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Lutte contre la mortalité maternelle et infantile : L’Afrique élabore un plan d’actions pour sauver plus de vies



Johannesburg (Afrique du Sud) - Les contraintes et défis pour faire face aux décès des femmes et des enfants dans le continent sont déjà identifiés. Il faut juste trouver un cadre commun pour harmoniser les interventions afin de les rendre plus efficaces. C’est l’objectif du plan d’actions continental issu de la Conférence internationale sur la santé maternelle, néonatale et infantile en Afrique dont la mise œuvre permettra de sauver plus de vies.

Un plan d’actions commun aux Etats membres de l’Union africaine est une condition sine qua non s’ils veulent enregistrer de bons scores dans le domaine de la santé maternelle et infantile en réduisant, de façon drastique, le nombre de décès qui frappent ces deux couches de la population du continent. En effet, en Afrique, le risque, pour une femme, de mourir d’une cause liée à la grossesse ou à l’accouchement est de 25 fois plus élevé par rapport à celle vivant dans un pays développé. Un enfant sur 9 y meurt également avant d’avoir 5 ans. C’est ainsi qu’à l’ouverture de la Conférence sur la santé maternelle, néonatale et infantile en Afrique (Johannesburg, 1er-3 août 2013), la présidente de la Commission de l’Union africaine (Cua), Dr Nkosazana Dlamini Zuma, de même que le président Sud-africain, Jacob Zuma, avaient proposé l’élaboration d’un plan d’actions à l’échelon continental pour sauver plus de vies de femmes et d’enfants.

Cette proposition est devenue une réalité depuis samedi dernier, jour de clôture de la rencontre qui visait, entre autres objectifs, à inciter les Etats membres de l’Union africaine à initier des actions concrètes, consécutivement aux engagements pris, surtout dans le cadre de la Campagne pour l’accélération de la réduction de la mortalité maternelle en Afrique (Carmma). « Aujourd’hui, nous avons un plan d’actions et nous devons le mettre en œuvre. Assurons sa mise en œuvre et faisons-le pour le bien-être des femmes et des enfants d’Afrique ! » lance Dr Mustapha Kaloko, commissaire aux affaires économiques et sociales de la Commission de l’Union africaine. Il indique qu’il faut « une approche beaucoup plus stratégique » et invite les gouvernements africains à plus d’actions sur le terrain et à développer une « approche holistique au lieu d’avoir des perspectives distinctes ». Car l’Union africaine, qui fête, cette année, ses 50 ans d’existence, veut faire des 5 décennies à venir « 50 ans de victoire et de grandeur », projette Dr Kaloko.

Mobiliser des ressources

Poursuivant, le commissaire aux affaires économiques et sociales de la Cua souligne qu’avec « la volonté politique, on peut réussir. La démonstration a été faite par certains pays africains durant ces 3 jours de conférence ». Surtout que, estime Zainab Hawa Bangura, représentante spéciale du secrétaire général de l’Onu sur les violences sexuelles dans les zones de conflit, « améliorer la santé maternelle et infantile est une étape clé pour arriver à la renaissance africaine ».

Cependant, la mise en œuvre du plan d’actions issu de la Conférence sur la santé maternelle, néonatale et infantile en Afrique exige des ressources. « Il nous faut mobiliser des financements pour arriver, par exemple, à une Couverture maladie universelle », déclare Mustapha Kaloko qui interpelle directement les partenaires au développement. « Nous avons besoin de vos expertises et de vos ressources », dit-il, sollicitant toutefois une aide sans que « nos valeurs, cultures et normes ne soient entravées ». Dans ce cadre, des partenaires, comme le Fonds des Nations pour la population (Unfpa) et l’Oms, ont renouvelé leurs engagements à soutenir toutes les actions relatives à la santé en Afrique, surtout celle des mères, des nouveau-nés et des enfants. « Nous nous engageons à travailler avec l’Union africaine pour affiner le plan d’actions et formuler des indicateurs qui conduiront à une bonne gouvernance », promet Flavia Bustreo, directeur général adjoint de l’Oms. Kate Gilmore, secrétaire exécutif adjoint de l’Unfpa, ajoute : « Nous allons soutenir ce plan d’actions et les priorités nationales », mais « l’engagement communautaire et l’autonomie sont nécessaires, afin qu’il y ait une excellente collaboration pour que nous puissions atteindre les résultats poursuivis ».

Investir sur les jeunes

Le secrétaire exécutif adjoint de l’Unfpa croit également qu’il est important de donner les bonnes informations aux populations pour qu’elles puissent choisir librement, surtout en ce qui concerne la planification familiale. Les jeunes ne doivent pas constituer une exception dans les stratégies de sensibilisation. D’ailleurs, Mme Gilmore pense qu’il faut investir dans cette couche de la population. Car « le prix de ne pas investir dans les adolescents et les jeunes sera plus lourd à supporter », explique-t-elle, soulignant que « la santé maternelle et infantile, c’est également celle des adolescents et des jeunes ». En effet, soutient-elle, « si on change, par exemple, la vie d’une jeune fille de 10 ans, on change le monde ». Le ministre de la Santé de l’Afrique du Sud n’en dit pas mieux : « Nous pensons même que c’est une priorité ». Selon lui, une telle position a justifié, dans son pays, le lancement d’une initiative appelée « Santé intégrée dans les écoles ». « Nous estimons qu’à travers cette approche à l’école, ce sera plus facile d’atteindre nos objectifs », explique-t-il. En tout cas, avance le directeur exécutif adjoint de l’Unfpa, « demain, c’est déjà aujourd’hui. Donc, c’est le moment d’être redevable, responsable et de s’engager à moins de 900 jours de la date butoir pour l’atteinte des Objectifs du millénaire pour le développement (Omd) ».

De notre envoyée spéciale Maïmouna GUEYE
Le Soleil.sn

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