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CASAMANCE : POUR UNE PAIX ET UNE SECURITE ALIMENTAIRE DURABLE, Le Provaec opte pour la valorisation des produits de l’agriculture et de l’élevage

Après plus de deux décennies de conflit armé ayant déstructuré son tissu social et économique, la région naturelle de la Casamance voit apparaître des stratégies de revalorisation de ses ressources. Avec comme ambition de combattre la pauvreté qui y étend son empire. C’est dans ce contexte que le Projet de valorisation des produits de l’agriculture et de l’élevage en Casamance (Provaec) a vu le jour et compte apporter sa pierre à la solidification de la sécurité alimentaire dans la région Sud du pays.



Dans la région naturelle de Casamance, l’immense majorité des populations tirent l’essentiel de leurs revenus sur le travail de la terre. Mais elles peinent à s’autosuffire malgré la disponibilité d’un potentiel agro sylvo pastoral énorme.

Cette situation de précarité sociale quasi ambivalente et permanente s’explique par l’absence des pistes de production et des unités de traitement des produits de crue. Conséquence, des tonnes de fruits et légumes pourrissent à même dans leur zone de production au grand bonheur des animaux en divagation. Il s’y greffe le conflit armé et son corollaire qui a disloqué les foyers et des communautés supposées exploiter les domaines agricoles. Mais à la faveur du silence des armes dans la région, des bonnes volontés se signalent et sollicitent l’accompagnement des acteurs de tous bords afin de donner un souffle nouveau à cette terre. Une terre si généreuse mais qui n’est pas du tout exploitée à la dimension réelle de son offre. C’est donc pour inverser cette fâcheuse tendance que le projet de valorisation des produits de l’agriculture et de l’élevage (Provaec) a été mis sur pieds.

A Sédhiou, l’une de ses trois localités d’intervention après Ziguinchor et Kolda, le lancement officiel de son programme a eu lieu en début mars 2008 en présence de nombreuses autorités administratives et coutumières de la région de même que des acteurs locaux du développement rural.

« Au Sénégal, la sécurité alimentaire demeure une préoccupation et l’autosuffisance alimentaire un objectif qui échappe encore aux différents gouvernements qui se succèdent. En outre, restaurer la paix en Casamance et favoriser l’intégration sous régionale reste une des priorités des pouvoirs politiques du pays. Ainsi dans la zone Sud, il convient donc de créer des activités durables génératrices de revenus visant à valoriser au mieux les ressources abondantes qui y existe notamment dans les filières mangue, lait et l’anacarde », a expliqué Doudou Dramé le Responsable du programme à Ziguinchor. Et d’ajouter : « Les objectifs poursuivis par le Provaec entrent en phase avec le programme national de réduction de la pauvreté consigné dans le document stratégique de réduction de la pauvreté (Dsrp) et qui vise entre autres à assurer l’autosuffisance alimentaire des populations.

Les unités de transformation individuelles ou familiales et les mini laiteries présentes dans la zone Sud, caractérisées par un fort potentiel agro sylvo pastoral et fruitier, ne parviennent pas à absorber toute la production de noix d’acajou, de mangues ou de lait en vue de satisfaire la demande agro alimentaire. Les difficultés d’écoulement des produits fruitiers et laitiers en Casamance sont récurrentes et restent liées de manière générale à des problèmes de logistiques et d’accès dans les zones de production », a laissé entendre M. Dramé.

D’un coût global de 700.000 Euros, ce Provaec est un projet quadriennal qui a effectivement démarré le 1er janvier 2008 et intervient dans la région de Ziguinchor et dans les départements de Kolda et de Sédhiou. Il est cofinancé par la communauté européenne à hauteur de 50%, la coopération autrichienne pour le développement ( 35% )et par l’ONG Ewa (15%). Les groupes cibles sont pour l’essentiel les organisations d’agro transformateurs et agro transformateurs des filières lait, mangue et anacarde, Umecas/Mecaruz en partenariat avec la fédération nationale des artisans du Sénégal (Fenas).

Les participants à l’atelier de Sédhiou se sont félicités de l’avènement de ce projet et ont souhaité que tous les acteurs intervenant dans les filières cibles redoublent d’efforts pour faire de cette initiative une très belle réussite.

Ce qui à terme contribuera à la stabilité transfrontalière et à la paix en Casamance par le développement des activités génératrices de revenus dans les filières indiquées.

Sud Quotidien

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