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Accès à l’eau potable : 300 forages seront réalisés d’ici à 5 ans par le gouvernement



Dans 5 ans, 300 forages devront voir le jour. L’annonce est du secrétaire général du ministère de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Oumar Samba Bâ. Il présidait, samedi dernier, le forum de l’amicale des cadres des sociétés d’eau qui portait sur le droit à l’accès à l’eau. Il a rappelé les réformes entreprises par l’Etat en vue de construire une véritable économie de l’eau et de l’assainissement créatrice d’emplois.
Dans un souci d’équité et de correction des disparités, Omar Samba Bâ a annoncé que le Gouvernement dispose d’un programme de réalisation d’au moins 300 forages d’ici 5 ans avec des réseaux multi-villages en majorité pour alimenter prioritairement les zones rurales à forte démographie. « Un accent particulier sera placé sur la mise en œuvre d’un vaste programme de renouvellement des forages et de réalisation de forages dans les villages de 1.000 habitants et plus. Il va intégrer également le développement de l’hydraulique pastorale surtout dans la zone sylvo-pastorale, et l’amélioration continue de la qualité de l’eau qui constitue une priorité transversale et majeure », a-t-il souligné.
En fait, le Sénégal s’est inscrit dans une nouvelle ère de réformes dans l’eau et l’assainissement aussi bien en milieu urbain qu’en zone rurale dont le but est, à terme, de construire une véritable économie de l’eau et de l’assainissement créatrice d’emplois. Ces réformes, dont le nouveau Code de l’eau, sont fondées sur des dynamiques institutionnelles opérationnelles et vont s’appuyer, selon le secrétaire général du ministère de l’Hydraulique et de l’Assainissement, « sur les acquis consolidés du Pepam dans le cadre d’une vision sectorielle post Omd à l’horizon 2015 conformément à la vision africaine de l’eau et aux principes de la Gestion intégrée des ressources en eau (Gire) ».
Ces réformes sont d’autant plus nécessaires qu’il existe encore de fortes disparités en matière d’accès à l’eau et à un assainissement décent. Cela, malgré les bons résultats enregistrés par le Pepam avec un taux d’accès à l’eau potable estimé, en 2011, à 98,7 % en milieu urbain et 80,10 % en milieu rural et pour l’assainissement, un taux d’accès de 63,3 % en milieu urbain et 34,3 % en milieu rural.

Améliorer l’alimentation en eau de Dakar
En matière d’hydraulique urbaine, une réforme de seconde génération qui va amplifier l’exemplarité du secteur de l’eau est en vue avec la mise en place, déjà, d’un comité technique interministériel de négociation qui travaille sur le contrat d’affermage qui lie l’Etat, la Sones et la Sde. Selon M. Bâ, ce comité va lancer ses travaux à la mi-février 2013 avec comme objectif fondamental pour l’Etat, la baisse notable du prix exploitant et l’équilibre financier durable du secteur de l’eau.
Autre programme important décliné par l’Etat et qui est lié à l’alimentation en eau potable de l’agglomération de Dakar, c’est la préservation et la sécurisation du Lac de Guiers. « Il s’agit surtout de faire réaliser par la Sones, sur fonds propres à hauteur de 2 milliards 120 millions de FCfa, un programme d’urgence de 10 forages et d’installation d’aérateurs au niveau du surpresseur de Mekhé, en vue d’une production additionnelle de 25.000 m3/jour permettant d’éviter tout manque d’eau à Dakar et sa banlieue jusqu’en 2017 », a précisé M. Bâ.

Des latrines en milieu rural
Pour l’assainissement rural, il a expliqué que, pour mettre fin à la défécation à l’air libre, il faut donner la priorité à une nouvelle stratégie intégrant la réalisation de latrines familiales et d’édicules publics. Quant à l’assainissement urbain qui implique des financements très importants, M. Bâ a indiqué que l’accent sera mis sur la généralisation des plans directeurs d’assainissement volets eaux usées et pluviales, la finalisation des plans directeurs d’assainissement de Dakar, de Kaolack, de Ziguinchor et l’exécution de leurs phases prioritaires, la réhabilitation du collecteur Hann-Fann, le développement de l’assainissement industriel avec le projet de dépollution de la baie de Hann et enfin la promotion de la réutilisation des eaux usées ainsi que l’implication forte du secteur privé dans l’exploitation des stations et autres ouvrages d’eaux usées.
Le président de l’Association des cadres des sociétés d’eau (Acase), Mor Sylla, s’est félicité des progrès réalisés par le Sénégal qui, il y a 10 ans, s’était engagé à faire du droit à un développement durable une réalité pour tous. « Ces progrès ouvrent l’espoir d’atteindre la cible 7 des Omd (assurer un développement durable) qui constitue une étape importante vers l’universalité », a-t-il avancé. Il a ajouté que l’objectif de leur encontre est de faire de fortes recommandations pour développer le secteur et améliorer l’accès à l’eau et à l’assainissement dans ses différentes composantes à savoir disponibilité, qualité, accessibilité physique et financière.

Bientôt un nouveau Code de l’eau
Le secrétaire général du ministère de l’Hydraulique et de l’Assainissement, Oumar Samba Bâ, promu récemment secrétaire général adjoint de la présidence de la République, a souligné que le Gouvernement vient de finaliser et d’introduire dans son programme législatif, l’adoption, avant fin juillet de cette année, du projet de loi adoptant et remplaçant la loi n° 81-43 du 04 mars 1981 portant Code de l’eau.
« La réforme du Code de l’eau transpose, en droit interne, la résolution des Nations Unies du 28 juillet 2010 qui déclare que le droit à une eau potable salubre et propre est un droit fondamental, essentiel au plein exercice du droit à la vie et de tous les droits de l’homme », a-t-il argué, tout en ajoutant que « l’objectif est d’accroître les efforts pour fournir de l’eau potable, salubre, propre, accessible et abordable et l’assainissement pour tous ».
Dans les détails, ce nouveau Code de l’eau est largement revenu sur le droit d’accès à l’eau et la primauté des utilisations publiques. C’est pourquoi, selon M. Bâ, l’alimentation en eau potable des populations demeure, dans tous les cas, l’élément prioritaire dans l’allocation des ressources en eau. « Elle prévaut sur toutes les autres utilisations », a-t-il indiqué. Car, à l’en croire, « le droit à l’eau, qui doit permettre à chaque personne de disposer d’une quantité minimale d’eau salubre pour ses besoins personnels et familiaux est une affirmation d’une règle de prévention des conflits surtout par rapport aux types d’utilisation de l’eau ».

Elhadji Ibrahima THIAM
Le Soleil

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Eau et Assainissement


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