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Agriculture et développement rural

Robert B. Zoellick, président du Groupe de la Banque mondiale, le 6 juin 2008



Investissements : les investissements de la Banque mondiale dans l’agriculture et le développement rural ont atteint 2 milliards de dollars durant l’exercice 2008 et une augmentation est prévue pour l’exercice 2009.

Au cours de l’exercice 2008, la Banque mondiale a investi 2 milliards de dollars (8 % des prêts totaux de la Banque) dans l’agriculture et le développement rural, contre 3,1 milliards de dollars en 2007. Cette baisse est due aux retards dans la programmation, entraînant le report des financements au mois de juillet 2008 dans certains pays. Dans la région Amérique latine et Caraïbes, les prêts sont passés de 247 millions pour l’exercice 2007 à 329 millions pour l’exercice 2008. Les prêts consentis dans le domaine de l’agriculture et du développement rural au cours de l’exercice 2009 devraient être supérieurs à ceux de 2008.

Activités phares de l’exercice 2009 pour le programme relatif à l’agriculture et au développement rural de la Banque mondiale

Rapport sur le développement dans le monde 2008 : « L’agriculture au service du développement ». La Banque mondiale applique les principes essentiels présentés dans le RDM visant à renforcer l’agriculture pour:

a) réduire la pauvreté et stimuler la croissance économique, particulièrement en Afrique ;
b) diminuer les inégalités croissantes de revenu entre les régions rurales et urbaines des pays plus urbanisés et à revenu intermédiaire ; et
c) contribuer à la durabilité environnementale.


Ce rapport a été diffusé dans plus de 40 pays. La Plateforme mondiale des donateurs pour le développement rural (GDPRD), qui compte 29 agences donatrices actives dans les domaines de l’agriculture et du développement rural, aide également à promouvoir et à communiquer les messages du RDM sur la nécessité d’augmenter la quantité et la qualité des investissements dans l’agriculture pour le développement.

Réponse internationale à la hausse des prix alimentaires. La Banque mondiale coopère avec les Nations Unies pour faire face à la récente hausse des prix alimentaires. En mai 2008, elle a lancé un mécanisme de financement rapide dans le cadre du Programme d’intervention en réponse à la crise alimentaire mondiale (GFRP), qui fournit une assistance technique et met à la disposition des pays touchés par la crise alimentaire des fonds à hauteur de 1,2 milliard de dollars. Fin septembre, l’ensemble des projets du GFRP (à savoir les projets approuvés par le Conseil ou en voie de l’être) représentaient un total de 843 millions de dollars. Des projets financés par le GFRP sont actuellement mis en œuvre dans 32 pays. Depuis avril 2008, la Banque mondiale a également approuvé une aide de 69 millions de dollars, allouée par l’Association internationale pour le développement (IDA) et consacrée à des projets répondant à la crise alimentaire (en complément de ceux du GFRP). La fiche thématique consacrée à la crise des prix alimentaires fournit une description détaillée des projets de ce type mis en œuvre par la Banque.

Les priorités stratégiques et le programme de travail pour l’exercice 2009

Agriculture et changement climatique . Le changement climatique affecte de façon disproportionnée les populations pauvres des régions rurales vivant de l’agriculture du fait des risques accrus de mauvaises récoltes, de dépérissement des forêts, d’infestation d’insectes nuisibles, de sécheresses, d’inondations, de mortalité du bétail, de destruction des récifs coralliens et de perturbations affectant la répartition des ressources halieutiques. La Banque mène des études stratégiques sur les moyens permettant de réduire les effets du changement climatique ou de s’y adapter. Trois études permettront d’examiner l’impact du changement climatique sur l’agriculture et la sécurité alimentaire, les efforts d’adaptation au changement climatique dans le domaine de l’agriculture et des ressources naturelles et l’adaptation nécessaire en fonction des systèmes de production agricole et des paysages. Étant donné que la déforestation et les changements du couvert végétal sont à l’origine d’environ 20 % des émissions de CO² dans le monde entier, il est primordial que la Banque collabore avec les pays afin d’éviter la déforestation. La Banque soutient un partenariat avec des organisations de la société civile visant à trouver des mécanismes qui permettraient une participation efficace et équitable des communautés rurales aux marchés émergents du Paiement des services environnementaux (PES). En outre, une étude ultérieure permettra d’examiner la viabilité des biocarburants à base de cellulose.

Politique agricole et rurale. Les politiques internationales et nationales influencent la capacité des pays pauvres à utiliser leur potentiel agricole pour stimuler la croissance et réduire la pauvreté.

-Dépenses gouvernementales dans le secteur de l’agriculture. La Banque travaille en collaboration avec le ministère du Développement international du Royaume-Uni à l’évaluation des dépenses publiques dans le secteur de l’agriculture. Des études de cas et des formations seront mises au point afin d’aider les spécialistes à mieux analyser les politiques relatives aux dépenses consacrées à l’agriculture et à fournir de meilleurs conseils dans ce domaine.

-Promouvoir le commerce équitable lié à l’agriculture. Ces vingt dernières années, les exportations agricoles en provenance de pays en développement ont baissé, en partie à cause du protectionnisme dans ce secteur et du montant élevé des subventions agricoles dans les pays riches et pauvres. La Banque continue son travail d’analyse et plaide en faveur d’une réforme du commerce agricole mondial. Elle a publié un rapport en deux volumes sur la Réforme du commerce agricole dans les pays en développement, et une étude suivra sur le commerce, la pauvreté et les liens avec l’environnement (en collaboration avec le Fonds mondial pour la nature).

Production agricole. Les changements survenus dans le secteur agricole sont dus à l’évolution des modes de consommation, à l’amélioration des connaissances ainsi qu’à l’utilisation de nouvelles technologies en réponse à de nouvelles opportunités et menaces.

-Soutien à l’innovation. La Banque soutient des systèmes innovants en vue d’améliorer la productivité agricole. La Banque a en particulier mis l’accent sur la mise en place de plateformes multi-intervenants pour initier les agriculteurs pauvres aux nouvelles technologies et les faire accéder aux opportunités du marché. Le travail relatif à l’innovation dans le domaine des systèmes agricoles est également étroitement lié à l’éducation supérieure en Afrique.

-En partenariat avec l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO) et le Fonds international pour le développement agricole (IFAD), la Banque a élaboré un ouvrage de référence sur L’égalité des sexes dans les modes de vie agricoles qui étudie le rapport de cette problématique avec la croissance agricole. Cet ouvrage exhaustif, destiné à informer les spécialistes et les dirigeants, sera publié à l’occasion des Assemblées annuelles qui se tiendront en octobre 2008. Pour compléter le Rapport sur le développement dans le monde 2008, la Banque a entrepris une évaluation du travail qu’elle a accompli dans le domaine de la biotechnologie agricole. De plus, la Banque prépare actuellement un diagnostic sur la viabilité de l’aquaculture, le sous-secteur alimentaire qui connaît la croissance la plus rapide à l’échelle mondiale. Ce rapport mettra l’accent sur la nécessité de promouvoir les connaissances relatives à une aquaculture bénéfique aux pauvres et à une bonne gouvernance dans ce domaine pour relever les enjeux environnementaux.

-Gestion de la menace de l’apparition des zoonoses . Le bétail est l’un des secteurs dont la croissance est la plus rapide dans les pays en développement. La production de viande a doublé ces 15 dernières années, avec notamment une augmentation annuelle de 7 % pour la volaille. Toutefois, cette croissance n’est pas sans effet sur l’environnement et la santé humaine. La Banque continue de mettre en œuvre différents programmes sous l’égide du Programme mondial de lutte contre la grippe aviaire (GPAI). En partenariat avec la FAO et l’Organisation mondiale de la santé animale (OIE), la Banque a publié un rapport intitulé « Enhancing Control of Highly Pathogenic Avian Influenza through Compensation: Issues and Good Practice » (Amélioration du contrôle de la grippe aviaire hautement pathogène au moyen d’un système de compensations : problèmes et bonnes pratiques). La Banque et l’OIE mènent actuellement des études sur la gestion des effets externes en lien avec le bétail, sur le bétail et les moyens de réduire la pauvreté, ainsi que sur le financement des pertes animales liées aux épizooties dans les pays en développement et en transition.

À la demande de la Conférence ministérielle sur l’épidémie de grippe aviaire et autres épidémies, la Banque et le Bureau du coordonnateur du système des Nations Unies sur la grippe (UNSIC) – en collaboration avec les agences techniques (WHO, FAO, UNICEF et OIE) – ont élaboré une stratégie intitulée « Un monde, une santé : stratégie mondiale de gestion des risques liés aux maladies infectieuses situées à l’intersection des écosystèmes animaux et humains ». Cette stratégie sera présentée lors de la prochaine Conférence ministérielle organisée en Égypte du 24 au 26 octobre 2008.

-De l’eau pour l’agriculture. L’agriculture consomme près de 80 % de l’eau utilisée dans le monde entier. Pour améliorer le rendement des cultures par une meilleure gestion de l’eau, la Banque procède à des investissements préventifs dont les effets devraient se faire sentir sur le plan de l’action politique, de la technique et de la gouvernance. Le Plan d’action Afrique classe la gestion de l’eau pour l’agriculture parmi les priorités. Les investissements qui habilitent les groupes d’utilisateurs locaux et encouragent les partenariats entre les secteurs publics et privés sont d’une importance capitale pour améliorer la performance de ce sous-secteur.

Agriculture et marchés ruraux . Améliorer l’accès aux services financiers, les performances des marchés d’importation et d’exportation et renforcer la participation au sein de chaînes de valeur plus attractives : tels sont encore les défis à relever pour la plupart des agriculteurs des pays en développement.

-Possession des terres. La sécurité dans ce domaine est depuis longtemps reconnue comme une condition fondamentale à la croissance économique et à la réduction de la pauvreté. La croissance de la population et l’urbanisation rapide, mais aussi plus récemment la hausse des prix des produits alimentaires et la demande accrue de biocarburants aiguisent considérablement la concurrence pour la possession de terres. Pour s’assurer que ces tendances ne deviennent pas source de conflits, la Banque, en collaboration avec ses partenaires (FAO, institutions des Nations Unies, agences bilatérales et réseaux d’universitaires et d’ONG) soutiennent l’élaboration et la mise en œuvre de réformes politiques et institutionnelles au niveau national pour (a) renforcer la sécurité de la possession de terres et la réglementation des droits fonciers, (b) améliorer l’accès à la terre grâce à des mécanismes de marché et d’autre nature, et (c) assurer une utilisation efficace des terres. Elle favorise aussi l’échange d’expériences entre pays et régions pour aider les pays à tirer parti des nouvelles technologies (technologies de l’information, télédétection, e-gouvernance) afin d’améliorer la gouvernance dans le secteur foncier.

- Climat d’investissement en milieu rural. En zone rurale, les activités de type non agricole (exigeant un bon accès aux facteurs de production et des marchés dynamiques ainsi qu’un contexte propice) sont complémentaires de l’activité agricole, qui est l’autre moteur essentiel de la croissance rurale. S’appuyant sur des méthodologies développées et des projets pilotes testés dans neuf pays au cours des quatre dernières années, le Programme de travail de la Banque sur le climat d’investissement en milieu rural va être appliqué dans quatre autres pays, à un coût moindre par unité d’effort. Il mettra davantage l’accent sur le renforcement des liens avec l’agriculture, de la relation avec le dialogue politique et le soutien des donateurs dans les zones rurales.

-Services financiers en milieu rural. L’accès à des services financiers est indispensable si l’on veut développer l’économie rurale et aider les agriculteurs pauvres à se constituer des biens pour être moins vulnérables aux aléas de la vie. La Banque continue d’examiner des façons d’offrir une gamme élargie de services financiers aux pauvres des régions rurales, comme l’illustrent les récentes publications de la Banque : « Meeting Development Challenges : Renewed Approaches to Rural Finance » (Relever les défis du développement : nouvelles approches de la finance en milieu rural » et « Providing Financial Services in Rural Areas: A Fresh Look at Financial Cooperatives » (Offrir des services financiers dans les régions rurales : un regard neuf sur les coopératives financières). Dans le cadre d’autres études, l’accent est mis sur les questions financières plus générales concernant l’irrigation, le drainage et l’agriculture ainsi que sur les effets sociaux de la gestion financière en milieu rurale. La Banque est également à l’origine d’une nouvelle initiative portant sur le financement de l’agriculture. Pour les institutions financières, la gestion des risques relatifs aux crédits, notamment le recours à des produits d’assurance et à des instruments de couverture, jouent à cet égard un rôle capital.

-Gestion des risques liés aux denrées agricoles. Les stratégies de gestion des risques axées sur les marchés peuvent aider les agriculteurs, les institutions du secteur privé et les gouvernements des pays en développement à limiter les risques liés au prix des produits de base et à mieux faire face aux imprévus. La Banque met en œuvre une deuxième série de tests pilotes, d’études de faisabilité et d’évaluation des instruments de gestion des risques liés au changement climatique en Amérique centrale (conjointement avec la Banque interaméricaine de développement), dans les pays des Caraïbes, en Thaïlande, au Bangladesh, en Indonésie (conjointement avec la Société financière internationale ), au Malawi, au Burkina Faso, au Maroc et au Kenya.

- Aide apportée aux agriculteurs pour favoriser leur accès aux marchés . La Banque poursuit son travail d’analyse, ses programmes de prêt et ses partenariats destinés à améliorer l’accès aux marchés d’importation et d’exportation et plus particulièrement à renforcer la chaîne de valeur et la chaîne d’approvisionnement, la valeur ajoutée, la gestion des risques, et à prendre en compte plus efficacement les nouvelles normes applicables aux produits agroalimentaires. Étant donné l’importance des questions de sécurité alimentaire et agricole, à la fois sur les marchés nationaux et étrangers, le programme actuel va être complété et comprendra des projets concernant les normes sanitaires et phytosanitaires (SPS), l’apprentissage en ligne et autres formations organisées ou non par la Banque. Il visera aussi à renforcer la communauté de pratiques définies par le réseau Trade standards practitioners network et poursuivra son partenariat avec l’Organisation mondiale du commerce (OMC) dans le cadre du STDF (fonds pour l’application des normes et le développement du commerce). De nouveaux produits rendus possibles par l’amélioration des connaissances seront également développés et diffusés pour évaluer le besoin de renforcer la capacité nationale en matière de laboratoires dans le secteur agricole, étudier l’impact de la réglementation et procéder à l’analyse de la chaîne de valeur.

-Agriculture et ressources naturelles. La demande accrue en produits alimentaires, en aliments pour animaux et en bioénergie met en péril les ressources en eau, en terres et en forêts déjà en baisse. Pour faire face à ces demandes de ressources naturelles et aux défis qui les accompagnent, le travail de la Banque met l’accent sur la gestion des ressources durables, y compris les questions de gouvernance.

-Amélioration de la pérennité des ressources naturelles. La Banque continue de travailler à l’initiative Gouvernance et police des forêts (FLEG), qui inclut la création d’outils de diagnostic, l’organisation de réunions avec les parties prenantes et la publication d’un futur rapport intitulé « The Sunken Billions : The Economic justification or Fisheries Reform » durant les Assemblées annuelles 2008. Cette étude détaillée définit une approche basée sur la richesse pour assurer une gouvernance durable de la pêche dont l’objectif est d’enrayer la perte de 50 milliards de dollars par année en rentes économiques.

-Amélioration des pratiques de gestion. Les préparatifs vont bon train en vue de la création d’un Partenariat mondial sur les forêts, une initiative en collaboration avec la FAO (Organisation pour l’alimentation et l’agriculture) et l’IUCN (Union mondiale pour la conservation de la nature et de ses ressources) visant à faciliter les partenariats dans ce domaine au niveau national. L’objectif est de mettre en relation les enjeux internationaux de l’exploitation forestière avec les priorités et les besoins locaux. La Banque analyse les bonnes pratiques en matière de gestion des ressources naturelles et a récemment publié deux guides pour aider les spécialistes du développement, intitulés « Forests Sourcebook: Practical Guidance for Sustaining Forests in Development Cooperation » (Conseils pratiques pour le maintien des forêts dans le cadre de la coopération au développement et pour la gestion des terres et des paysages : un guide) et « Managing Land and Landscapes: a Sourcebook » (Guide pour la gestion des terres et des paysages ). Le Programme pour la pêche (PROFISH) aide les pays à parvenir à un consensus sur les stratégies applicables au secteur de la pêche pour mieux les intégrer dans le cadre d’une planification économique nationale. PROFISH soutient également l’élaboration de projets (actuellement en Afrique de l’Ouest, au Pérou et en Inde) et effectue aussi un travail d’analyse sur l’empreinte des flottes de pêche, l’impact du changement climatique sur la pêche et l’adaptation au changement climatique dans le secteur de la pêche.

Pour plus d’informations, veuillez consulter le site : www.worldbank.org/rural

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