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SEDHIOU/LA CARTE SANITAIRE DE BOUNKILING GRIBOUILLEE PAR DES ACCOUCHEMENTS A DOMICILE « Africare» installe la dynamique communautaire



Les accouchements à domicile sont toujours d'actualité dans la région de Sédhiou. Bassada, Kampila, Sadeck et Baya dans le département de Bounkiling enregistrent des cas de mortalité maternelle et des infections multiples graves. C'est la conséquence d'une absence de couverture sanitaire minimale. Cette zone enclavée est desservie par des charrettes à traction animale pour référer les femmes enceintes dans les structures de santé. Avant-hier, mercredi, l'ONG «Africare» y a animé une journée appelée «village à la Une» pour trouver une réponse à cette problématique de la santé de la reproduction.

«Nous souffrons profondément dans cette zone du Fogny des accouchements à domicile. Nos époux n’ont pas assez de ressources pour trouver des voitures pouvant nous conduire dans les structures de santé en cas de travail d’une femme en état de grossesse. Les charrettes sont les seuls recours. Quelque fois c’est à la marche que la femme finit par donner naissance sur la route». Ce cri de détresse de Téning Gnakhaté monitrice en santé de la reproduction appelée «Badiénou gokh» en service à Mayor atteste de la douleur intense dans laquelle se font les accouchements dans les villages de Baya, Kampila, Sédèck et Bassada dans le nord ouest du département de Bounkiling. Ces accouchements sont d’autant plus compliqués qu’ils se font à domicile. Donnant les raisons de ce choix du désespoir, Téning Gnakhaté la «Badiénou gokh» de Mayor fait observer que « la souffrance est immense chez nos femmes en âge de procréation. Pas de case de santé ni d’ambulance pour évacuer les patients et pas de piste carrossable pour les évacuations qui se font par charrette. Nous demandons du soutien pour sortir du calvaire».

Un accouchement à domicile est d’un risque multiple a expliqué Dr Jean Kaly le médecin chef du district sanitaire de Bounkiling «il s’agit notamment des hémorragies, des infections et autres complications très souvent fatales aussi bien chez l’enfant que chez la maman. C’est pourquoi nous exhortons les femmes enceintes à fréquenter les structures de santé et à y accoucher. On parle de moyen mais il faut y attendre car la grossesse dure neuf mois, une durée suffiante pour se préparer».

«Village à la Une» pour mobiliser !

Cette journée de sensibilisation appelée « Village à la Une » organisée hier à Bassada par l’ONG Africare se propose de trouver une réponse à la problématique selon Kissouma Diédhiou le coordonnateur de zone de Africare pour la région de Sédhiou « par l’engagement de l’ensemble des acteurs nous avons atteint nos objectifs qui consistaient à créer une dynamique autour des questions de santé de la reproduction très préoccupante dans cette zone. Nous allons donc les y accompagner».



Le coordonnateur national du programme santé communautaire de Africare Boubou Niane ainsi que le sous préfet de Bona Ibrahima Sarr et les techniciens de la santé s’engagent à appuyer le président du Conseil rural de Inor Youssouph Sané dans la réalisation et l’équipement d’une case de santé à Bassada.

La veille à Diareng dans l’est de Sédhiou, le superviseur du programme santé de Africare de Simbandi Brassou Abdoulaye Baldé y avait animé un atelier sur les offres de services de santé. Ici, les populations souhaitent l’érection de la case en poste de santé devant polariser six villages autour de Diareng.

Moussa DRAME
Sud Quotidien

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