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Aminata Mbengue Ndiaye, maire de Louga et présidente du réseau des femmes élues d’Afrique : « Les femmes élues doivent jouer un rôle de premier ordre »



Lors de la séance de concertation avec les membres du réseau des femmes élues africaines sur la résolution à présenter au comité exécutif du sommet, Aminata Mbengue Ndiaye a accepté de se confier à nous. Entretien.

Quelle lecture faites-vous du thème de cette 6ème édition du sommet Africités et quel doit être le rôle de la femme élue africaine ?
« Je crois que le thème concerne l’ensemble des femmes élues voire tous les peuples d’Afrique. C’est un thème important dans lequel les femmes doivent jouer un rôle important de premier ordre. Comme vous le savez, même si les femmes ne figurent pas en grand nombre dans les instances des collectivités locales, elles jouent un rôle extrêmement important dans leurs communautés. Elles jouent des rôles sociaux, un rôle économique, un rôle culturel… Ce sont les femmes qui soignent quand les hommes sont malades. Je pense que pour tout cela, elles méritent une attention particulière de la part des élus. De par leurs positions d’élues, elles ont aussi un rôle à jouer. Aujourd’hui, par exemple dans notre pays, nous avons une loi sur la parité. Aux prochaines élections, nous aurons des bureaux et des instances des collectivités locales qui seront paritaires (dans les communes, les régions et les communautés rurales). Cela montre qu’il y a d’autres rôles qui attendent encore les femmes. Je crois qu’à travers leur leadership, il est possible de les renforcer et également de leur permettre de jouer tous les rôles qu’elles doivent réellement avoir. Nous sommes en train de tout faire pour qu’il y ait des ressources suffisantes pour nous permettre de travailler et d’avoir toutes nos réunions statutaires ; et en même tant jouer un rôle à l’organisation des Nations unies ».

Comment se pose la problématique du thème du sommet Africités : Construire le développement de l’Afrique à partir des collectivités locales ?
« Nous sommes déjà en train de le faire parce que nous tenons beaucoup compte de la participation populaire dans nos différentes collectivités locales, surtout à Louga où nous avons développé une approche par quartier. Cette approche nous a permis de faire un budget participatif. Le budget part des quartiers vers le conseil municipal. Ce sont les populations qui déterminent les projets qu’elles veulent. Ce sont les populations, elles-même, qui se retrouvent entre quartiers pour dire quelles sont les priorités ? Quelles sont les quartiers dont les priorités sont les plus pressantes et sur lesquelles il faut investir d’abord. Je pense que déjà en faisant cela, mais également en les associant à la définition de leurs problèmes, en les associant à la définition de la recherche de moyens, en les associant à tout ce qui se fait dans la commune, cela est d’abord un pas très important. Et cette stratégie est aussi appliquée avec les membres de la société civile. Nous avons le Congad et le Forum civil qui participent à tout ce que nous faisons. Nous rendons compte de ce que nous faisons. Nous avons même une initiative avec le Forum civil, que nous appelons la certification citoyenne. Ils viennent regarder les finances de notre commune, de même que les dépenses que nous faisons, est-ce qu’elles sont en rapport avec les priorités de nos budgets ».

Les débats ont tourné autour du financement des collectivités locales. Comment s’opèrent les financements au sein de la collectivité locale de Louga ?
« À notre niveau, nous avons le budget de la commune qui vient des impôts et des taxes locaux. Nous avons également les dotations qui nous viennent de l’État. Il s’agit, entre autres, des dotations pour les compétences qui nous sont transférées, et nous avons les fonds de concours. Ce sont des appuis de l’État pour faire des investissements. Nous avons aujourd’hui le Budget consolidé d’investissement (Bci) qui est transféré dans son volet éducation. Ce sont les communes qui construisent les écoles. Peut être qu’il va en avoir d’autres fonds, puisque le président a été sensible au plaidoyer qui a été fait pour renforcer davantage le volet du financement des collectivités locales. Nous sommes un démembrement de l’État. C’est l’État qui doit faire cette mission régalienne qui consiste à prendre en compte les besoins des populations. Donc en tant qu’élus, l’État doit nous appuyer ».

Propos recueillis par B. Bachir SANE
Le Soleil


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Africités 2012


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