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FORUM SUR L’ENTREPRENARIAT RURAL DES ENTREPRENEURS INVITENT LES JEUNES A UN RETOUR A LA TERRE



La jeunesse sénégalaise est invitée à un retour à la terre afin de valoriser l’agriculture dans le but d’atteindre l’autosuffisance alimentaire. Cette invitation est faite hier mardi 13 avril à Dakar à l’occasion du forum sur l’entreprenariat rural organisé par les projets «Feed the future» de l’Usaid, Yaajeende, Era et Naatal Mbay. Tenu sur le thème «Entreprenariat rural : tout part de l’agriculture pour l’atteinte de la sécurité alimentaire», ce forum a permis de révéler des modèles de réussite dans le domaine de l’entreprenariat rural.

Pour atteindre l’autosuffisance alimentaire, le Sénégal devra miser sur son agriculture. Sous ce rapport, il sera besoin d’un capital humain et d’une volonté pour réussir le pari. Des entrepreneurs ruraux qui ont réussi dans leur domaine ont partagé hier mardi 13 avril au Centre international du commerce extérieur du Sénégal (CICES) leurs expériences avec les étudiants des écoles nationales de formation en agriculture

. A travers ce forum organisé par les projets «Feed the future» de l’USAID, en l’occurrence Yaajeende, ERA et Naatal Mbay, sur le thème «Entreprenariat rural : tout part de l’agriculture pour l’atteinte de la sécurité alimentaire», six entrepreneurs considérés comme des modèles de réussite ont partagé leurs expériences avec plusieurs étudiants des écoles nationales de formation en agriculture. Tout en essayant de faire comprendre aux jeunes étudiants de l’ESEA, de l’ENSA et de l’UCAD les clés de la réussite par l’auto-emploi à partir de l’agriculture, les six modèles de réussite ont surtout interagi avec ceux-ci en les invitant à retourner à la terre et à oser pour contribuer au développement national.

Des modèles de réussite entrepreneuriale

Anna Gaye, âgée de 41 ans, et chargée de programme est considérée comme «une icône de l’entreprenariat rural». Formée à l’ENEA en Gestion des projets, elle a très tôt compris qu’elle devait aider les femmes de son terroir. Sa licence en poche, elle avait compris que la recherche effrénée de diplôme risquait de freiner sa progression car, elle devait faire quelque chose.

Retournée au terroir, en Casamance, pour se battre aux côtés des femmes du Fouladou où elle est née, Anna Gaye est animatrice à ses débuts, avec beaucoup de difficultés. Mais ceci l’a simplement fortifiée. Son expérience lui a permis de s’investir dans le domaine de la riziculture pluviale qui est selon elle un secteur très porteur, surtout avec la production de semences, avec les variétés à cycles courts comme le NERICA qui permet aux femmes de se faire de l’argent. «Nous avons constaté dans cette un retour à l’agriculture parce que nous cultivons le maïs, le riz et l’arachide. Au final, nous cultivons le riz que nous consommons», a-t-elle témoigné tout en conseillant aux jeunes de s’armer de patience.

Baba Diallo, quant à lui, originaire de Thiagar dans le département de Dagana, est gestionnaire de formation. Le BTS Comptabilité en main, il a décidé de retourner prendre en main l’entreprise familiale qui a financé ses études. «Il faut oser. Quand on ose, on peut bien réussir», a-t-il conseillé aux jeunes étudiants. Aujourd’hui, l’entreprise familiale «Naxadi Deret» vend 5000 tonnes de riz blanc par an, 500 tonnes de semences et 10 000 tonnes de paddy en 2014 et 2015.

Mamadou Diouf, vétérinaire de 32 ans originaire de Fatick, s’est installé à Kédougou avec l’appui de l’USAID Yaajeende. Ultérieurement gérant de pharmacie vétérinaire, le projet l’a renforcé en capacité entrepreneuriale et l’a mis en relation avec les acteurs de l’élevage. Cette initiative lui a permis de réaliser des chiffres d’affaires probants.
Dieynaba Badiane, 26 ans, est originaire de Bignona. Elle a démarré avec 10 000 FCFA en vendant des jus de fruits à ses enseignants et à ses camarades de classe, étant élève. Aujourd’hui, avec une formation en entreprenariat et en leadership, elle arrive à se tirer d’affaires dans la transformation des fruits et des légumes, mais aussi dans la culture des champignons. Elle est lauréate du prix «Great entrepreneur» organisé par la Grande Bretagne au Sénégal.

Astou Mbacké Gaye est un autre cas de réussite. Veuve de l’ancien khalife général des Mourides, Mouhamadou Lamine Bara Mbacké, anciennement restauratrice, a mis en place le Gie Touba Darou Salam qui gagne aujourd’hui des marchés dans la transformation des céréales locales.

Le projet est allé à Matam dénicher Absatou Ka à Sylla Diogto. Agée de 40 ans, cette femme engagée est «un modèle d’entrepreneuriat social», Mme Ka a bénéficié de renforcement de capacités sur les techniques agricoles et nutritionnelles, mais aussi en capacité entrepreneurial. Elle vend aujourd’hui 300 kilogrammes de farine enrichie par an, de la viande séchée, du «thiakry», des pierres à lécher pour les animaux et des aliments pour la volaille. Ils ont répondu à plusieurs questions des participants pour les éclairer sur les différents points de leur carrière. Le projet Feed the future est une initiative américaine contre la faim et pour la sécurité alimentaire dans le monde.

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