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Zones minières: l'orpaillage mérite plus d’attention de la part des pouvoirs publics (ONG)



Tambacounda, 1er mars (APS) - Le secteur de l’exploitation artisanale dans les zones aurifères mériterait davantage d’attention de la part des pouvoirs publics, non seulement pour le potentiel qu’il renferme en termes de rentrée de devises, mais également pour le climat d’insécurité qui y règne, avec des "conflits tous azimuts", a indiqué vendredi Ibrahima Sory Diallo, coordonnateur national de la Coalition nationale des organisations de la société civile sur la bonne gouvernance des ressources minérales.

‘’Le premier problème qui existe dans les mines, c’est la sécurité’’, a noté M. Diallo, lors d’un point de presse à Tambacounda, destiné à inviter l’Etat à accélérer son adhésion à l’Initiative pour la transparence dans les industries extractives (ITIE).

Pour lui, cette insécurité qui se pose à plusieurs niveaux, se traduit dans cette zone Est et Sud-est du Sénégal par la circulation des armes et les ‘’agressions mortelles’’.

‘’Il y a beaucoup de conflits entre sociétés minières et orpailleurs, entre orpailleurs et communautés et entre communautés et sociétés minières. Si bien qu’il y a des conflits tous azimuts au niveau des zones aurifères’’, a décrit M. Diallo.

Il a aussi évoqué l’utilisation de ‘’produits chimiques à haut danger’’ comme le cyanure, le mercure et les dynamites, qui favorise également une insécurité renforcée par le fait qu’‘’on ne sait pas qui est qui dans ce secteur’’.

Faisant état de récents incendies, avec mort d’homme, il a estimé qu’ils sont une preuve que ‘’le contrôle qu’on devrait faire dans cette zone n’est pas effectué comme il se doit’’.

Le coordonnateur national de la Coalition nationale des organisations de la société civile sur la bonne gouvernance des ressources minérales a évoqué la prévalence de la prostitution, avec ‘’des centaines de filles’’ qui s’y adonnent avec son corollaire aux plans sanitaire et sécuritaire.

‘’Aujourd’hui, on ne peut pas compter moins de cinq nationalités à Sambrambougou’’, une localité de la région de Kédougou, nouveau point de chute des orpailleurs, a signalé Ibrahima Sory Diallo.

Responsable également de l’ONG "La Lumière", basée à Tambacounda et qui s’active dans le social, M. Diallo a noté que les orpailleurs étrangers entraient sur le territoire national par des points non contrôlés des frontières.

‘’Nous saluons déjà les efforts de missions de sécurisation qui s’opèrent régulièrement, mais nous pensons qu’il faut aller très vite au-delà de cela parce que ça ne permet pas de régler le problème’’, a dit M. Diallo.

‘’C’est pourquoi, a-t-il poursuivi, nous pensons que le secteur des mines, le secteur artisanal, mériterait véritablement l’attention des autorités publiques parce que ce sont des devises (des ressources à capter)’’.

Il a indiqué avoir appris auprès d’une société minière, des pertes chiffrées à un milliard de francs qu'elle a subies, à cause l'exploitation artisanale des mines de la zone.

‘’Nous osons espérer que les 900 millions sont allés hors du Sénégal, compte tenu du fait que sur cinq personnes que vous rencontrez sur les sites d’exploitation, vous n’avez qu’un seul Sénégalais, tout le reste c’est des Burkinabés, des Maliens, des Ghanéens, etc.’’, a-t-il dit.

Pour lui, la mise en œuvre de trois éléments prévus par le code minier, à savoir les couloirs d’orpaillage, les GIE et un comptoir de commerce, pourrait réduire les problèmes rencontrés dans le secteur de l’exploitation minière.

Le code minier prévoit des couloirs d’orpaillage pour éviter tout télescopage entre les compagnies minières, ainsi qu’il encourage ces exploitants artisanaux à se constituer en GIE ou à s’affilier à ceux existants, afin de pouvoir prétendre à des titres de recherches cédés contre le versement de 1,3 million de francs CFA.



Avec ces couloirs et ces GIE, a dit M. Diallo, le gouvernement pourra identifier les différents acteurs évoluant dans le secteur et mesurer la production d’or, notamment avec la création d’un comptoir de commerce pour acheter la production.

‘’Il est bon que les populations soient sensibilisées à cela’’, a-t-il noté. Selon lui, l’application de ce code incombe au ministère des Mines et aux forces de sécurité, qui doivent contrôler l’existence d’autorisation d’occupation et procéder soit à la sensibilisation ou à la répression.

ADI/SAB

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