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FATOU SOW SARR SUR LA PARITÉ ET LA QUESTION GENRE : « Un concept politique sans dignité scientifique »



Le concept de parité ne signifie pas qu’hommes et femmes doivent être au même pied. « Nous voulons juste des femmes capables d’exercer et de prendre des décisions », déclare la sociologue Fatou Sow Sarr lors d’une rencontre à Dakar.

Le Laboratoire Genre et Recherche scientifique de l’Institut fondamental d’Afrique noire (Ifan) a organisé jeudi dernier, dans les locaux du musée Théodore Monod, une journée de réflexion et de partage sur la parité et la question Genre au Sénégal. La rencontre a permis aux intervenants, juristes et sociologues de discuter de la pertinence du concept de parité et de voir l’état d’avancement par rapport aux objectifs d’égalité Genre au Sénégal. Selon la directrice du Laboratoire Genre, Fatou Sow Sarr, la rencontre permet d’éclairer la lanterne sur le concept parité qui ne cesse de susciter des réactions. « Le concept de la parité pose souvent des problèmes car on assiste à un abus dans l’usage de concept. La parité est évoquée chez nombre de gens comme une égalité absolue en nombre de femmes et d’hommes. Pour éviter une telle confusion, il fallait travailler et échanger avec des étudiants et des sociologues sur le concept pour y voir clair », indique t-elle.

A l’en croire, en développant ce concept, il faut comprendre que les femmes ne cherchent pas à être au même pied d’égalité que les hommes et exiger un nombre exact d’hommes et de femmes dans les instances de décision. Mais de mettre les femmes, de manière mécanique, dans les instances de décision, sans trop se focaliser sur le nombre. « Nous voulons juste des femmes capables d’exercer et de prendre des décisions pour pouvoir participer au développement social », argue Mme Sarr, qui soutient en prenant l’exemple du Sénat que : « ça ne vaut pas la peine d’avoir des femmes en grand nombre dans les instances de décision et que leur représentation ne se fasse pas ressentir ».

A son avis, la parité est un concept politique mais sans dignité scientifique. « Si le concept de parité est juste au niveau politique pour l’avènement d’un projet de société égalitaire entre hommes et femmes, il n’en demeure pas moins que la parité, au nom de l’identité, pose problème. Un échantillon n’a de valeur scientifique que s’il est représentatif de la population à l’étude : si les femmes font 52 % de la population, une représentativité scientifique voudrait qu’elles soient 52 % à l’Assemblée nationale et tel n’est pas le cas pour le Sénégal ». Se basant sur cette théorie, elle a avancé que la parité n’a pas de pertinence scientifique mais est plutôt un concept politique, car mobilisateur.

Le sociologue Cheikh Tidiane Bâ soutient que la parité est devenue un enjeu politique, car ce concept a conduit dans de nombreux pays à repenser le fonctionnement de la démocratie. Toutefois, Fatou Sow Sarr reconnaît qu’au Sénégal et en France, il y a eu tromperie sur la marchandise, car confie-t-elle, Me Abdoulaye Wade, en utilisant le concept parité pour les listes législatives, ne garantissait aux femmes que 30 places sur 150 : soit 20 %.

« Le quota de 30 % devant garantir une représentativité des femmes n’a pas été respecté », dit-elle.

Le Soleil

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Commentaires articles

1.Posté par FALL le 04/01/2011 23:12
JE PENSE QUE FATOU SOW SARR A BEL ET BIEN RAISON

2.Posté par kande le 10/03/2011 18:28
j pense k c sont les entendements ki different.mé mme sarr a ete claire sur ses propos

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