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MICRO-FINANCE Le plafond d’usure à 27% doit être revu à la baisse, selon des experts

Les taux d’intérêt pratiqués par les systèmes décentralisés sont jugés prohibitifs par des spécialistes. Selon ces experts, les réflexions doivent être menées en vue de revoir le plafond d’usure et permettre aux couches vulnérables de tirer meilleur profit de la microfinance. Ces points de vue ont été soulevés au cours du panel organisé hier vendredi, à l’Université Dakar Bourguiba. Ce panel entre dans le cadre des forums sur la microfinance organisés par la Direction de la microfinance.



Les taux d’intérêt pratiqués par les systèmes financiers décentralisés suscitent encore des interrogations chez les experts du secteur. Dans le cadre des forums organisés par la Direction de la microfinance, en partenariat avec access finance, un panel a été organisé hier vendredi, à l’Université Dakar Bourguiba. Intervenant dans le débat, le professeur Sakhir Thiam s’est étonné de constater que les clients payent les taxes en plus des taux d’intérêt. Un paradoxe dont les explications sont situées par le directeur de l’Unité de formation et recherche (Ufr) de l’université de Dakar-Bourguiba, Makhtar Sakho, dans le cadre réglementaire et législatif qui régit le secteur financier.

Ce cadre autorise les institutions de micro-finance à faire des prêts avec un taux d’intérêt effectif global qui peut aller jusqu’à 27%. « Ce plafond d’usure de 27% mérite une réflexion en rapport avec les capacités de remboursement de la clientèle et les taux d’inflation constatés dans l’espace Uemoa et doit pousser à une réflexion sur le différentiel entre le plafond d’usure et le taux d’inflation ». Même si, reconnaît-il, les systèmes financiers décentralisés supportent des coûts de collecte de la ressource et des charges inhérents à l’exploitation. Toutefois le Dr Sakho s’est refusé d’aller vite en besogne, « on ne peut pas dire que les systèmes financiers ne font pas le travail ou n’ont pas lutté contre la vulnérabilité ou la pauvreté, sachant qu’historiquement, ils ont été mis en place pour lutter contre l’usure ».

Cependant, le panéliste a jugé le taux d’usure « prohibitif » et méritant une réflexion approfondie. Par ailleurs, pour Ibrahima Thiaré, enseignant à l’Udb et spécialiste de la microfinance, « il est difficile de dire que les institutions de micro finance ont atteint leurs objectifs sociaux et économiques. Le souci de l’efficacité et la recherche de gros profits ont finalement fait oublier les objectifs sociaux. »

Ce programme d’échange et de réflexion sur la micro-finance ambitionne en tout cas de rapprocher les Sfd des Universités et institut d’enseignement, pour permettre d’encourager la recherche et la publication d’ouvrages sur la question, comme l’a rappelé Waly Clément Faye, Directeur de la micro-finance. Selon M. Faye, dans le nouveau programme, les pouvoirs publics tendent vers la professionnalisation des institutions de micro-finance.

Daouda GUEYE
Sud Quotidien

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