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40% des terres arables attribuées à des privés, selon un universitaire



Ronkh (Dagana), 14 avr (APS) – Au total, 40 pour cent des terres arables du Sénégal sont attribuées à des privés, soit un taux de plus 700 000 hectares, a indiqué Alpha Ba, membre du Groupe d’études et de recherches genre et sociétés (GESTES) de l’Université Gaston Berger (UGB) de Saint-Louis.

‘’Plus de la moitié de ces terres ont été attribuées en moins de 10 ans et si la tendance continue en dix ans aucune terre arable ne sera disponible au Sénégal’’, a ajouté M. Ba.

Il présentant dimanche une communication sur ‘’l’accaparement des terres au Sénégal : une menace sur le monde rural’’ à Ronkh (Dagana) où se tient depuis samedi un atelier sur ‘’femmes, foncier et gouvernance locale’’, à l’initiative de l’ONG Enda-Pronat.

Pour montrer l’ampleur du phénomène, il a donné l’exemple de Mbane où en quelques années, ‘’18.000 ha ont été attribués à Asiyla Gum Compagnie, 20.000 ha à Agro Africa AS, 300 à la Compagnie Fruitière’’, sans compter d’autres attributions.

’’Aucune de ces sociétés n’a les moyens de la Compagnie Sucrière Sénégalaise (CSS) qui ne dispose en tout que de 10.000 ha’’, a fait remarquer M. Ba, doutant de la bonne foi des projets prévus par ces sociétés attributaires.

Il a en outre regretté ‘’la non transparence des investissements et des projets prévus’’, estimant que ‘’ces sociétés passent souvent par l’APIX (Agence pour la promotion des investissements et des grands travaux) violant ainsi les lois sur la décentralisation et le domaine national’’.

Pour arriver à leur fin, a-t-il indiqué, ces grandes firmes étrangères procèdent aussi par ‘’des compensations financières consenties auprès de certains responsables locaux véreux’’.

‘’L’accaparement des terres par des allochtones induit pour les paysans locaux la perte de moyens de production, l’élimination de l’apport du monde rural dans la richesse du pays, la sous alimentation qui touche plus de 20 pour cent de la population sénégalaise’’, a expliqué Ba, citant une étude de la FAO, en 2012.

Ce phénomène est accentué par le fait que ‘’pour contourner, les aléas et sécuriser davantage leur propriété, la majeure partie des investisseurs privilégient le contact direct avec les propriétaires terriens pour entrer en possession de leurs droits fonciers’’, a-t-il encore dit.

Cet atelier est initié par Enda-Pronat pour sensibiliser les producteurs sur la nécessité de s’organiser pour faire face à leur exclusion au niveau de la commission nationale de réforme foncière. D’ailleurs un cadre de concertation de la société civile sur le foncier verra le jour au terme d’une série de rencontres du genre à travers le pays.




AMD/AD

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