BILAN DE L’EXECUTION DES ACTIVITES DU PNIR



Les fonds décaissés à plus 95 %

Le Programme national d’infrastructures rurales (Pnir) va bientôt cesser ses activités au terme de sa première phase. Les fonds que les bailleurs avaient mis à sa disposition, ont été presque totalement utilisés. L’équipe coordonnatrice du programme qui a procédé à la restitution de son rapport d’achèvement, le jeudi 30 mars dernier, à Dakar, affirme avoir obtenu un taux de décaissement de plus de 95 %.

La réalisation d’infrastructure au niveau rural est sur le point d’amorcer un nouveau tournant. Le Programme national d'infrastructures rurales (Pnir) qui est l’un des principaux outils d’amélioration du cadre de vie des populations dans certains secteurs clés, va plier bagages. Le rapport d’achèvement du Pnir, présenté le jeudi 30 mars dernier, à Dakar, a révélé des résultats significatifs. Lancé par le gouvernement du Sénégal en 1999, avec l'appui de la Banque mondiale (Bm) et du Fonds international de développement agricole (Fida), le Pnir a, d’après le coordonnateur dudit programme, Mor Badiane Tine, réalisé des prouesses obtenues grâce à l’engagement de l’équipe dirigeante. Des réalisations qui, selon lui, se sont traduites par un taux de décaissement très fort. « Au dernier bilan qui date du début de l’élaboration du rapport, le taux de décaissement avoisine les 95 % et nous comptons atteindre les 99 % d’ici fin avril 2006 ».


Les lourdeurs des bailleurs de fonds contournés

Pour le coordonnateur du Pnir, ces résultats ont été réalisés en contournant les lourdeurs des bailleurs de fonds. A l’en croire, « au départ du programme, les fonds étaient insuffisants mais l’équipe du Pnir a été en mesure de convaincre la Banque mondiale qui a fini par multiplier l’argent par quatre ». De l’avis du coordonnateur du Pnir, « il faut veiller à ce que les conditionnalités des bailleurs ne soient pas un blocage. Il faut essayer de les convaincre avec une démarche transparente et convaincante ». Ce qui a permis, selon Mor Badiane Tine, « de dépasser certains indicateurs notamment avec 110 communautés rurales couvertes au lieu des 90 fixées au départ ».

Le consultant, Ibrahima Hathie qui a présenté le rapport d’achèvement a affirmé que le « Pnir a financé 850 micro-projets dans l’ensemble des 11 régions du pays ». Les résultats présentés ont montré que des réalisations ont été faites dans des secteurs sociaux que sont l'hydraulique, la santé et l'éducation avec un financement évalué à 10 milliards de francs Cfa. Le document révèle la réalisation de 1015 kilomètres de pistes de production communautaires qui ont coûté 12 milliards et la formation de près de huit mille personnes dans des domaines aussi variés que la passation de marché communautaire, la gestion budgétaire, l'entretien et la maintenance des infrastructures. A cela s’ajoutent la planification locale et la mise en œuvre des micro-projets.


La chute du dollar, l’épine dorsale

L’équipe coordonnatrice du Pnir n’a pas manqué de souligner le problème qu’a constitué la dépréciation du dollar au début de la mise en ouvre du programme. Selon Mor Badiane Tine, la difficulté majeure que l’équipe a eu à rencontrer dans l'exécution du programme, c'est la chute du dollar. « Au moment où nous formulions le programme, le dollar était à un niveau assez élevé. Le taux de conversion était de 614 F le dollar. Nous avons exécuté le programme avec plus de 500 F Cfa. Nos ressources ont été donc réduites avec des pertes de change », a t-il souligné.
Malgré un fort taux de décaissement, le Pnir n’a pas pu réaliser l’intégralité de ses objectifs. Le taux d’insatisfaction est estimé à 7 %. Des manquements qui seront certainement pris en compte dans le cadre du Programme national de développement local (Pndl) qui va également englober l'Agence pour le fonds de développement social (Afds).
Bacary DABO



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