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Formation et insertion des filles à Diourbel, Fatick et Kaolack : Le Proforfem à l’avant-garde de la lutte contre l’exode rural



Le projet belgo-sénégalais d’appui à la formation professionnelle (Proforfem) d’une valeur de 2 millions d’euros sur 3 ans, a déjà produit des fruits dans les centres d’enseignement féminin. De Bambey à Kaffrine, en passant par Diourbel, Mbacké, Gossas, Nioro, les filles reçoivent la formation dans divers domaines de la vie active en confection, en restauration, santé de la reproduction, en artisanat, entre autres.

Dans les centres d’enseignement technique féminin des régions de Diourbel, de Fatick et Kaolack, plus précisément de Bambey à Kaffrine, en passant par Mbacké, Gossas et Nioro, les filles ne se tournent pas les pouces.

L’arrivée de Proforfem a permis d’insuffler une nouvelle dynamique à ces centres, à travers l’introduction de nouvelles filières mais aussi en inscrivant dans son schéma, l’accompagnement des sortantes pour leur insertion.

A notre arrivée au centre de Bambey, 4 filles rassemblent, à l’aide des machines à coudre, des pièces d’étoffe coupées par 3 autres filles, sous la supervision de la chargée de l’encadrement, Ndèye Codou Guèye. Ces filles sont à la phase terminale de leur formation qui leur ouvre des perspectives d’emploi. En effet, le Proforfem a déjà concocté un plan pour leur insertion dans le tissu socioprofessionnel. « Après ces 3 années d’études, elles seront regroupées en Gie et accompagnées dans leur insertion », a déclaré Ndèye Codou Guèye.

Sous un autre hangar, leurs œuvres sont suspendues. Ce sont des habits brodés ou perlés, aux motifs variés. Elles illustrent la qualité de la formation dispensée dans ce centre depuis l’arrivée du Proforfem. Un projet qui, outre l’accompagnement dans l’insertion des formés, met également l’accent sur la formation des formateurs dans le paquet de services. « Le volet insertion qui se pose avec acuité, occupe une place centrale dans ce projet », ont souligné la responsable de Forprofem, Mme Fatou Thiaré Kane Diallo et la directrice du Centre, Mme Aïssatou Diarra.

Dans les trois salles de classes du centre, les nouvelles recrues s’initient à la santé de la reproduction, aux techniques de couture, en restauration hôtelière, en technique de collectivité. Elles viennent pour la plupart des établissements scolaires publics. Le centre offre une nouvelle chance à ces nombreuses filles qui n’ont pas pu terminer leur cycle secondaire ou primaire. « Le centre offre une alternative aux filles qui ont échoué à l’école. Elles reçoivent ainsi une formation qui leur ouvre les portes de l’emploi ou qui fait d’elles des actrices du développement », ont indiqué le premier vice-président de la chambre de métiers de Diourbel, Alioune Sow et l’inspecteur départemental de Bambey, Seydou Bèye.

L’engouement

Cette nouvelle perspective a entraîné un engouement. Les filles sont de plus en plus attirées par les formations qui se déroulent dans les centres. Tel est le cas au centre de Mbacké qui grouille de monde. En fait, elles sont plusieurs dizaines à s’inscrire dans ce centre pour chercher les pré-requis de l’insertion. Créé dans les années 1980, le centre est aujourd’hui confronté à l’exiguïté de son espace. « Notre problème, c’est l’étroitesse des lieux. S’y ajoute celui de l’insertion. Nous avons un taux d’insertion qui tourne autour de 12 % à 15 %. Avec Proforfem, nous sommes sûres que cela va évoluer », a laissé entendre la directrice du centre, Maguette Ndiaye. Dans les couloirs et recoins, les formateurs accomplissent avec entrain leur mission. A l’atelier de restauration, les gâteaux et jus sont prêts pour la consommation.

Les innovations

Depuis 1980, le centre a mis sur le marché plusieurs promotions. Mais de tout temps, l’insertion s’est posée avec acuité. Raison pour laquelle, les sortantes attendent beaucoup de ce projet belgo-sénégalais. Le projet a déjà permis l’insertion de plus 500 élèves dans des postes de stages. Les centres d’enseignent technique qui attirent de plus en plus de filles, s’inscrivent dans une dynamique d’innovation basée sur l’alternance théorie-pratique. A Diourbel, les filles sont initiées aux techniques de fronces, l’enseignement des mathématiques, mais surtout l’accent est mis sur la pratique. En réalité, les 8 salles du centre vivent à l’heure des enseignements pratiques et théoriques. « Il y a aujourd’hui un nouveau engouement pour le centre à cause des possibilités d’accompagnement à l’insertion grâce au projet Forprofem », a renseigné la directrice du Cretf de Diourbel, Kane Bineta Mbaye. On y dénombre 178 filles.

Mais l’innovation majeure est l’enseignement de la santé de reproduction. La nouvelle filière, introduite grâce au projet belgo-sénégalais, intéresse de plus en plus de jeunes filles à Gossas, Nioro et Kaffrine. « Nous avons un effectif plus intéressant. La filière santé de la reproduction attire particulièrement les filles et garçons », a avancé le directeur du Cetf de Gossas qui compte 96 élèves. Quant à la responsable du centre, Mme Kane Diallo Fatou Thiaré, elle a souhaité le maintien d’un tel dynamisme à la fin du projet. « Notre souhait, c’est le maintien des acquis après la fin du projet », a-t-elle dit.

Lutte contre l’exode rural

L’acquis principal du projet Forprofem est sans nul doute la lutte contre l’exode rural des filles. En effet, à Foundiougne comme à Fatick, zone pourvoyeuse de main d’œuvre des travailleurs domestiques ou « bonnes », les perspectives de financement retiennent de plus en plus les filles dans leur terroir.

A en croire le responsable financier du projet, Ahmadou Bécaye Diop, une enveloppe de 150 millions est dégagée pour la création d’ateliers de transit où l’on prépare les sortantes à affronter les réalités du terrain.

Le Soleil

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