niveau de la mer». C’est le thème de la Journée mondiale de l’Environnement célébrée ce jeudi. Ce thème est d’autant plus pertinent que l’année 2014 est consacrée aux Petits Etats Insulaires en Développement (PEID), dans le contexte plus large du changement climatique. Il s’agit «de construire un dynamisme à la veille de la troisième Conférence internationale des PEID en septembre et encourager une meilleure compréhension sur l’importance des PEID et l’urgence d’aider à protéger les îles face aux risques et vulnérabilités grandissants, en particulier à la suite du changement climatique». Déjà, pour le lancement de l’année 2014 consacrée aux Petits Etats Insulaires en Développement le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki- Moon, confiait que «La Planète Terre représente l’île que nous partageons, joignons nos forces pour la protéger.»

Le thème de cette année est aussi actuel en ce sens que chez-nous, les populations n’ont pas encore fini d’établir un bilan exhaustif des dégâts causés par la furie de la mer qui a «envahi» Gorée, Rufisque et Bargny en fin de week-end dernier.

A Gorée, les fortes houles en provenance de la façade maritime de l’île ont sérieusement atteint la mosquée qui risque de disparaître si le phénomène persiste. La batterie de l’île qui a été conçue comme brise lame pour amoindrir la force des vagues marines, est complètement affaissée. La place de l’Europe n’a pas été épargnée (avec des affaissements de terrain), tout comme les digues de protection des édifices comme le presbytère et la maison des esclaves. Les eaux ont emporté le mur de clôture de la façade maritime de la maison d’éducation Mariama Ba. S’y ajoute la rupture du câble marin qui alimente l’île en électricité à partir de Dakar. D’où la nécessité de mesure de sauvegarde pour éviter que les prochaines houles n’emportent définitivement certains édifices et sites de ce patrimoine mondial.

La mer élève sa «voix» au niveau des villes du littoral

A Rufisque, plus précisément au quartier Thiawlène, même si le pire a été évité grâce à la digue frontale qui a amoindri la force déferlante des vagues, les eaux ont envahi des concessions occasionnant de nombreux dégâts. Il a fallu une véritable opération de dragage pour évacuer l’eau des maisons en attendant la vidange des fosses septiques qui sont toutes pleines et la clôture du cimetière pour éviter le déferlement de l’eau sur les tombes, comme ce fut le cas à Thiawlène. Non loin de là, Bargny a payé le plus lourd tribut de la furie des vagues qui ont détruit 47 pirogues. Une maison a été rayée de la carte et trois blessés graves ont été admis en soins intensifs. Considérant qu’une embarcation complète avec tout l’équipement nécessaire (moteur, filets, gilets...), peut coûter plus d’une dizaine de millions de nos francs et qu’elle emploie des dizaines de personnes, il est aisé d’évaluer les pertes causées par le sinistre.

«Développement durable» et «Economie verte» encore à l’Etat de slogans

D’autres localités du littoral ont déjà connu le même sort. A titre d’exemple, en janvier dernier, plusieurs quartiers de la ville de Saint-Louis situés à proximité du littoral ont été envahis par les eaux, endommageant des maisons et des pirogues. Aussi à Saly-Portudal, le tourisme balnéaire est menacé par l’érosion côtière. La liste est loin d’être exhaustive.

Les menaces environnementales liées notamment aux changements climatiques, c’est aussi la dégradation des sols qui concerne 37 à 65% des terres au Sénégal, c’est selon, et la salinisation qui impacte sur l’agriculture, la déforestation, la désertification, les feux de brousse, les inondations dont soufrent presque toutes les grandes villes du pays en période d’hivernage, etc. Alors que la question de l’atténuation et de l’adaptation aux changements climatiques est sur toutes les lèvres, notamment celles des autorités étatiques, pour amoindrir les risques et renforcer les capacités de résilience des populations, des projets à incidences réelles néfastes sur le vécu de ces administrés foisonnent et sont exécutés sans aucune étude d’impact environnemental. Des fois, les résultats de cette étude, si étude il y a, ne tombent qu’à la fin des travaux et leurs contenus sont souvent méconnus du grand public.
Les fameux concepts de «Développement durable», «Economie verte»… commandant des actes respectueux de la planète, restent, chez-nous, des slogans qui peuvent être entonnés dans des salles de conférences, lors d’ateliers et autres séminaires ou rencontres se rapportant à l’environnement. C’est tout. Mais dans la pratique, allez-savoir. Donc plus que de l’événementiel et des «bonnes paroles» et slogans, il faut des actes pour stimuler l’investissement humain en faveur de l’environnement à l’échelle nationale.

Les promesses de RIO + 20 à l’eau ?

Or, la Journée mondiale de l’environnement (JME), largement célébrée dans plus de 100 pays, est le principal moyen par lequel les Nations Unies encouragent une prise de conscience et une action d’envergure mondiale pour l’environnement. D’ailleurs, instituée en 1972 lors de la conférence de Stockholm des Nations Unies sur l’Environnement humain, elle vise à sensibiliser aux problèmes environnementaux. Elle a lieu tous les 5 juin et met en avant un enjeu spécifique important différent chaque année concernant l’environnement.

Son objectif est de «Donner un visage humain aux problèmes environnementaux», «Amener les peuples à devenir les agents actifs du développement durable et équitable», «Promouvoir la compréhension du fait que les communautés sont incontournables dans les changements d’attitudes en ce qui concerne les problèmes environnementaux», «Défendre le partenariat qui assurera à toutes les nations et les peuples d’apprécier un futur plus sûr et plus prospère».

Mieux, le Programme des Nations Unies pour l’Environnement (PNUE) qui l’a promulguée a établi une liste de points noirs sur lesquels un effort important doit être entrepris de toute urgence. Il s’agit de la «lutte contre la destruction de la couche d’ozone», «lutte contre la déforestation», «préservation de la qualité des réserves d’eau», et la «lutte contre la désertification et la sécheresse». Seulement, après plusieurs années de célébration de la journée, le constat du PNUE est sévère car, peu de ces objectifs ont été atteints et le cri d’alarme lancé à l’occasion de la Conférence RIO + 20 paraît désespéré.


Ibrahima DIALLO
Sud Quotidien

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Développement durable


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