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Développement à la base : Les petits gestes à grand effet de l'Ong Awomi



Identifier des jeunes et des femmes actifs pour le développement à la base, leur apporter un modeste soutien financier gratuit, c'est-à-dire sans remboursement, pour les encourager à persévérer dans leur quête d'épanouissement et de bien être. La tâche n'est pas aisée. Mais Awomi, une Ong qui œuvre pour le développement des couches défavorisées, a réussi ce défi. Et ce sont les groupements de femmes et de jeunes qui l'ont, eux-mêmes, déclaré publiquement à Richard-Toll, commune située à environ 70 km de Saint-Louis. C'était au cours de la cérémonie d'ouverture du séminaire de formation et de conscientisation sur les questions du genre, de politique macroéconomique, de décentralisation et de gouvernance locale ainsi que leurs incidences sur le développement local, tenu du 02 au 06 janvier dans ladite commune. ‘Nous tenons d'abord à préciser qu'Awomi nous a trouvé sur le champ du travail. Nous faisons de la transformation des fruits et légumes. Nous fabriquons du savon. Nous faisons de la teinture et de l'initiation des jeunes en coiffure, etc. En 2008, Awomi est entrée en contact avec nous. Nous avons cheminé ensemble. Un an plus tard, cette Ong nous a apporté un appui financier, un petit fonds pour nous accompagner dans ce que faisons’, témoigne Aminata Boris Diémé, présidente de l'Union régionale des coopératives de la région Ziguinchor, en Casamance, dans le Sud du Sénégal, sans toutefois préciser le montant de cette aide.

Interpellée sur les incidences de ce soutien financier sur leurs activités, cette femme chef d'entreprise et dirigeant une organisation forte de 30 groupements comptant 1 860 membres n'y a trouvé que du positif. ‘Cet appui financier et les séances de conscientisation nous ont permis d'avoir des revenus supplémentaires. Nous n'avions rien au départ, mais aujourd'hui nous avons nos petits équipements et beaucoup d'entre nous sont devenues des conseillères dans les Conseils ruraux où nous avons notre mot à dire dans les prises de décisions concernant la vie de notre localité’, a-t-elle affirmé avec beaucoup de fierté.

C'est le même sentiment de satisfaction qui anime Fatoumata Bineta Mbengue. Présidente de l'Union pour le développement de la femme rurale (750 membres) de la commune de Sibassor, dans la région de Kaolack, elle a emprunté la même direction. ‘Grâce au soutien financier qui est un don, nous avons transformé des céréales en Thiéré, Araw, Thiakry (couscous et dérivés, Ndlr)’, confirme-t-elle.

Les complétant, la présidente du Groupement d'intérêt économique (Gie) Rewbe Dariibe (‘Femmes debout’, Ndlr) de la commune de Ranérou Ferlo, dans la région de Matam, est du même avis. ‘Nous avons augmenté sensiblement les produits que nous exposons dans les foires puisque nous sommes passés de 100 à 200 litres de lait’, s'est réjouie Aïssata Babou. ‘Si aujourd'hui beaucoup de femmes parmi nous sont des conseillères municipales ou rurales, elles le doivent à Awomi qui a éveillé nos consciences sur la gestion, sur nos droits et nos devoirs’, ajoute-t-elle.

Du côté des jeunes hommes, c'est le même sentiment de satisfaction. La présidente de Awomi de revenir sur le mode opératoire de son Ong. ‘Nous avons identifié des groupements de femmes qui travaillaient déjà. Ce que nous leur apportons, ce n'est pas un prêt. C'est un appui. C'est à elles de décider ce qu'elles en font et comment elles vont le partager’, précise Mme Yassine Fall. Avant d'expliquer les raisons de son geste désintéressé : ‘Nous voulons ainsi faire en sorte que les femmes productrices comprennent le rôle de leurs productions dans l'économie nationale, de leurs activités et leur signification dans l'économie du pays’. Aussi Mme Fall, économiste, invite-t-elle les gouvernants à les impliquer dans l'élaboration des politiques économiques du Sénégal. ‘Ce sont des femmes qui méritent d'être invitées dans l'élaboration des politiques économiques du pays parce qu'elles ont leur mot à dire. Elles sont dans tous les secteurs de l'économie. Elles peuvent conseiller les gouvernants dans la prise de décisions économiques qui les concernent. Elles peuvent contribuer à une meilleure formulation des politiques économiques’, soutient-elle.

Ndakhté M. GAYE
Wal Fadjri

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Ong Awomi


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