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Alé Lô, de l’Union des élus locaux du Senégal : « Nous attendons un élargissement des domaines de compétences et un renforcement des moyens »



À la veille du lancement de l’acte 3 de la décentralisation par le chef de l’Etat, le président Macky Sall, Alé Lô, le président de l’Union des élus locaux du Sénégal, parle des enjeux de l’événement qui vise le développement des collectivités locales.

Le chef de l’Etat va procéder, demain, au lancement de l’acte 3 de la décentralisation. Que recouvre cette nouvelle étape après celles de 1972 et de 1996 ?
La rencontre du mardi 19 mars revêt une importance capitale pour nous autres élus locaux. La première partie, c’est d’abord le Conseil national de développement des collectivités locales qui est présidé, pour la première fois, par le président de la République. C’est à cette occasion que toutes les ressources dévolues aux collectivités locales sont réparties entre les trois ordres des collectivités locales. La deuxième phase est le lancement de l’acte 3 de la décentralisation. Il s’agit, après avoir fait le diagnostic, de voir comment apporter des solutions à la situation actuelle de notre politique de décentralisation. Nous avons eu à faire des pas en 1972, 1996 ; et aujourd’hui en 2013 nous posons l’acte 3. Cela recouvre essentiellement trois volets. D’abord, la territorialisation du développement.

Comment faire pour spécialiser nos régions de manière à ce que nous puissions avoir véritablement des pôles de développement qui répondent mieux aux préoccupations des populations. La deuxième phase, c’est l’accroissement, l’extension et l’augmentation des compétences dévolues aux collectivités locales. Aujourd’hui, nous pensons que l’agriculture, l’élevage, la pêche, le tourisme, des compétences partagées entre l’Etat et les collectivités locales doivent faire partie du champ d’application de la décentralisation. Enfin la troisième phase est la communalisation intégrale. Il s’agira aujourd’hui de changer les communautés rurales en communes rurales de manière à ce que l’on ait deux pôles, à savoir les régions et les communes urbaines et rurales. C’est une attente très forte. Nous attendons un élargissement des domaines de compétences, mais également un renforcement des moyens. Il faut que les ressources qui sont au niveau national puissent être davantage décentralisées pour que nous ayons les moyens de notre politique. C’est là que nous attendons le président de la République.

Comme sous-thèmes de la journée de lancement de l’acte 3 de la décentralisation, il est souligné la compétitivité et la viabilité des territoires. Quelle lecture faites-vous de ces concepts ?
Nous sommes tout à fait favorables parce que le Sénégal a un potentiel qui n’est malheureusement pas toujours exploré. Si nous prenons la région du fleuve qui est le grenier naturel du Sénégal, comment faire pour qu’il puisse être spécialisé de manière à nous permettre d’atteindre l’autosuffisance alimentaire, notamment en riz ? Comment faire pour que le bassin arachidier, où la production arachidière est la plus importante, arrive à s’y spécialiser ? Pour la région sud, c'est-à-dire Ziguinchor, Kolda et autres, comment faire pour la transformer en un pôle de développement ? Voilà un peu l’orientation vers laquelle nous allons. Et, de ce point de vue, nous sommes en phase avec l’administration. En tant que démembrement, responsables des collectivités locales, nous allons accompagner ces politiques publiques définies par le président de la République dont nous avons la charge de conduire au niveau local.

Récemment vous avez créé l’Alliance des ruraux pour l’émergence du Sénégal qui prône un développement national centrée d’abord sur les communautés. Voulez vous être plus explicite sur votre combat ?
Nous avons fait le constat qu’aujourd’hui, et tout le monde reconnaît, le développement est d’abord local. Il faut que les réformes partent de la base vers le sommet. C’est ainsi que nous avons mis en place Are Sénégal (Alliance des ruraux pour l’émergence du Sénégal) constituée essentiellement d’élus locaux, notamment de présidents de communautés rurales, mais également de responsables de fédérations paysannes, des agriculteurs, des éleveurs et des pêcheurs, pour constituer un grenier à idées qui pourra servir l’Etat, l’administration centrale, l’Assemblée nationale, les partis politiques et les partenaires au développement. Et de ce point de vue, je voudrais, encore une nouvelle fois, lancer cet appel pour que tous ensemble, nous puissions mettre à profit nos compétences, nos expériences pour le développement du Sénégal. C’est à cela que nous attendons l’Etat pour accompagner ce mouvement qui est un mouvement citoyen, apolitique, mais qui s’inscrit véritablement dans la logique de faire du Sénégal un pays émergent, et faire en sorte que l’agriculture, la pêche et l’élevage soient les mots d’ordre de notre développement.

Propos recueillis par Babacar Bachir SANE et Pape Sanor DRAME
Le Soleil

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Association Nationale des Conseils Ruraux du Sénégal


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