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Deuxième université de Dakar : La Banque mondiale finance les études de faisabilité



En accordant un crédit de 48 milliards au Sénégal pour financer les études de faisabilité d’une deuxième université à Dakar et la construction d’Instituts supérieurs d’études professionnelles (Isep), la Banque mondiale, jusque-là réfractaire à financer l’enseignement supérieur, opère un virage à 180° dans sa politique.

Le Conseil d’administration de la Banque mondiale a approuvé, hier, un crédit de 101,3 millions de dollars (environ 48 milliards de francs Cfa) pour contribuer à améliorer l'efficacité et la qualité de l’enseignement supérieur ainsi que la supervision des Etablissements d'enseignement supérieur (Ees) et leur obligation de rendre compte, apprend-on dans un communiqué de l’institution de Breton Woods basée à Washington. Pourtant, depuis la fin du Projet d’appui à l’enseignement (Paes), à la fin des années 90, la Banque mondiale s’était détournée du financement de l’enseignement supérieur, considérant cela comme un luxe pour les pays africains. Durant ces dernières années, elle a surtout financé l’enseignement élémentaire. C’est donc, un virage à 180° qu’elle vient opérer.

Pour autant, fidèle à sa philosophie libérale, la Banque mondiale assujettit à certaines conditionnalités ce projet dénommé : ‘Projet de gouvernance et de financement de l’enseignement supérieur axés sur les résultats’ dont la durée est prévue pour cinq ans. D’après son communiqué, ‘un mécanisme financier a été mis en place pour faire en sorte que chaque université qui signe un contrat, soit dotée de ressources financières adéquates et devra se soumettre à une évaluation indépendante qui mesure les résultats obtenus au titre de ces contrats de performance’. D’après la même source, ‘le crédit appuiera aussi le Sénégal pour diversifier son système d’enseignement supérieur, l’offre d'enseignement supérieur de courte durée avec la création d’Instituts supérieurs d’études professionnelles (Isep), dont le premier sera installé à Thiès (70 km de Dakar) qui fournira des formations supérieurs courtes dans des secteurs porteurs d’emplois en relation avec les objectifs de développement économique du pays ainsi que la mise en place d’un réseau de technologies de communication de l'information’.

Obligation de rendre compte

Le projet servira aussi à financer les coûts liés aux études de faisabilité pour une deuxième université à Dakar dont la construction pourrait être, en partie, financée par la Banque mondiale, si les études démontrent sa pertinence. Une provision de ressources a été faite dans ce sens, peut-on dans le communiqué de l’institution de Breton Woods. La réhabilitation et l'expansion des établissements d'enseignement supérieur du Sénégal est également un élément clé du projet dans un pays où la plus grande université, l'Université Cheikh Anta Diop de Dakar (Ucad), a actuellement plus de 60 000 étudiants, à temps plein, inscrits dans des établissements qui peuvent accueillir un maximum 30 000 étudiants. Les amphithéâtres de l'Ucad seront réhabilités et équipés alors que les universités de Bambey, Thiès, Saint-Louis et Ziguinchor bénéficieront de nouvelles infrastructures comme les amphithéâtres, les salles de cours et de professeurs qui devront améliorer l’environnement des études.

Atou Seck, responsable de l’équipe Education de la Banque mondiale au Sénégal cité par le communiqué a déclaré que ‘le Sénégal va utiliser le crédit pour la mise en œuvre des instances supérieures de gouvernance de l’enseignement supérieur dont une Direction générale de l'enseignement supérieur, l’Autorité nationale d’assurance qualité et les conseils d'administration des universités’. Il a également indiqué que durant les cinq années que va durer le projet, la Banque appuiera également le gouvernement du Sénégal ‘pour mener des études spécifiques pour générer davantage de connaissances sur le système, y compris une évaluation de l'efficacité dans la prestation des Centres œuvres universitaires de Dakar (Coud) et de Saint-Louis (Crous) à fournir un service de qualité aux étudiants, des enquêtes et des évaluations de satisfaction des étudiants, la mise en œuvre du système Lmd (Licence-Master-Doctorat)’.

Selon Atou Seck, cité dans le même texte, le ‘Projet de gouvernance et de financement de l’enseignement supérieur axé sur les résultats’ va appuyer ‘les investissements et les réformes de politiques qui vont améliorer la capacité du gouvernement à rehausser le niveau de gestion du système d’enseignement supérieur.’ Il a ajouté que le projet va également appuyer le Sénégal ‘à introduire de nouveaux mécanismes pour renforcer la transparence financière, l’efficacité du système en réduisant le temps moyen pour obtenir un diplôme universitaire, tout en améliorant les conditions d’apprentissage dans les établissements d’enseignement supérieur’. M. Seck a souligné, d’après le même document, ‘qu’avec ce projet, le Sénégal va créer des incitations pour une meilleure efficacité et efficience des établissements d'enseignement supérieur dans l'utilisation des ressources publiques grâce à des contrats de performance signés entre le gouvernement et chaque université individuellement pour améliorer la responsabilisation et l'efficacité dans la gestion des ressources’.

Mamadou SARR
Wal Fadjri

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