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Hydraulique rurale : La Banque mondiale s’engage à accompagner la réforme



Des experts de la Banque mondiale ont visité des ouvrages hydrauliques à Notto, Ndiaganiao, Thiadiaye et Fimela. Ils sont réalisés dans le cadre de la délégation du service public de l’hydraulique rurale.

Les ouvrages de la réforme de l’hydraulique rurale sont mesurables. Deux réservoirs jumeaux sont perchés sur une élévation rocailleuse à Notto. En contre bas, en face, des haies de cultures maraîchères fleurissent. Sur le flanc gauche, les hameaux sont raccordés. La disponibilité de l’eau tire la consommation. La couverture continue des besoins n’est pas seulement inscrite dans les cahiers de charges. « Deux conduites de 400 m alimentent les deux réservoirs. En cas de panne, on peut isoler une conduite, l’autre assurera le service. Nous pourrons fournir de l’eau aux populations en aval », avance un technicien devant des experts de la Banque mondiale.

Depuis l’effectivité de la délégation du service public de l’eau en milieu rural, la Société d’exploitation des ouvrages hydrauliques (Seoh) passe une partie de son temps à colmater des fuites et à mettre à nu les branchements clandestins. Les retombées se font déjà sentir. La production est presque remise à flot. « Nous avons un rendement de réseau de 62 % dans le Notto-Diosmone-Palmarin (Ndp), alors que lorsque nous le prenions, le taux était aux environs de 30 % », compare le directeur de Seoh. De juillet à décembre 2015, plus de 2.000.000 m3 ont été distribués à près de 600.000 personnes aussi bien dans les zones Gorom-Lampsar (Gl) qu’à Notto-Diosmone-Palmarin.

Les zones reculées n’ont pas été oubliées. Dans les îles de Mar, des conduites ont été remises à niveau. Le liquide précieux n’est pas rare. A Fimela, l’eau coule au-delà de 8 heures. Cela n’était pas possible avant l’arrivée des concessionnaires. « Auparavant, avant 8 heures, vous ne pouviez pas avoir de l’eau. Actuellement, les populations ont en temps continu le liquide précieux. Même dans des îles de Mar, cette ressource est disponible », affirme le directeur de Seoh.
Le forage de Yayem de 650 m3 a été récupéré. La disponibilité fait monter les demandes de branchements sociaux. A Fimela, chaque ménage veut avoir son robinet. Les bornes fontaines disparaissent petit à petit, alors que les branchements sociaux sont hors de portée de la masse. « Les populations veulent avoir des robinets dans leur maison. C’est une doléance que nous soumettons à la Banque mondiale et à l’Ofor », sollicite le maire de Fimela, Karime Sène.

Le prix de l’eau a été soulevé. Cette question est à relativiser. Dans les villes, les plus riches supportent la consommation des pauvres dans certains cas.

Des effets positifs sur le tourisme
Au fond, le dépassement des tranches n’est pas facturé différemment dans des zones rurales contrairement au milieu urbain. Ce ne sont pas uniquement les populations qui ont poussé un ouf de soulagement. Le spectre de la morosité des activités hôtelières s’envole avec le renouveau de l’hydraulique rurale dans cette zone à forte potentialité touristique. « La qualité de l’eau figure dans le contrat. Il y a le suivi de la qualité physico-chimique et bactériologique. Et les données sont transmises à qui de droit. Depuis, nous avons noté une nette amélioration. L’eau de qualité disponible en permanence a permis aux hôteliers de redémarrer leurs activités », rapporte Lamine Ndao.

Les acquis confortent la poursuite de la délégation du service public. Après Notto-Diosmone-Palmarin et Gorom-Lampsar, les concessionnaires prendront le relais d’autres Asufor pour remplir les attentes des habitants. « Il reste beaucoup à faire. Nous avons fait Ndp et Gl. Le passage à l’échelle va être les régions de Thiès et Diourbel. Il y a aussi Fatick. Nous voulons que tous les Sénégalais aient de l’eau en permanence, de l’eau conforme avec les normes de l’Oms », réitère le directeur général de l’Office des forages ruraux (Ofor), Lansana Gagny Sakho, qui a remercié la Banque mondiale.

Cette institution financière a donné son onction à la mise en œuvre des réformes. L’accompagnement ne va pas s’arrêter en si bon chemin. Le secteur peut encore compter sur la Banque mondiale pour relever d’autres défis. « Nous étions là depuis le début de la réforme. Il y a des acquis et des défis. Mais je peux dire que la Banque mondiale réaffirme son engagement à soutenir la réforme », laisse entendre Matar Fall, le chargé de programmes eau et assainissement de la Banque mondiale.

Idrissa SANE
Le Soleil


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Eau et Assainissement


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