Certes, dans la vaste communauté rurale de Mbane, on commence à produire du manioc, de la patate douce, du riz, du mil, du tabanani, en plus des spéculations habituellement cultivées, seulement, le manque d’eau risque de ruiner les espoirs nés de la Goana.
(Correspondance) - Dans la vaste communauté rurale de Mbane (1 906 km2 pour 38 mille habitants), la Grande offensive agricole pour la nourriture et l’abondance (Goana) est mal engagée. Certes, dans cette zone du pays, on commence à produire du manioc, de la patate douce, du riz, du mil, du tabanani, en plus des spéculations habituellement cultivées, mais il n’en demeure pas moins que le manque d’eau risque de ruiner les espoirs nés de la Goana. Aussi, les populations ne manquent-elles jamais l’occasion d’en appeler à la diligence des services compétents pour dépasser cette contrainte, au risque de voir cette révolution agricole annoncée, sombrer dans un coma profond. Sur place, l’installation d’adductions et autres conduites d’eau est vivement souhaitée.
De Témèye à Louguéré-Baylo, en passant par Toucoulordji Diéry, Thiago, Ndongo, Diamaguéne, Keur Mbaye, Keur Birane, Ndiakhaye, Mbilor et les autres villages environnants, la plainte est la même. ‘Nous éprouvons toutes les peines du monde pour arroser nos champs. Ici, trouver de l’eau, relève du parcours du combattant. Nous invitons l’Etat à nous creuser des chenaux pour drainer l’eau jusqu’à nos champs, à défaut de véritables stations de pompage’, souhaitent les producteurs de la communauté rurale de Mbane. Mamadou Ciré Diallo, le président du conseil rural de cette contrée nichée dans le Walo, embouche la même trompette : ’Les contraintes, c’est naturellement la sortie de l’eau du lac de Guiers. La difficulté, pour les producteurs, c’est de sortir de l’eau du lac de Guiers pour pouvoir exploiter. Il y en a qui ont été avec les moyens du bord, des chenaux de fortune’.
Selon Mamadou Ciré Diallo, c’est pour lever cette contrainte que des hectares de terres ont aussi été octroyés à de ‘gros bonnets’ qui pourront procéder à des investissements lourds pour emmener l’eau jusqu’aux producteurs. Et il s’en félicite, car, reconnaît-il, ‘c’est le littoral du lac de Guiers que nous exploitons le plus. Donc, pour sortir l’eau de là, il faut de gros mécènes, des gens suffisamment bien assis pour engager des travaux à même de sortir l’eau de son lit naturel, de la faire remonter en brousse, pour permettre aux populations de pouvoir exploiter’.
Mamadou Ciré Diallo alias Ndombo, explique, dans la foulée, que ‘lorsque le président de la République a fait sa déclaration expliquant qu’il fallait attribuer les terres à ceux qui pouvaient les exploiter, nous avons procédé à une attribution de terres, en rapport avec les autorités compétentes de l’Etat et en suivant les indications du chef de l’Etat. Bien entendu, certains cadres du département de Dagana, des personnalités de l’Etat, à l’ambassadeur du Sénégal en Inde, des autorités religieuses de toutes confréries et de toutes obédiences, des privés, susceptibles de les mettre en œuvre, ont bénéficié d’hectares de terre’, a-t-il annoncé. Mamadou Ciré Diallo d’affirmer que ‘près de 21 mille hectares sont présentement attribués. La plupart des terres qui ont été attribuées, ont été exploitées. Les autres ont été délimitées. Et n’oublions pas que tous les producteurs locaux ont des terres. Il n’existe pas de producteur local qui n’ait pas de terre’, révèle le président de la communauté rurale de Mbane.
Wal Fadjri