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CONSÉQUENCES DE LA CRISE ÉCONOMIQUE ET FINANCIÈRE : Le Sénégal a connu un ralentissement des investissements structurels en 2009



Les effets de la crise économique et financière se sont traduits en 2009 par un rétrécissement de la demande notamment des matières premières en provenance des pays africains et un ralentissement des investissements structurels (hausse de 4,1% des immobilisations nettes en 2009 contre 18,1 % en 2008).

Selon la dernière « Banque de données économiques et financières (Bdef) - définitive 2008 et provisoire 2009 », publiée le vendredi dernier par l’Ansd, la situation économique du Sénégal est restée morose en 2009 du fait de la crise économique et financière qui a plongé l’économie mondiale dans la récession. Le taux de croissance économique s’est, ainsi établi à 2,2 % en 2009 après 3,2 % en 2008. La Bdef indique également que les effets de cette crise ont été ressentis à travers la contraction de l’investissement privé, la diminution des entrées touristiques, mais également la baisse des envois de fonds des émigrés sénégalais. « Même si les entreprises du secteur moderne sénégalais ne semblaient pas être directement touchées par la crise financière mondiale du second semestre 2008, les effets se sont traduits en 2009 par un rétrécissement de la demande, notamment des matières premières en provenance des pays africains et un ralentissement des investissements structurels (hausse de 4,1 % des immobilisations nettes en 2009 contre 18,1 % en 2008) », relève-t-on dans cette Bdef.

Ainsi, souligne les économistes de l’Ansd, la production des entreprises a baissé de 4,4 % et l’autonomie financière s’est dégradée avec la hausse du poids des dettes financières et un abaissement de leur capacité de remboursement. Toutefois, assure-t-on, la rentabilité globale des facteurs s’est légèrement améliorée du fait d’une hausse combinée de la productivité apparente du travail et de celle du capital. Cette rentabilité globale des facteurs s’est ainsi accrue de 1,1 % en 2009 pour s’établir à 24,3 % contre 24,1 % en 2008, assure-t-on. Cette évolution, explique-t-on, résulte de la hausse dans les Btp et les services.

52,1% de création de richesse par les services

La banque de données souligne également que la valeur ajoutée des entreprises du secteur moderne a poursuivi sa tendance haussière avec un taux de croissance de 5,6% en 2009. Cette évolution est imputable essentiellement aux Btp et aux industries dont les valeurs ajoutées ont progressé respectivement de 20,7 % et 13,4 %. Le taux de valeur ajoutée s’est également accru de 10,5 % en 2009 pour s’établir à 25,7 % du fait d’une progression de 24,8 % des industries et de 12,0 % des BTP.

Les services restent le secteur prédominant dans la création de la valeur ajoutée avec une contribution de 52,1 % à la création de richesses en 2009. Et une grande part de cette richesse est affectée aux charges salariales qui ont représenté 56,0 % de la valeur ajoutée de l’ensemble des secteurs en 2009. Le poids des dettes financières a aussi augmenté de 5,9 % en 2009 pour s’établir à 24,9 % contre 23,5 % en 2008. Cela s’est traduit par une dégradation de la capacité de remboursement des entreprises, qui s’est établie à 27,9 % en 2009 contre 31,3 % en 2008, indique l’Ansd. Quant au poids des dettes financières, il s’est établi en moyenne à 21,7 % sur la période 2003-2009 pour l’ensemble des secteurs. Au niveau des secteurs, le poids des dettes financières est ressorti en 2009 à 32,6 % pour les industries, 14,8 % pour les Btp, 9,4 % pour le commerce et 24,4 % pour les services respectivement. S’agissant de l’autonomie financière, elle s’est dégradée en 2009 (-4,3 %) pour l’ensemble des secteurs, poursuivant son trend baissier entamé depuis 2003. Cependant, précise l’Ansd, le ratio de fonds de roulement s’est stabilisé à 0,9 en 2008 et 2009, après les baisses enregistrées entre 2003 et 2007 (de 1,1 à 0,9).

Le ratio de solvabilité s’est, quant à lui, établi à 23,4% en 2009, après la baisse enregistrée entre 2003 et 2006 et la stabilité notée entre 2007 et 2008. Toutefois, souligne-t-on, l’évolution dans les secteurs reste contrastée. En effet, un accroissement a été noté dans les Btp (31,6 %) et les industries (6,5 %) et une baisse dans le commerce (-10,5 %) et les services (-1,8 %). Le ratio de solvabilité est en moyenne de 25,3 % entre 2003 et 2009 et l’indépendance financière s’est stabilisée à 51,8 % en 2008 et 2009 après la hausse de 2007. S’agissant du ratio d’indépendance financière, il est ressorti à 64,4 % dans les services, largement supérieur au seuil de 50 %.

Mamadou SY
Le Soleil

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Economie-Finances


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