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DECENTRALISATION, Un destin « retardé » ?

Tout était fin prêt pour avril 2000. A cette date, le Sénégal devait parachever la régionalisation pour entrer de plain-pied dans l’ère de la « vraie décentralisation ».



Concoctée par un groupe de socialiste et quelques conseillers de la Primature, l’opération devait déboucher sur une clarification des textes de loi de la Décentralisation, une nouvelle fiscalité locale, un statut de l’élu local et une deuxième génération de transfert de compétence après l’Urbanisme, l’Habitat, la Santé, l’Education, la Culture. Ce « grand projet » était au cœur du programme et des priorités que l’ancien président de la République, Abdou Diouf, avait présenté aux électeurs à la veille de l’élection présidentielle du 27 février 2000. Mis en ballottage au premier tour par Me Abdoulaye Wade, Abdou Diouf a appelé les Sénégalais à un pacte national autour de ce « grand projet de Décentralisation », la recette-miracle qui devait sauver le Sénégal. La poursuite et l’élargissement de la Décentralisation ont été les seuls points du programme du candidat Abdou Diouf à avoir survécu au premier tour de l’élection présidentielle.

L’alternance du 19 mars, le changement d’équipe à la tête de l’Etat et l’arrivée du candidat de la Coalition alternance 2000 au pouvoir ont tout chamboulé. Un « grand projet » du président Diouf venait d’être enterré par son rival. La revanche du vainqueur qui a toujours considéré l’administration locale et territoriale comme une alliée de taille de l’ancien pouvoir, un recours incontournable de l’ancien président Abdou Diouf lorsqu’il était en difficulté.

Deux ans après, les collectivités locales nagent dans les eaux troubles de la politique. Rancunes tenaces et revanches. La dissolution des 433 collectivités locales, la destitution des 103 maires, 10 présidents de conseil régional et 320 présidents de communauté rurale et leur remplacement par des Délégations spéciales ont été le point culminant. Me Wade prend sa revanche, en commençant par s’attaquer aux symboles.

Abdou Diouf-Abdoulaye Wade ? Deux chefs d’Etat, deux styles, deux perceptions différentes de l’Etat jacobin et de la Décentralisation qui se mesurent à l’aune des jalons qui se superposent et se chevauchent. Pur produit de l’administration, formé à l’Ecole nationale de France d’outre-mer (Enfom), Abdou Diouf était, à ses débuts, peu sensibles aux discours opératoires sur la Décentralisation.

Mais poussé par ses camarades de Parti, comme Mamadou Diop, Thierno Birahim Ndao qui disposent d’expertises avérées en matière de Décentralisation, il a peu à peu lâché du lest et s’est mis à l’air du temps. Au fil des années, il s’est même découvert une véritable sensibilité pour la Décentralisation. Prêt à tout lâcher et fidèle aux idéaux des adversaires de l’Etat providence.

Sud Quotidien

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Ministère de l'Aménagement du territoire et des Collectivités locales.


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