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MONDE-ENVIRONNEMENT, Sommet de Copenhague : Barroso craint une fracture entre le Nord et le Sud



Dakar, 21 sept (APS) - Les pays en développement auront besoin d’ici 2020 environ 100 milliards d’euros supplémentaires par an pour lutter contre le changement climatique, a indiqué le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso qui en outre fait part de son inquiétude de voir le prochain sommet de Copenhague, convoqué en décembre prochain sur le climat, consacrer une ’’fracture profonde’’ entre le Nord et le Sud.

’’Je suis désormais très inquiet quant aux chances de réussite du prochain sommet de Copenhague’’ consacré au climat par l’Organisation des Nations unies (ONU), a déclaré José Manuel Barroso dans une contribution dont l’APS a obtenu copie.

‘’Les négociations sont à présent dangereusement proches de l’impasse, et cette impasse pourrait aller jusqu’à empêcher toute reprise des discussions l’année prochaine. Celles-ci risquent de se solder par un échec amer, avec peut-être, en toile de fond, une fracture profonde entre les pays développés et les pays en développement’’, écrit-il. ‘’Or, ajoute Barroso, en l’état actuel des choses, le monde ne peut se permettre une telle issue désastreuse’’.

Il a émis l’espoir de voir les dirigeants du G20 contempler ‘’l’abîme qui s’ouvre à nos pieds’’, à l’occasion de leur prochaine réunion à Pittsburgh, aux Etats-Unis. ‘’Nous conclurons ensemble que nous devons tout mettre en œuvre pour faire progresser les négociations’’, souligne le président de la Commission de l’Union européenne.

’’L’heure n’est pas aux parties de poker. Il s’agit maintenant de mettre sur la table des propositions aussi ambitieuses que nos contraintes politiques le permettent. C’est exactement ce que l’Europe a fait, et ce qu’elle continuera à faire’’, poursuit Barroso.

Selon lui, ‘’cela ne sera possible que si nous trouvons un terrain d’entente qui nous permette malgré tout de parvenir à une conclusion positive, et c’est à cet égard que la réunion des dirigeants mondiaux ici à New York peut à mon avis s’avérer déterminante’’.

’’Il faut d’abord, suggère-t-il, que tous les pays développés clarifient leurs plans relatifs aux réductions d’émissions à moyen terme et fassent preuve d’un volontarisme qui soit au moins à la hauteur de leurs responsabilités à l’égard des émissions du passé’’.

’’Si nous voulons parvenir à une réduction minimale de 80 % d’ici 2050, les pays développés doivent s’efforcer de réaliser les réductions collectives requises de 25 à 40 % d’ici 2020’’, insiste le responsable européen.

’’L’UE est prête à porter l’objectif de 20 à 30 % si les autres font des efforts comparables. En outre, les pays développés doivent dès maintenant reconnaître explicitement qu’ils devront jouer un rôle important dans le financement des mesures d’atténuation et d’adaptation que prendront les pays en développement’’, relève-t-il.

Il a dit que selon les estimations de l’Union européenne, ‘’ces pays auront besoin d’ici 2020 d’environ 100 milliards d’euros (150 milliards de dollars) supplémentaires par an pour lutter contre le changement climatique’’.

’’Une partie de ce montant sera autofinancée par les pays en développement les plus avancés sur le plan économique’’, mais, a relevé Barroso, ‘’l’essentiel devrait provenir du marché du carbone, pourvu que nous ayons le courage de mettre en place un système ambitieux à l’échelle mondiale’’.

’’Ces mesures devront toutefois être également financées par des flux d’argent public des pays développés vers les pays en développement, pour un montant qui pourrait aller de 22 à 50 milliards d’euros (30 à 70 milliards de dollars) par an en 2020’’, a-t-il déclaré.

Selon lui, près de la moitié de ce montant sera nécessaire pour soutenir les mesures d’adaptation, ‘’en donnant la priorité aux pays en développement les plus vulnérables et les plus pauvres’’.

’’En fonction du résultat des discussions relatives à la répartition de cette charge au niveau international, la part assumée par l’Union européenne pourrait être comprise entre 10 et 30 %, c’est-à-dire atteindre les 15 milliards d’euros (22 milliards de dollars) par an’’, a-t-il indiqué.

’’Autrement dit, souligne-t-il, nous devons être prêts à apporter une contribution importante à moyen terme et à envisager, peut-être dès l’année prochaine, un financement +de démarrage+ en faveur des pays en développement’’.

’’En contrepartie, les pays en développement, à tout le moins les plus avancés d’entre eux sur le plan économique, doivent dire beaucoup plus précisément ce qu’ils sont prêts à faire pour atténuer leurs émissions de carbone dans le cadre d’un accord international’’, même s’ils ‘’mettent déjà en œuvre des mesures nationales pour limiter ces émissions’’, a rappelé le président de la Commission de l’Union européenne.

Pour lui, les pays concernés ‘’doivent de toute évidence redoubler d’efforts – en particulier les plus avancés d’entre eux’’. ‘’Ils soulignent, et c’est bien naturel, qu’ils ne pourront prendre des mesures d’atténuation que si des financements +carbone+ des pays riches sont disponibles, ainsi qu’il a effectivement été convenu à Bali’’, note José Manuel Barroso.

Mais dans le même temps, relève-t-il, ‘’il est également vrai que les pays développés ne pourront rien financer si aucun engagement n’est pris en faveur de ces mesures’’.

Pendant ce temps, ‘’le changement climatique se réalise plus rapidement que nous ne le pensions il y a encore deux ans’’ et ‘’si nous ne changeons pas nos habitudes, des changements climatiques dangereux, voire catastrophiques, se produiront presque certainement au cours de ce siècle’’, a-t-il averti.

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Développement durable


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