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Abandon de l'excision dans le département de Fatick : Trente-cinq villages mènent la réflexion



(Correspondance) - Les lames vont-elles enfin tomber définitivement dans le département de Fatick ? La réponse dépendra de l’issue des travaux des représentants de trente-cinq villages, réunis à Fimela sous l’encadrement de l’Ong Tostan. Cette rencontre fait suite à celle organisée dans le département de Foundiougne, précisément à Némanding (communauté rurale de Toubacouta). Une rencontre sanctionnée par une déclaration dans laquelle les populations ont pris l’engagement d’abandonner définitivement l’excision. Intervenant dans l’arrondissement de Fimela surtout, l’Ong Tostan a organisé cette rencontre inter villageoise pour mener la réflexion. ‘Cette rencontre inter villageoise fait partie de notre activité. C’est un cadre d’échanges entre villageois. Ils ont déjà été sensibilisés par rapport à différents thèmes comme l’excision et les mariages précoces. On leur laisse un temps de réflexion. Enfin, ils se regroupent et discutent pour voir quelles décisions faudrait-il prendre. Nous en sommes à cette phase’, explique Abdou Aziz Sy coordonnateur régional de Tostan Fatick/Kaolack. Selon les responsables de cette Ong, cette phase d’échanges est extrêmement importante en ce qu’elle permet de recueillir les avis des uns et des autres. S’il y a des zones encore réticentes, on y accentue la sensibilisation. ‘Car c’est par la sensibilisation, la communication qu’on pourra toujours faire comprendre aux populations les dangers qu’elles courent dans la pratique de l’excision ou des mariages précoces. Donc, quelle que soit la déclaration finale, nous continuerons toujours à mener la sensibilisation’, ajoute le coordonnateur. A l’heure actuelle, la région de Fatick n’a enregistré qu’une seule déclaration de Tostan. Elle date du 30 mars 2008. Et c’est à Némanding (village frontalier avec la Gambie). Ce sont trente-cinq villages de Sérères Niominka qui sont signataires de la déclaration. ‘Certes la loi est là. Mais il serait beaucoup plus souhaitable que l’abandon vienne des populations elles-mêmes. Je vous assure que l’excision est toujours pratiquée dans la localité. Les gens le font en cachette. Donc toute la bataille réside dans la communication avec les relais communautaires. Une fois que les populations adhèrent, c’est fini’, fait savoir M. Sy.

A signaler qu’à cette rencontre d’échanges ont pris part des exciseuses et des femmes excisées. Elles ont toutes reconnu les dangers de l’excision. Certaines d’entre elles ont même regretté d’avoir choisi ce métier. Le phénomène est douloureux. Et ce n’est pas à cette femme bambara qu’on va l’enseigner. La pauvre a fondu en larmes au moment où elle faisait son témoignage. ‘J’ai actuellement 33 ans. J’ai été excisée à l’âge de sept ans. J’avoue que si je couche avec mon mari, je ne ressens absolument rien. Je fais des simulations pour ne pas vexer mon mari. Mais je ne ressens rien. Et souvent à l’accouchement j’ai de sérieux problèmes’, explique-t-elle sous le couvert de l’anonymat.

Rappelons que cette rencontre d’échanges s’inscrit dans le cadre de l’exécution du projet ‘Accélération de l’abandon de l’excision et des mariages précoces’.

Wal Fadjri

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