ACCÈS A L’EAU POTABLE : Le Sénégal en phase d’atteindre la cible de l’Omd



RUFISQUE : Le Sénégal ne se fait guère de souci quant à l’atteinte de la cible eau de l’objectif du millénaire pour le développement (OMD) en matière d’accès à l’eau potable. C’est même fait dans les zones urbaines et en passe de l’être en milieu rural, selon le ministre d’Etat Oumar Sarr qui s’exprimait à l’occasion de la fête de l’eau à Rufisque

De réels progrès ont été effectués par le Sénégal quant à la gestion et à la maîtrise de l’eau. Aussi bien en milieu urbain que dans les zones rurales. Ce qui donne des raisons d’être optimiste quant à l’avenir quant aux cibles 10 (gestion des ressources en eau) de l’OMD, 7 (accès à un environnement durable). « En milieu urbain, nous l’avons dépassé. Nous sommes en train de l’atteindre et de le dépasser en milieu rural », a rappelé Oumar Sarr ce week-end à Rufisque, à l’occasion de la Fête de l’eau, organisée par la Société nationale des eaux du Sénégal (Sones), en collaboration avec le Partenariat national de l’eau du Sénégal (Pnes) et l’Ecole Fass de Rufisque.

Le ministre d’Etat Oumar Sarr a souligné que le Sénégal, malgré sa situation géographique, climatique et écologique, n’est pas si mal doté en eau. D’ailleurs, a-t-il précisé, « nos ressources dépassent les 4 milliards de mètres cubes, alors que le ratio de consommation journalière par personne et les normes de potabilité satisfont les exigences de l’Oms ». Si en milieu urbain, les taux d’accès sont de l’ordre de 91% et le rendement en eau parmi les plus élevés du monde, il reste que des progrès doivent être faits en milieu rural, où l’on note de « grandes disparités » avec le milieu urbain. Mais pour le ministre d’Etat Oumar Sarr, ces « résultats probants » en matière d’accès à l’eau ne doivent guère faire oublier les nouvelles caractéristiques de l’eau. En effet, celle-ci n’est plus cette ressource « illimitée, inépuisable et en perpétuel renouvellement ». L’eau est devenue « un bien économique » et « une ressource coûteuse » ; des caractéristiques nouvelles qui imposent, selon le ministre d’Etat « une autre culture de l’eau ».

La Sones, compte tenu du faible niveau de récurrence de ses messages sur la nécessité d’économiser l’eau, a mis à contribution l’école à travers le projet « les élèves de l’élémentaire à l’école de la gestion des ressources en eau ». Cette nouvelle démarche de sensibilisation sur la problématique de l’eau se justifie par « les aptitudes des enfants à servir de vecteur de changement pour insuffler dans la communauté, des réflexes positifs de rationalisation de l’utilisation de l’eau », a indiqué Cheikh Fall, le directeur général de la Sones.

Pour Oumar Sarr, permettre aux enfants de maîtriser la problématique de l’eau dès le bas âge contribue à former une génération qui n’aura pas de problème d’eau. Et le ministre d’Etat d’ajouter que cette action novatrice de la Sones est un complément des résultats probants déjà obtenus en matière de maîtrise et de gestion de l’eau. Reste, selon lui, à maintenir tous les acquis dans la durabilité.

POUR UNE EAU CLAIRE EN BANLIEUE : La Sones va mettre en place une station de “déférisation” à Thiaroye

Bientôt les populations de la banlieue, particulièrement celles des zones de Thiaroye et de Pikine, ne verront plus couler de leurs robinets de l’eau rougeâtre. En effet, la Société nationale des eaux du Sénégal (Sones) va mettre sur pied une station de défrilisation à Thiaroye, courant 2010. L’annonce a été faite ce week-end à Rufisque par le directeur général de la Sones. Sur la présence de cette couleur dans l’eau de certaines zones de la banlieue dakaroise, Cheikh Fall souligne que c’est le fait des forages que la Sones exploite à Sébikotane et à Pout, qui contiennent, selon lui, « une bonne quantité de fer à l’état dissous ». Le directeur de la Sones précise pourtant que cette eau est potable. Pour débarrasser l’eau de la couleur rougeâtre, des actions ont été menées par la Sones, avec notamment des techniques comme les purges consistant à rejeter dans la journée ou une fois par semaine les parties d’eau morte contenues dans le réseau. Autre technique utilisée, c’est le mélange entre les eaux du Lac de Guiers (plus claires) et celles de couleur rouge pour diminuer la couleur. Pour venir à bout du phénomène, l’expérimentation des stations de “déférisation” à Kolda et Matam a permis à ces populations d’avoir une eau claire, actuellement. Reste à la banlieue de connaître cette expérience.

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