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Bignona : la salinisation des terres freine la riziculture à Kabiline 2



Kabiline 2 (Bignona), 3 mai (APS) – Kabiline 2, un village du département de Bignona connu pour son expérience en matière de multiplication de semences de riz certifiées, souffre de l’avancée de la langue salée, a constaté le correspondant de l'APS.

Du coup, beaucoup de terres rizicoles se dégradent sous l'effet du sel, à l’image des vallées d’Elicakou et de Badiélelene, qui entourent le village.

La vallée d'Elicakou illustre parfaitement cette situation. Ici, une digue anti-sel construite dans les années 80 n’est plus opérationnelle, alors que la langue salée continue de grignoter des rizières.

Signe de cette avancée de la langue salée, des femmes venant du village voisin de Karongue s’activent à l’exploitation du sel, dans de petites parcelles recouvertes de matières plastiques pour la rétention de l’eau salée de la vallée.

Un document remis à la presse précise que la production de riz est estimée à 1700 tonnes par an pour une superficie de 680 hectares de terres cultivables.

‘’Il y a une très forte perte des terres rizicoles cultivables. Aujourd’hui, on ne vit que d’agriculture. Kabiline 2 doit son développement à l’agriculture. On ne parvient pas à cultiver toutes nos terres, à cause de l’avancée de la langue salée’’, déplore Landing Sonko, le chef du village de Kabiline 2.

La localité a organisé, du 1-er au 3 mai, la première édition de son congrès, sur les thèmes de l’agriculture, de l’environnement, de l’élevage, de l’éducation, de la santé, etc.,

‘’Les braves populations de Kabiline 2 se battent chaque année pour arrêter l’avancée de la langue salée. D’ailleurs, dans la vallée de Badiéléline, une ONG avait commencé l’année dernière la construction d’une digue anti-sel. Cette digue, qui n’a même pas duré un an, est déjà détruite’’, selon le chef du village.

Le notable, qui est aussi technicien en multiplication de semences de riz, signale que les populations ont construit de petits barrages traditionnels afin d’arrêter l’avancée de la salinisation et de retenir l’eau dans les surfaces aménagées.

Les producteurs de la zone, regroupés au sein de l’Entente de Diouloulou, ont aussi développé une autre stratégie consistant à cultiver des variétés de riz adaptées à la salinité, a-t-il rappelé.

Plus de 100 ha de terres rizicoles sont perdus, à cause de l’avancée de la langue salée, a-t-il noté, soulignant que cette situation a une forte conséquence sur les rendements.

‘’On devrait atteindre plus de 2 000 tonnes. Mais, nous en sommes aujourd’hui à 1 700 tonnes de semences par an. On devrait être autosuffisant sur le plan alimentaire. Mais nous avons perdu beaucoup de terres rizicoles’’ a-t-il déploré.

‘’Si le problème de la salinité des terres est résolu, les producteurs de Kabiline 2 peuvent contribuer à l’amélioration de la problématique du capital semencier. Des gens viennent de la Gambie, de la Guinée et de la vallée du fleuve Sénégal, pour chercher des semences ici. Nous avons une vocation sous-régionale’’, a-t-il expliqué.

Landing Sonko se dit convaincu que la résolution de la problématique du capital semencier passe par la multiplication des semences de riz certifiées.

Les producteurs de Kabiline 2 ont expérimenté plusieurs variétés de semences certifiées adaptées à la culture de plateau, de bas-fonds, de nappe et de mangrove, a-t-il renseigné.

‘’Nous produisons beaucoup de riz, mais nous avons un petit magasin de stockage de semences. Beaucoup de paysans préfèrent retenir leur production en raison de l’étroitesse du magasin’’, ajoute-t-il.

Une batteuse de riz, destiné à alléger les travaux des paysans, et une charrette tirée par des bœufs ornent le décor, à l’entrée du magasin de stockage des semences de riz du village, construit depuis 1984 par les populations elles-mêmes, dans le but de résoudre la problématique du capital semencier.

Le magasin de stockage de semences certifiées de riz a une capacité de 50 tonnes, précise Landing Sonko. A l’intérieur du local, plusieurs sacs de riz, classés en fonction des variétés, sont entassés pêle-mêle jusqu’au plafond.

M. Sonko appelle le gouvernement à construire deux grands magasins de stockage de semences certifiées, dotés d’équipements adéquats.

Le technicien en multiplication de semences plaide aussi pour la mécanisation de l’agriculture, la fourniture d’intrants et de moyens de transport pour la vente des semences.

ASB/ASG

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